PETIT LEXIQUE du Taçawwuf - (ACTUALISE)

Une initiative du Porteur de Savoir depuis sept 2010

PETIT LEXIQUE du Taçawwuf - (ACTUALISE)

Messagepar Mohammed Abdessalam » Ven Oct 15, 2010 8:46 pm

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ وَ سَلِّمْ

es-Salâm alaykum wa rahmatu-Llah

L'actualisation progressive se fait à partir du contenu de : "Propositions pour le petit lexique". Merci de vous y reporter si vous désirez participer à ce travail, in châ Allah


V2 - 3 dec. 2010

'abd : serviteur, esclave. Désigne celui qui adore son Seigneur (Rabb).

Adab : terme très riche, désignant à la fois les belles lettres, la littérature, la culture, le sens du mot approprié mais aussi la politesse, la courtoisie et les bonnes manières avec les autres, notamment du musulman envers autrui, selon les conseils et le comportement de l’Envoyé de Dieu.
Dans le cadre du Taçawwuf : relation adéquate entre l’être et son milieu. Les Maîtres décrivent des âdâb pour l’être avec lui-même, avec son Cheikh, avec ses frères, avec les autres êtres.

ahâdîth : pl. de hadîth

ahâdiyah : unité. Unité suprême ne faisant l'objet d'aucune connaissance distinctive, inaccessible à la créature en tant que telle : Seul Dieu se connaît dans son Unité. Comme état spirituel, l'Unité implique l'extinction de toute trace du créé. (10)

ahkâm : pl. de hukm

ahwâl : pl. de hâl

Âkhirah

akhlâq : pl. de khulq : naturel, caractère inné. al-akhlâq al-ilâhiyah : les caractères divins, conçus comme le fruit de la réalisation initiatique. (10)

'Alim

Allah

'amâ : "nuage obscur", "obscurité divine". Symbole de la non-manifestation absolue préexistant à l'Ordre divin de la création par la Lumière. (10)

Arafat

Ayah
Âyat al-Kursiy

Barakah : influence spirituelle, d’origine divine.
Transmise par Seyyidunâ Jibrîl (.) au Prophète (.), celui-ci la transmit à Seyyiduna Abû Bakr (.) et à Seyyidunâ ‘Alî (.).
Selon René Guénon elle est donc unique, de source unique (1).
Elle est transmise dans les Turûq (pl. de Tarîqah) par la silsilah des Chuyûkh (pl. de Cheikh).

Bay’ah : pacte initiatique passé entre le futur disciple (murîd) et son Maître (Cheikh) par lequel il s'engage auprès du Cheikh de cette tarîqah.
Ce pacte pour être effectif, exige une acceptation réciproque : du disciple par le Maître qui reconnaît en lui les qualifications nécessaires au cheminement dans la Voie, et une reconnaissance par le disciple de la fonction de ce Maître (disposant d’une autorisation à fournir régulièrement un enseignement initiatique) et de son aptitude (réalisation) à lui prodiguer un enseignement spirituel dans la Voie.
Par ce pacte, le Cheikh s'engage à diriger le travail spirituel du disciple et à le conduire vers la Connaissance Suprême (dans la mesure des capacités du disciple) en lui prodiguant une aide personnalisée et le disciple s'engage à obéir au Cheikh pour profiter au mieux de sa guidance.
Lorsque celui qui transmet la barakah (1/3) est également un Cheikh réalisé (2/3) disposant d’une autorisation à dispenser un enseignement initiatique spécifique (3/3), le pacte a normalement lieu lors du rite de rattachement, c’est-à-dire de la transmission de l’influence spirituelle (barakah). Il peut, néanmoins, en être dissocié ou différé :
- La bay’ah peut être dissociée, par exemple dans le cas où une tarîqah n'a plus à sa tête un Maître réalisé. L'aspirant peut ainsi se rattacher à la tarîqah en recevant la barakah (de toute personne ayant reçu autorisation de la transmettre i.e. mouqaddem ou Cheikh, réalisé ou non-réalisé), sans pour autant passer de pacte initiatique.
- La bay’ah peut aussi être différée lorsque, dans une tarîqah ayant effectivement à sa tête un Cheikh réalisé, la reconnaissance du caractère réalisé du Cheikh n’est pourtant pas une condition nécessaire au rattachement. Dans ce cas, si l'aspirant au rattachement souhaite se rattacher seulement à la tarîqah en mode "tabarrukan", il reçoit seulement la barakah du Cheikh réalisé lui-même ou d'un mouqaddem autorisé. Il n'est pas alors tenu aux mêmes règles au sein de la tarîqah que les disciples qui ont passé le pacte avec le Cheikh, mais il peut tout de même engager un Travail initiatique authentique dans cette tarîqah (par la participation aux séances de dhikr, etc.) sans être lié de manière personnelle au Cheikh.
Par la suite, si le murîd le souhaite, et si le Maître l'accepte, le disciple peut passer le pacte avec le Maître. Il n'est pas nécessaire alors d'effectuer à nouveau la transmission de la barakah lors du pacte puisqu'il s'agit uniquement de donner une dimension nouvelle à la relation avec le Cheikh.

Charî'ah : litt. « large route ». Loi extérieure, aspect exotérique de l’Islam. Désigne ce qui doit est respecté et pratiqué par l’ensemble des musulmans.

Cheikh : désigne à l’origine une personne âgée (plus de 50 ou 60 ans ?)
On distingue de la même manière, 5 âges : radi’ = nourrisson ; tifl, çabyyi = petit enfant, prépubère ; châbb = adolescent, jeune homme ; kahl = plus de 40 ans.
Dans l’usage technique, désigne une personne ayant acquis la maîtrise d’un domaine, d’une science.
Dans le Taçawwuf : désigne classiquement un Maître de réalisation spirituelle accomplie et totale.
Par dégénérescence et vulgarisation : terme honorifique, pouvant désigner n’importe quel responsable de Tarîqah, sans considération de sa réalisation effective.

Dhikr

Faqih

Faqîr : lit. pauvre.
Désigne au sens propre celui qui a réalisé la station spirituelle (maqâm) de la pauvreté (faqr) en Allah.
Désigne, dans l’usage courant, celui qui a fait vœu de pauvreté spirituelle, en se rattachant à une tarîqah (cf. murîd), mais que l’on devrait plus rigoureusement désigner par le terme de mouftaqîr (qui cherche à devenir pauvre), tant qu’il n’a pas atteint le maqâm du faqr véritable, qui consiste à réaliser que la Richesse n’est pas un attribut du serviteur mais d’ Allah Ta’âlâ.

Fiqh


[b]Hadîth

ahâdith[/b]

Hadrah : litt. : présence
En relation avec les ahâdith (pl. de hadîth) qui assurent de la Présence d’Allah quand on Le mentionne, seul ou en collectivité : « Je suis le commensal (jalîs) de celui qui Me mentionne », par exemple hadîth qoudsî). Désigne ainsi, dans l’usage habituel des turûq, la réunion de dhikr collectif dont l’objectif est d’entrer en communication consciente avec cette Présence d’Allah. Sa fréquence peut varier selon les turûq, c’est-à-dire selon les méthodes initiatiques : la hadrah peut se dérouler, matin et soir ou une fois par jour seulement, une ou plusieurs fois par semaine (en général, à notre époque), une ou plusieurs fois par mois, à certaines occasions particulières, ou même sans un temps fixé, selon le hâl du Cheikh autorisé qui la dirige, par exemple.
Le dhikr utilisé durant la hadrah peut prendre différents supports, selon les turûq, et dans une même tarîqah, suivant les hadrah : lecture de Coran en commun par un ou plusieurs lecteurs et surtout incantation d’un ou plusieurs Noms divins, en général successivement, selon des modalités pouvant être très riches, plus ou moins sophistiquées, accompagnées ou non de la récitation chantée d’une qaçîdah.
Tout le rituel est plus ou moins strictement codifié, selon les turûq, par des règles qui tiennent à la fois compte d’aspects extérieurs (formes et apparence du déroulement) et intérieurs (modalités du début, du déroulement et de la fin) ; il ne peut être modifié que par quelqu’un qui est autorisé (idhn, ijâzah) à le faire. (7)

Hâl : état spirituel momentané (3), instable.

Haqîqah : Vérité ou Réalité essentielle.
Désignation logique d’Allah -Ta’âlâ- comme But (Maqsûd) de la Connaissance (Ma’rifah), comme « Terme » de la Tarîqah.

Idhn


Ijâzah

Jihâd : guerre sainte, c’est-à-dire établie dans un cadre traditionnel.
Le hadîth distingue la petite guerre sainte de la Grande Guerre Sainte, qui est celle du combat contre la nafs, pour établir la Grande Paix (Sekînah) à l’intérieur de l’être, opposition des conflits et désordres, permettant l’accès à un état d’équilibre harmonieux suprême.

Maqâm : état (ou degré) spirituel permanent. (3)

Maqsûd : But, Objet de la quête spirituelle.

Ma’rifah : Connaissance, effective.

Muqaddem : représentant du Cheikh.
Peut aussi dans certaines turûq être désigné par le terme de naqîb.
Il peut assurer partie ou la totalité des fonctions initiatiques du Cheikh dont il dépend.

Murîd : litt. « celui qui veut ». Terme général qui désigne celui qui recherche Allah.
Est associé parfois à Faqîr (pl. fuqarâ) pour faire la distinction entre, respectivement, celui qui demande le rattachement à une Tarîqah et celui qui est rattaché à une Tarîqah.
On fait remarquer qu’en réalité il n’y a de Murîd qu’Allah Ta’âlâ, car c’est Lui qui détient la Volonté (Sâhib el-Irâdah).

Nabî, (pl. anbiyâ) : prophète
Le Nabî n’a pas la fonction d’instituer une nouvelle Loi divine (Charî’ah) mais de confirmer aux hommes la loi instituée par le Rasûl qui l’a précédé.
Cette fonction n’a pas le caractère universel de celle du Rasûl, et peut-être plus ou moins limitée quant à son étendue et son but propre. La condition de Nabî implique tout d’abord en elle-même celle du walî. (7)

Nafs : ego

Naqîb

Qaçîdah : poème, plus ou moins long, écrit généralement par de grands Maîtres, sous l'emprise d'une inspiration ou d'un épisode spirituel important.
C'est un usage fréquent que d'utiliser la récitation plus ou moins complète d'une qaçîdah pendant les séances des rites collectifs dans les turûq, en préambule d'un dhikr ou pendant son déroulement même, en vue d'encourager les participants. Elle prend son origine dans les chants que déclament les chameliers pour encourager la caravane et dans l’usage des poètes qui récitaient leurs œuvres avant les affrontements de la petite guerre sainte, cette guerre qui n'a pas pour but de combattre la nafs, mais les hommes entre eux pour l'établissement de la Paix.

Rassûl
, (pl. russûl) : envoyé, messager, émissaire.
Le Rasûl est « missionné » par Allah – Ta ‘alâ – pour instaurer une loi exotérique (Charî’ah) ; il est en quelque sorte le « véhicule » par lequel cette loi, dont il est le support, est dirigée vers notre monde.
Le Rasûl manifeste l’attribut divin d’Er-Rahmân dans tous les mondes [« Rahmatan lil-‘âlamîn » (21 ; 107)] et non pas seulement dans un certain domaine particulier comme le Nabî (Prophète) (7).
On pourrait ainsi dire que la fonction du Rasûl « englobe » celle du Nabî.

Sekînah

Sâlik
: cheminant dans la Tarîqah.
Désigne celui a fait l’objet d’une progression sur le Chemin, c’est-à-dire une progression effective dans la Connaissance, le rapprochement (taqarrub) vers son Seigneur.

Silsilah : chaîne, de transmission.
Est constituée par l’ensemble de ceux qui, ayant chacun reçu la barakah d'un Cheikh autorisé, la transmettent de manière ininterrompue, jusqu'au récipiendaire (murîd) ; chaque Cheikh constituant ainsi un maillon de la chaîne initiatique.

Sirr : réalité intime, cachée, secret.
Dans le Taçawwuf : secret initiatique (1)(2), désignant la Connaissance Suprême (Ma'rifah).

Sunnah

Taçawwuf : initiation islamique, soufisme.
René Guénon (1)(2) insiste sur la distinction à établir avec le mysticisme.

Taqarrub : rapprochement, vers Allah.
Ce terme a son origine dans un hadîth. Il désigne le processus de progression spirituelle, par la Connaissance, effectué par le sâlik.

Tarîqah
: chemin, voie, Voie.
Désigne habituellement le chemin spirituel (ou initiatique) qui joint logiquement la Sharî’ah à la Haqîqah.

Tawajud
: fait de rechercher le Wajd. Certains traduisent cela par extase mais d'autres utilisent l'expression "intuition spirituelle".

Tawassul
: acte de pratiquer la wassîlah : moyen, comportement, intercession, etc... Par extension, tout ce qui permet d'atteindre son but.
Le tawassul désigne ainsi l’intercession, qui est le fait de « prendre appui » sur un « moyen » pour obtenir quelque chose.
On pratique, ainsi le tawassûl principalement par le Prophète –qu’Allah prie sur lui et le salue- pour progresser dans la Voie, ou dans d’autres buts plus secondaires.
Les gens de compréhension limitée critiquent le tawassul, qu’ils qualifient d’associationnisme (shirk), alors que les Maîtres de la Voie, ainsi que, d’ailleurs, les Maîtres réguliers de l’exotérisme (Chari’ah), la défendent comme toute pratique orthodoxe.

Tawhîd : litt. « action d’unifier » (du verbe wahhada), est morphologiquement un maçdar, à la fois verbe et nom (analogue à un infinitif en français pris au sens substantival).
Dans l’emploi religieux, il a le sens spécial de « reconnaître ou professer l’Unité divine », et en tant que terme abstrait de la théologie, il désigne le «principe de l’Unité », le « dogme de l’Unité divine». La métaphysique du Soufisme y ajoute le sens de « réalisation de l’Unité », avec des variantes comme : « connaissance de l’Unité », « conscience de l’Identité essentielle », etc… » (9)

Wajd : "intuition spirituelle"

Walî (pl. awliyâ): ami/proche (généralement d’Allah : walî Allah), saint, maître, protecteur, tuteur, partisan. Peut aussi désigner Allah [« Allah est l’Ami-Protecteur (Walî) de ceux qui croient » (2 ; 257)].
Selon l’interprétation d’un verset coranique [« Dis : « Voici mon chemin (sabîlî) ! Nous appelons à Allah en toute clairvoyance (‘alâ baçîratin), moi et ceux qui me suivent » (12 : 108)], ce sont les êtres qu’Allah – Ta‘alâ – a disposé dans notre monde, jusqu’à la fin des Temps, pour appeler à Lui. Sous un autre rapport, ils sont aussi considérés comme les héritiers du Prophète Mohammed [ Selon une certaine acception de la notion de science (‘ilm) dans le hadîth prophétique : « les savants sont les héritiers des prophètes ».]
Il est dit qu’Allah les occulte ou les dévoile aux autres hommes en fonction de la capacité qu’ont ces derniers à appréhender la réalité dont les Awliyâ sont les supports. [Selon la parole d’un Maître : « Les Saints sont comme les mariées ; on ne les montre pas aux scélérats »].
Le symbolisme de la lumière est parfois utilisé pour exprimer le rapport qui existe entre Le Prophète et les Saints : La haqîqah el-mohammediyah éclaire le cœur du Saint comme le soleil éclaire la lune, qui elle-même éclaire à son tour mais de façon indirecte et comme par réfléchissement (8).
Sous un autre aspect, les Saints sont également les signes (âyât)par lesquels qu’Allah se manifeste aux hommes [« Tels sont les signes (âyât) d’Allah : Nous te les révélons en toute vérité » (2 ; 252)].

*


Références


1. René Guénon, Aperçus sur l’Initiation
2. René Guénon, Aperçus sur l’Esotérisme islamique et le Taoïsme
3. René Guénon, La Grande Triade
7. René Guénon, Initiation et Réalisation Spirituelle
8. Ibn Ata Allah, Latâif el-minan
9. Michel Vâlsan in « Le livre d’enseignement des formules indicatives des gens inspirés », Etudes traditionnelles puis aux Editions de l'Oeuvre.
10. A partir du glossaire des expressions arabe citées dans "De l'Homme Universel" (Al-Insân el-Kâmil) de 'Abd al-Karîm Jilî, traduit par Titus Burckhardt - Dervy-livres.

***

Et Allah est plus Savant


Remonté la dernière fois par Mohammed Abdessalam le Ven Oct 15, 2010 8:46 pm.
"Par le Temps ! * Le genre humain est, certes, en perdition * Sauf ceux qui croient, accomplissent les bonnes œuvres, se recommandent la vérité et se recommandent la patience."
السلام عليكم و رحمة الله و بركاته
Mohammed Abdessalam
 
Messages: 493
Inscrit le: Mar Sep 21, 2010 10:23 pm
Localisation: Région parisienne

Retour vers Atelier de traduction

cron