REFERENCES SUR LE TAWHÎD COMME METHODE

Le tawhîd peut désigner le processus d'unification et peut ainsi indiquer la méthode initiatique elle-même

REFERENCES SUR LE TAWHÎD COMME METHODE

Messagepar Mohammed Abdessalam » Mer Sep 29, 2010 1:31 pm

bismi-Llah er-Rahmân er-Rahîm
wa sall-Allah alâ Seyydinâ Mohammedin wa alâ Ali-hi wa Sahbi-hi wa sallam
es-Salâm alaykum wa rahmatu-Llah


Michel Vâlsan – Cheikh Mustaphâ Abd el-Azîz - a fait paraître en 1967 dans les Etudes Traditionnelles une traduction d’un opuscule du Cheikh el-Akbar Muhy-d-dîn Ibn Arabi intitulé Kitâbu-l-i’lâm bi-ichârâti ahli-l-ilhâm (« Le livre d’enseignement par les formules indicatives des gens inspirés »). A propos du titre de l’un de ses chapitres « Bâb fî-l-Tawh’îd » (sur l’unité ou l’identité), il écrivait la note suivante :

« Le mot tawh’id = « action d’unifier » (du verbe wahh’ada) est morphologiquement un maçdar, à la fois verbe et nom (analogue à un infinitif en français pris au sens substantival). Dans l’emploi religieux il a le sens spécial de « reconnaître ou professer l’Unité divine », et en tant que terme abstrait de la théologie il désigne le « principe de l’Unité », le « dogme de l’Unité divine ». La métaphysique du Soufisme y ajoute le sens de « réalisation de l’Unité », « conscience de l’Identité essentielle » etc. ; il arrive même qu’il soit personnifié et identifié avec Allah. Cependant dans notre traduction la majuscule pour les pronoms personnels ne désigne formellement que Dieu. »


(à suivre, in châ Allah ...)



Allahumma salli alâ Seyydinâ Mohammedin wa alâ Ali-hi wa Sahbi-hi wa sallim taslîman
wa-s-salâm alaykum wa rahmatu-Llah
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Re: REFERENCES SUR LE TAWHÎD COMME METHODE

Messagepar maurice_le_baot » Jeu Oct 14, 2010 11:38 am

Bismi-Llah ba bi-hamdi-Hi

Wa 'alaykum es-Salâm ar-rahamatu-Llah wa baraktu-Hu

On trouve dans la note 51 de l'"Epitre sur l'orientation parfaite" attribué à Sadru-d-Dîn al Qunawî, traduite par Michel Vâlsan dans les Etudes Traditionnnelles (1966, p. 241 (Nov.-Déc. ; n° 398)), la traduction de deux ahâdith qui pourraient peut-être nous intéresser pour préciser la notion de "TAWHÎD COMME METHODE", W'Allahu a'lam.

"Celui qui rend ses soucis (al-humûm) un seul souci (hammen wahiden), le souci du Retour (hammu-l-Ma'âd), Allah lui suffira pour pour le Souci de ce monde, et celui que les soucis divisent, les soucis de ce bas-monde, Allah ne fait pas attention dans quel gué de ce monde il se perd".

Également cet autre hadih: "Débarrassez-vous des soucis de ce bas monde autant que vous le pourrez, car à celui dont le souci majeur est le bas monde, Allah augmentera les dilapidations et lui mettra sa pauvreté devant les yeux et à celui dont le souci majeur est la vie future, Allah concentrera les affaires et lui mettra sa richesse dans son cœur ! Un serviteur ne se dirigera pas avec son cœur vers Allah (qu'Il soit glorifié et magnifié!) sans qu'Allah fasse que les cœurs des croyants affluent vers lui avec amour et miséricorde, et Allah sera lui·même le plus rapide à y venir avec tout bien ».

Quelqu'un connaîtrait-il les références en arabes ? Merci d'avance.

Allahumma salli alâ Seyydinâ Mohammedin wa alâ Ali-hi wa Sahbi-hi wa sallim taslîman
wa-s-salâm alaykum wa rahmatu-Llah
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Re: REFERENCES SUR LE TAWHÎD COMME METHODE

Messagepar Mohammed Abdessalam » Jeu Oct 14, 2010 12:20 pm

bismi-Llah er-Rahman er-Rahîm
wa sall-Allah ala Seyddinâ Mohammedin wa alâ Ali-hi wa Sahbi-hi wa sallam

wa alaykum as-Salâm wa rahmatu-Llah, sidi Maurice_le_Baot

Merci pour votre contribution.
Personnellement je n'ai pas encore la réponse à votre interrogation.

Je profite de l'occasion pour commencer à regrouper ici certains des âdâb présentés de l'Imâm Charani sur le Porteur de Savoir, qui concernent le présent sujet.

*


10 – Il doit n’avoir qu’un Maître unique et absolument faire en sorte de ne pas s’en donner deux, car le fondement de la Voie des Initiés est le Tawhîd pur !

Le Cheikh Muhyddin (Ibn Arabi) mentionne au chapitre 181 des Futuhât el-Mekkiyah ce qui suit : » Sache qu’il n’est permis au murîd que de prendre un seul Maître car c’est plus utile pour lui dans la Voie : nous n’avons jamais aucun murîd réussir entre les mains de deux Maîtres. Car, comme l’existence du monde ne peut se faire entre deux divinités, ni un mandataire entre deux mandants, ni une femme entre deux hommes, de même un murîd ne peut être entre deux Maîtres. »

    Les remarques qui ont été faites précédemment à ce sujet sont confirmées par l’idée que le Tawhîd dont il est question ici sous un rapport méthodique est à comprendre comme une disposition, ou un ensemble de dispositions et de rapports, permettant d’unifier les différentes composantes de l’être qui les applique.

Tout ceci vaut pour le murîd qui s’attache à suivre un Cheikh dans le but de l’initiation effective. Quant à celui qui est avec un Cheikh dans un rapport de tabarruk uniquement rien de l’empêche alors d’être en compagnie d’un autre.

    La distinction entre le rattachement de tabarruk et le rattachement de sulûk ne date pas du dernier siècle de l’Hégire, comme on a pu l’entendre dire de certaines personnes plus ou moins bien informées et sincères. On verra à plusieurs reprises dans le cours de l’exposé, in châ Allah, que les dispositions personnelles normalement évoquées dans le cadre d’un rattachement de sulûk sont ainsi réputées être sans fondement en dehors de ce cadre.

    On remarquera néanmoins, pour bien préciser ce dont il s’agit et ne pas se méprendre en confondant ce qui est dit de tel ou tel statut, qu’il existe bien une possibilité pour un disciple ayant conclu un pacte avec un Cheikh de suivre régulièrement l’enseignement exotérique (fiqh, coran, hadîth, …) d’un autre Cheikh (ou de plusieurs autres, suivant le nombre des matières étudiées) si le premier ne peut donner l’enseignement en question et à condition que le Cheikh qui dispense l’enseignement initiatique demeure unique.


Sidi Alî el-Mourçafî (.) disait : » Celui qui est éprouvé par la compagnie de deux Maîtres, ou de plus, qu’il fasse une place en son cœur pour son Maître véritable, à côté de l’amour qu’il a pour l’Envoyé d’Allah (.) car c’est un remplaçant de l’Envoyé d’Allah (.) à conseiller sa communauté et à l’éduquer dans le chemin de la Guidée. «

Abu Yazîd el-Bistâmî (.) disait : » Qui n’a pas d’Instructeur unique est associateur dans la Voie ; or l’associateur, son Maître est le Shaytân ! «

    En précisant le caractère unique de l’instructeur, ou Cheikh, cette variante, retenue par Charani, de la célèbre parole insiste donc sur l’aspect méthodique du tawhîd, à la différence de la forme plus répandue de l’adage dans laquelle il n’est pas question d’ « associateur », et qui insiste sur l’importance du Cheikh : » Qui n’a pas d’Instructeur dans la Voie, son Maître est le Shaytân ! «

Abu Alî ed-Daqqâq (.) disait : » En vérité l’homme ne peut progresser dans la réalisation spirituelle sans un Cheikh car c’est une voie de progression dans le monde Caché (el-Ghayb) ou même dans le Caché-du-Caché. Or personne ne peut profiter des fruits de l’arbre qui pousse seul sans jardinier, aurait-il même produit des feuilles ; peut-être même ne donnera-t-il jamais de fruits ! Prends-donc, mon frère, absolument l’exemple du Seigneur des Envoyés et le rôle d’intermédiaire que jouait Jibrîl (.) entre lui et entre Allah lors de la Révélation pour considérer que la prise d’un Cheikh est nécessaire et qu’un murîd ne peut s’en passer. «
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Messagepar Mohammed Abdessalam » Jeu Oct 14, 2010 12:40 pm

bismi-Llah er-Rahmân er-Rahîm
wa sall-Allah ala Seyydinâ Mohammedin wa ala Alièhi wa Sahbi-hi wa sallam

essalâm alaykum wa rahmatu-Llah

Adab des Lawâqîh de Charani sur le Tawhîd


14 – Cacher autant que possible les états spirituels qui sont entre soi et Allah jusqu’à ce que l’on soit fixé dans la station spirituelle de « l’attention-dirigée-vers-Allah-Seul » au lieu de qui que ce soit de Sa création.

    On peut également voir cette règle de adab sous l’angle du tawhîd, comme tout rapport qui implique un « autre », c’est-à-dire une altérité. On verra plus loin que le fait de faire état de ses acquis spirituels, en dehors de son Cheikh, produit en réalité une dispersion des effets obtenus par le travail initiatique.

*


15 – S’entraîner à supporter les difficultés dans la Voie et ne pas en sortir vers une autre quand l’attaquent les maladies, les peines, la pauvreté et les épreuves successives … Il ne doit jamais chercher d’excuses en cas de misère et de nécessité.

Souvent, les gens rejettent le murîd lorsqu’il adhère à la Voie. Pis encore, ils l’accusent injustement. Le diable vient alors lui dire : « Tu n’avais pas besoin de cette Voie ! Pendant combien d’années étais-tu à l’abri des gens qui ne parlaient de toi qu’en bien et ne commettaient pas de péchés à cause de toi ! » Ce murîd annule alors son pacte et renonce à la Voie*. Il est dans la perplexité et n’est plus bon ni pour la Voie ni pour autre chose. Que le murîd persiste donc dans la Voie, qu’il ne s’éloigne point de la vérité à cause des épreuves, car cela provient de Satan. Et Allah est plus Savant
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Messagepar Mohammed Abdessalam » Jeu Oct 14, 2010 12:44 pm

bismi-Llah er-Rahmân er-Rahîm
wa sall-Allah ala Seyydinâ Mohammedin wa ala Alièhi wa Sahbi-hi wa sallam

essalâm alaykum wa rahmatu-Llah

Adab des Lawâqîh de Charani sur le Tawhîd


20 – Il lui incombe, lorsqu’il fait un voyage pour prendre la Voie d’un Cheikh et que celui-ci l’accueille sèchement et avec un visage renfrogné, de patienter et de ne pas le presser mais au contraire de s’asseoir, l’âme tranquille, à sa porte jusqu’à ce que son Cheikh soit bienveillant envers lui. La sécheresse en question dût-elle durer une année ou plus, il n’en démordra pas, car la Voie est chère aux yeux de ceux qui en font partie et il n’est pas permis à ceux-ci de permettre quelque allègement que ce soit à quiconque de ceux qui viennent chez eux. Les Maîtres doivent le soumettre à l’épreuve pendant plus d’un an avant de leur donner ; ils disent à ce propos : » Un murîd que son Cheikh n’a pas éprouvé avant la prise d’initiation ne réussira pas en fin de compte car il sera entré dans la Voie sans aucun adab et sans l’honorer. Celle-ci le rejettera, même longtemps après, à la différence de celui qui sera entré avec vénération et avec un amour intense. Il est dit dans le Coran : « O vous qui croyez ! Quand viennent à vous des Croyantes émigrées, soumettez-les à examen ! Allah connaît [seul] très bien leur foi [1]». Il en va de même pour le murîd qui émigre pour demander la Voie car tous les deux [le murîd et les « croyantes émigrées », citées dans ce verset] ont en commun la quête de la guidance.**

[1] Le Coran, traduction R. Blachère, Paris, Maisonneuve et Larose, 2005, Sourate 60, 10

    ** On pourrait être étonné de voir appliquer indifféremment aux hommes et aux femmes un verset qui concerne uniquement les croyantes, mais certains Maîtres comparent le statut du disciple entre les mains de son Maître à celui d'une femme entre celles de son époux.


Notre Maître, le Cheikh Mohammed Shannâwî Ahmadî nous a appris que lorsqu’il cherchait la Voie, il avait voyagé du pays de l’ouest vers la Perse pour prendre la Voie de Cheikh Abu Hamâyal. Ce dernier ne s’adressa pas à lui et ne se montra pas enjoué. Mais lorsque le Maître prit conscience de son fort engouement, il l’approcha et lui dit : « O Mohammad, je veux le bien pour toi et pour les autres ; mais je voulais ainsi te mettre à l’épreuve afin que tu entres dans la Voie en la glorifiant, elle et ceux qui en font partie ! »

Notre Maître [Cheikh Mohammed Shannâwî Ahmadî] disait : « Par Allah, même si le Cheikh avait accru sa sévérité d’année en année, je me serais armé de patience et n’aurais pas quitté sa porte. »
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Messagepar Mohammed Abdessalam » Jeu Mai 05, 2011 11:53 pm

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Adab des Lawâqîh de Charani et Tawhîd comme méthode initiatique


24 – Ne pas donner de leçon de science, exotérique ou ésotérique, tant que son Maître n’a pas constaté une part de sa pureté (ikhlâç) dans ces domaines.

D’autre part, ne pas faire de disciple, car chaque disciple qui s’avance pour donner une leçon, ou enseigner la Voie, avant que ne s’éteigne le feu de son humanité et qu’il n’ait reçu la permission de son Maître, se met en rupture par de tels actes ; il s’égare, et cause l’égarement d’autrui ; il est voilé des Vérités et les créatures ne profiteront pas de lui.*

    *S’il en est ainsi de quelqu’un qui est en position régulière de disciple, qu’en est-il de celui qui enseigne sans aucune autorisation, et de ceux qui suivent son enseignement ? (cf. « La Tarîqah n’est pas … »)
*

29 – Ne pas faire attention au salaire d’une fonction, à la dépense d’un bien ou au loyer d’une maison ; on ne devra pas lier sa pensée à quoi que ce soit de cela. On devra, dans la Voie, livrer un combat à son âme individuelle, jusqu’à arriver à ne prêter attention à rien d’autre à la place d’Allah*. Celui qui ne discipline pas son âme ainsi, n’arrivera à rien dans la Voie. Car s’il veut s’élever, il ne peut se tourner vers ce qui s’y oppose. »

    *Cette remarque peut donc être comprise, non pas comme une affirmation doctrinale, mais comme une expression méthodique du Tawhîd (sous le rapport de la méthode de concentration ou d’unification de l’être) qui consiste à ne rien associer à Allah dans son Travail initiatique.

J’ai entendu dire Sidi Ali Marçafî (.) : » Celui qui fréquente les fuqarâ de la zawyah puis qui porte un intérêt à quelque chose de ce bas-monde, s’interrompt dans sa progression spirituelle. Troublant ainsi les fuqarâ faibles de la zawyah, il assumera le poids de sa faute (wizr) et devra donc sortir de la zawyah car les biens de main-morte (waqf) ainsi que les présents qui y sont offerts sont fondamentalement pour ceux qui avaient répudié ce bas-monde et qui s’occupent d’adorer Allah. C’est pour l’amour d’Allah que les gens arrêtent des biens ou font des présents, afin que le disciple ne se préoccupe pas d’autre chose que de ce qui le concerne*. Le disciple qui consomme ces denrées sans s’être occupé d’Allah aura mangé quelque chose d’illicite selon la condition même du donateur (wâqif). Si ce dernier l’avait vu se préoccuper en dehors d’Allah, il n’aurait rien donné et lui aurait dit : « Sors et pratique une profession à l’instar des autres. »

    *Même remarque que précédemment sur le Tawhîd en tant que méthode initiatique.
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Messagepar Mohammed Abdessalam » Lun Oct 24, 2011 1:44 pm

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Adab des Lawâqîh de Charani et Tawhîd comme méthode initiatique


N° 33 Eviter de faire quelque chose qui fasse mourir son cœur, comme l'abondance des propos futiles ou l'insouciance, toutes choses connues pour leur aptitude à faire mourir le cœur. La pratique du faqîr est en effet d’œuvrer à vivifier son cœur, en s’éloignant de tout ce qui le distrait d’Allah, Exalté soit-il.
Le cœur de l'homme est comme celui de la meule qui gâte l'ensemble quand il est corrompu ou qui rend impossible son usage lorsqu'il se dédouble.*
    * C'est à dire lorsqu'elle est excentrée. Magnifique exemple qui rend bien la nécessité méthodique du Tawhîd dans la Voie.
J'ai établi pour les fuqarâ dans la zawyah qu'ils disent chaque jour avant la prière du çubh quarante fois : O Vivant, ô Subsistant, il n'est d’Allah que Toi . "
Il nous est parvenu que Abou Mohammed Kattânî (un des Maîtres de la Voie) vit le Prophète (.) en songe et lui dit : " Envoyé d'Allah, demande pour moi que mon cœur ne meure pas" ; il répondit : " Aboû Muhammed, dis chaque jour 40 fois : « O Vivant, ô Subsistant, il n'est d’Allah que Toi », cela vivifiera ton cœur."

*


N° 34 Il incombe au murîd, lorsqu'il a ouvert seul la séance de dhikr, de ne pas s’arrêter avant d'avoir atteint la perte de conscience (ghaybah)* envers toutes les créatures, car le dhikr a été institué pour [obtenir] la présence avec Allah. Tant que le murîd témoigne de l'existence aux choses créées, il n'entre pas en la Présence du Vrai. Puis, lorsqu'il entre dans la Présence et que son cœur est avec Allah, alors il se tait car la mention [virtuelle] de la langue n’a plus de sens comparée à la mention [effective] du Vrai. Bien au contraire, lorsque celui qui est dans la Présence veut faire le dhikr d'Allah avec sa langue, il ne peut rien prononcer car c'est une Présence faite de respect (haybah) et de majesté (jalâl), d'étonnement et de mutisme.
    *Aussi appelée nawmah dans certains textes.
    Charanî exprime ici un effet du passage de la distance à la proximité, de l’absence à la présence, du virtuel à l’effectif.

Sache que le murîd ne doit pas interrompre la séance de dhikr avant d'avoir atteint la perte de conscience de toutes les créatures. Celui qui s’arrête avant cette perte de conscience est comme s'il n'avait pas fait le dhikr d'Allah sous le rapport que le fruit dont il s'agit est l'élévation spirituelle effective, même s'il lui est inscrit pour cela des bonnes actions.
    Quelle est le critère qui décide de l’arrêt du dhikr (que j’appelle « libre ») lorsqu’il est pratiqué seul ? S’agit-il d’un critère extérieur, comme un nombre particulier de fois que tel ou tel dhikr a été prononcé, à l’instar de ce qui peut être effectivement le cas pour des awrâd particuliers et dans lequel le respect du nombre fixé est primordial ?
    L’auteur revient sur une distinction importante déjà abordée, notamment dans l’introduction, qui concerne les résultats à rechercher activement, directement et présentement dans le dhikr et, finalement, le but recherché dans la Voie. Ce But n’est pas celui que recherchent ceux qui recherchent uniquement les hassanât en vue du Paradis, comme on l’a clairement vu. Il est la recherche d’un « rapprochement », un goût direct, qui est une réalisation effective de la Présence divine en soi, en dehors de l’obtention de laquelle le travail initiatique (principalement le dhikr) est sans intérêt véritable, puisqu’il ne donne alors pas autre chose que ce qu’il donne à l’ensemble des musulmans.
    Ce genre d’exemple et de considérations montre d’ailleurs que les résultats escomptés ne dépendent pas uniquement de ce qui est pratiqué, car le dhikr peut l’être par tous les musulmans sans distinction, mais aussi des moyens (barakah, idhn) qui sont mis en œuvre pour la faire ainsi que le niveau d’exigence qui est à développer ; sans compter ce qui revient à la qualification, car une terre ne peut produire que ce qu’elle a en elle-même.
    Comme on le verra par la suite, in châ Allah, la règle, énoncée ici pour quelqu’un qui fait le dhikr seul, est identique dans le cas d’un dhikr collectif, à cette différence près que la décision en revient alors uniquement à celui qui le dirige.

Shiblî disait à ce propos : " Qui fait le dhikr d'Allah véritablement ('alâ-l-haqîqah) oublie toute chose à côté de lui. "
El-Junayd disait : " Qui constate l'existence des créatures, ne voit pas le Vrai. Qui contemple le Vrai, ne voit pas les créatures, sauf s'il fait partie des Etres de réalisation parfaite (el-Kummal). »
Il contemple alors le Vrai (el-Haqq) « dans » les créatures.
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Messagepar maurice_le_baot » Ven Nov 09, 2012 1:01 pm

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es-Salâm alaykum wa rahmatu-Llah wa barakâtu-H


En rapport avec les précédentes citations, je reproduis le texte suivant de René Guénon extrait d'un chapitre du Symbolisme de la Croix intitulé "La guerre et la paix" et qui concerne la réalisation, par l'homme, de l'unité en lui-même.

"La « grande guerre sainte », c’est la lutte de l’homme contre les ennemis qu’il porte en lui-même, c’est-à-dire contre tous les éléments qui, en lui, sont contraires à l’ordre et à l’unité. Il ne s’agit pas, d’ailleurs, d’anéantir ces éléments, qui, comme tout ce qui existe, ont aussi leur raison d’être et leur place dans l’ensemble ; il s’agit plutôt, comme nous le disions tout à l’heure, de les « transformer » en les ramenant à
l’unité, en les y résorbant en quelque sorte. L’homme doit tendre avant tout et constamment à réaliser l’unité en lui même, dans tout ce qui le constitue, selon toutes les modalités de sa manifestation humaine : unité de la pensée, unité de l’action, et aussi, ce qui est peut-être le plus difficile, unité entre la pensée et l’action. Il importe d’ailleurs de remarquer que, en ce qui concerne l’action, ce qui vaut essentiellement, c’est l’intention (niyyah), car c’est cela seul qui dépend entièrement de l’homme lui même, sans être affecté ou modifié par les contingences extérieures comme le sont toujours les résultats de l’action. L’unité dans l’intention et la tendance constante vers le centre invariable et immuable (1) sont représentées symboliquement par l’orientation rituelle (qiblah), les centres spirituels terrestres étant comme les images visibles du véritable et unique centre de toute manifestation, qui a d’ailleurs, ainsi que nous l’avons expliqué, son reflet direct dans tous les mondes, au point central de chacun d’eux, et aussi dans tous les êtres, où ce point central est désigné figurativement comme le cœur, en raison de sa correspondance effective avec celui-ci dans l’organisme corporel.

Pour celui qui est parvenu à réaliser parfaitement l’unité en lui-même, toute opposition ayant cessé, l’état de guerre cesse aussi par là même, car il n’y a plus que l’ordre absolu, selon le point de vue total qui est au delà de tous les points de vue particuliers. À un tel être, comme il a déjà été dit précédemment, rien ne peut nuire désormais, car il n’y a plus pour lui d’ennemis, ni en lui ni hors de lui ; l’Unité, effectuée au dedans, l’est aussi et simultanément au dehors, ou plutôt il n’y a plus ni dedans ni dehors, cela encore n’étant qu’une de ces oppositions qui se sont désormais effacées à son regard (2). Établi définitivement au centre de toutes choses, celui-là « est à lui-même sa propre loi » (3), parce que sa volonté est une avec le Vouloir universel (la « Volonté du Ciel » de la tradition extrême-orientale, qui se manifeste effectivement au point même où réside cet être) ; il a obtenu la « Grande Paix », qui est véritablement, comme nous l’avons dit, la « présence divine » (Es-Sakînah, l’immanence de la Divinité en ce point qui est le « Centre du Monde ») ; étant identifié, par sa propre unification, à l’unité principielle elle-même, il voit l’unité en toutes choses et toutes choses dans l’unité, dans l’absolue simultanéité de l’« éternel présent »."


Notes

1 — Voir ce que nous avons dit ailleurs sur l’« intention droite » et la « bonne volonté » (Le Roi du Monde, ch. III et
VIII).
2 — Ce regard est, selon la tradition hindoue, celui du troisième oeil de Shiva, qui représente le « sens de l’éternité »,
et dont la possession effective est essentiellement impliquée dans la restauration de l’« état primordial » (voir
L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, ch. XX, 3e éd., et Le Roi du Monde, ch. V et VII).
3 — Cette expression est empruntée à l’ésotérisme islamique : dans le même sens la doctrine hindoue parle de l’être qui est parvenu à cet état comme swêchchhâcharî, c’est-à-dire « accomplissant sa propre volonté ».
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Messagepar Mohammed Abdessalam » Sam Nov 10, 2012 7:36 pm

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Sidi Maurice

Dans le prolongement logique de votre apport : "Voir ce que nous avons dit ailleurs sur l’« intention droite » et la « bonne volonté » (Le Roi du Monde, ch. III et VIII) :

Roi du Monde - Chap. III - La Shekinah et Metatron
En rapport avec ce qui concerne l'institution et les caractéristiques d'un centre sacré René Guénon fait référence à "présence réelle" divine de la Divinité" (p. 22-23), la Shekinah, dont il dit qu'elle " se présente sous les aspects multiples, parmi lesquels il en est deux principaux, l'un interne et l'autre externe : or il y a d'autre part, dans la tradition chrétienne, une phrase qui désigne aussi clairement que possible ces deux aspects : "Gloria in excelcis Deo, et in terra Pax hominibus bonae voluntatis." Les mots Gloria et Pax se réfèrent respectivement à l'aspect interne, par rapport au Principe, et à l'aspect externe, par rapport au monde manifesté"

Plus loin, il met en rapport
"les deux portes céleste et infernale qui, chez les Latins, étaient associés au symbolisme de Janus ; avec les deux phases cycliques ascendante et descendante [du cycle zodiacal] qui, chez les Hindous, se rattachent pareillement au symbolisme de Ganêsha"

Il précise :
"Enfin, il est facile de comprendre par là ce que veulent dire véritablement des expressions comme celles d'"intention droite", que nous retrouverons dans la suite, et de "bonne volonté" ("Pax hominibus bonae voluntatis")"
(p. 26-27)

Il faut attendre le chapitre VII, Le Centre suprême caché pendant le "Kali-Yuga", pour voir effectivement réapparaître les notions évoquées dans une suite de trois notes et mises en rapport, cette fois, avec la tradition islamique :
"On doit donc, comme nous le disions déjà précédemment, parler de quelque chose qui est caché plutôt que de véritablement perdu, puisqu'il n'est pas perdu pour tous et que certains le possèdent encore intégralement ; et, s'il en est ainsi, d'autres ont toujours la possibilité de le retrouver, pourvu qu'ils le cherchent comme il convient, c'est-à-dire, que leur intention soit dirigée de telle sorte que, par les vibrations harmoniques qu'elle éveille selon la loi des "actions et réactions concordantes 1", elle puisse les mettre en communication spirituelle effective avec le centre suprême 2. Cette direction de l'intention a d'ailleurs, dans toutes les formes traditionnelles, sa représentation symbolique ; nous voulons parler de l'orientation rituelle : celle-ci, en effet, est proprement la direction vers un centre spirituel, qui, quel qu'il en soit, est toujours une image du véritable "Centre du Monde" 3."

Note 1 : Cette expression est empruntée à la doctrine taoïste ; d'autre part, nous prenons ici le mot "intention" dans un sens qui est très exactement celui de l'arabe niyah, que l'on traduit habituellement ainsi, et ce sens est d'ailleurs conforme à l'étymologie latine (de in-tendere, tendre vers).

Note 2 : Ce que nous venons de dire permet d'interpréter dans un sens très précis ces paroles de l’Évangile : "Herchez et vous trouverez; demandez et vous recevrez; frappez et il vous sera ouvert." - On devra naturellement se reporter ici aux indications que nous avons déjà données à ce propos de l'"intention droite" et de la "bonne volonté; et on pourra sans peine compléter par là l'explication de cette formule : Pax in terra hominibus bonae voluntatis.

Note 3 : Dans l'Islam, cette orientation (qiblah) est comme la matérialisation, si l'on peut s'exprimer ainsi, de l'intention (niyah). L'orientation des églises chrétiennes est un autre cas particulier qui se rapporte essentiellement à la même idée.
"Par le Temps ! * Le genre humain est, certes, en perdition * Sauf ceux qui croient, accomplissent les bonnes œuvres, se recommandent la vérité et se recommandent la patience."
السلام عليكم و رحمة الله و بركاته
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Re: REFERENCES SUR LE TAWHÎD COMME METHODE

Messagepar Mohammed Abdessalam » Lun Nov 12, 2012 10:52 am

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ وَ سَلِّمْ

wa alaykum es-salâm wa rahmatu-Llah wa barakâtu-H


Une autre référence donne évidemment le même sens.

Symboles de la Science sacrée, René Guénon, éd. Gallimard, 1962
VIII - L’idée du Centre dans les traditions antiques
Tous les êtres, dépendant de leur Principe en tout ce qu’ils sont, doivent, consciemment ou inconsciemment, aspirer à retourner vers lui ; cette tendance au retour vers le Centre a aussi, dans toutes les traditions, sa représentation symbolique. Nous voulons parler de l’orientation rituelle, qui est proprement la direction vers un centre spirituel, image terrestre et sensible du véritable « Centre du Monde » ; l’orientation des églises chrétiennes n’en est au fond qu’un cas particulier et se rapporte essentiellement à la même idée, qui est commune à toutes les religions. Dans l’Islam, cette orientation (qibla) est comme la matérialisation, si l’on peut s’exprimer ainsi, de l’intention (niyya) par laquelle toutes les puissances de l’être doivent être dirigées vers le Principe divin1 ; et l’on pourrait facilement trouver bien d’autres exemples. Il y aurait beaucoup à dire sur cette question ; sans doute aurons-nous quelques occasions d’y revenir dans la suite de ces études, et c’est pourquoi nous nous contentons, pour le moment, d’indiquer plus brièvement le dernier aspect du symbolisme du Centre.

[1] Le mot « intention » doit être pris ici dans son sens strictement étymologique (de in-tendere, tendre vers).

On pourra remarquer que, dans les deux occurrences, la niyya concerne le retour vers le Principe, mais que ce retour "passe" en quelque sorte par le centre spirituel. Cette remarque pourra ainsi être mise en rapport avec ce qui peut être dit du symbolisme horizontal de la première grande phase du sulûk qui est celle de l'Isrâ prophètique. Cette orientation n'est pas "verticale".
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Re: REFERENCES SUR LE TAWHÎD COMME METHODE

Messagepar maurice_le_baot » Mer Déc 05, 2012 11:04 pm

bismi-Llah er-Rahmân er-Rahîm
wa sall-Allah alâ Seyydinâ Mohammedin wa alâ Ali-hi wa Sahbi-hi wa sallam
Wa alaykum es-Salâm wa rahmatu-Llah, Sidi Mohammed Abd es-Salâm.


Barak’Allahu fik pour ces riches apports,

Guénon indique aussi que :

Lorsqu’on se tourne vers le soleil levant comme nous venons de le dire, le Sud est désigné comme le « côté de la droite » (yamîn ou yaman ; cf. le sanscrit dakshina qui a le même sens), et le Nord comme le « côté de la gauche » (shemôl en hébreu, shimâl en arabe) ; mais il arrive aussi que l’orientation est prise en se tournant vers le soleil au méridien, et alors le point qu’on a devant soi n’est plus l’Orient, mais le Sud : c’est ainsi que, en arabe, le côté du Sud a encore, entre autres dénominations, celle de qiblah, et l’adjectif qibli signifie « méridional ». Ces derniers termes nous ramènent à la racine Q B L ; et l’on sait que le même mot qiblah désigne aussi, dans l’Islam, l’orientation rituelle ; c’est, dans tous les cas, la direction qu’on a devant soi ; et ce qui est encore assez curieux, c’est que l’orthographe de ce mot qiblah est exactement identique à celle de l’hébreu qabbalah.

Qabbalah in Formes traditionnelles et Cycles cosmiques, René Guénon, éd. Gallimard, 1970 (p. 65)


On voit ici, concernant la qiblah, qu’il s’agit de « la direction qu’on a devant soi » ce qui confirme vos remarques en rapport avec l’Isrâ.
وصَلَى ﭐللهُ عَلى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلَّمْ
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Re: REFERENCES SUR LE TAWHÎD COMME METHODE

Messagepar maurice_le_baot » Mar Oct 15, 2013 3:59 pm

بسم الله الرحمن الرحيم الحمد لله والصلاة والسلام على سيدنا محمد رسول الله وآله وصحبه ومن والاه


En relisant le Symbolisme de la Croix de René Guénon, j'ai été frappé par le passage ci-dessous auquel je n'avais pas prêté suffisamment attention jusqu'à lors et qui est au cœur de la thématique de ce fil :

« La synthèse [...] s’effectue essentiellement du dedans ; nous voulons dire par là qu’elle consiste proprement à envisager les choses dans l’unité de leur principe même, à voir comment elles dérivent et dépendent de ce principe, et à les unir ainsi, ou plutôt à prendre conscience de leur union réelle, en vertu d’un lien tout intérieur, inhérent à ce qu’il y a de plus profond dans leur nature. »

Avant-propos (cité dans René Guénon par lui-même à SYNTHESE)

N'y pourrait-on pas même voir une définition du Tawhîd en tant que méthode initiatique? W'Allahu a'lam!
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