GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Aperçus sur les principes et la science des fondements de la jurisprudence

GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Mohammed Abdessalam » Sam Mai 07, 2011 7:01 pm

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ
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Les références utilisées seront principalement puisées, in châ Allah, dans deux ouvrages aisément accessibles et consultables et dont on ne peut que recommander la lecture directe :

LES FONDEMENTS DU FIQH (Kitab al-Waraqat Fi Uçoul al-Fiqh)
Traité sur les fondements du droit musulman d'El DJOUWEINI
Traduction de LEON BERGER - Editions IQRA

POESIE DANS LA SCIENCE DES FONDEMENTS DU DROIT MUSULMAN D'APRES AL-WARAQÂT DE L'IMÂM DES HARAMAYN AVEC SON COMMENTAIRE par ABD ALLAH ALTHAPARRO al-FARANSI - Editions LES 4 SOURCES
"Par le Temps ! * Le genre humain est, certes, en perdition * Sauf ceux qui croient, accomplissent les bonnes œuvres, se recommandent la vérité et se recommandent la patience."
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Messagepar Luc de la Hilay » Ven Mai 13, 2011 6:57 pm

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ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ



Pour inaugurer ce fil, peut-être est-il bon de commencer par rapeller la définition que donne l’Imam el-Haramayn (m.478/1085)de la science de « Uçûl el fiqh », dans le premier des deux ouvrages cités ci-dessus.
(Les passages en italiques sont des commentaires de l’imâm el-Hattâb (m.954/1547) ; nous avons harmonisé les transcriptions)

« Voici quelques feuilles contenant différents groupes de questions touchant aux sciences des fondements du droit (Uçûl al-fiqh). Cette expression est composée de deux mots simples : le fondement açl, c’est ce sur quoi est édifié quelque chose.


Commentaire :
Exemple : les fondations d’un mur, la racine d’un arbre ; c’est là la meilleure définition de l’açl, car elle tombe sous le sens. Elle est préférable à cette autre donnée par certains auteurs : « l’açl, c’est ce dont une chose a besoin (pour exister) ». En effet, l’arbre a besoin de ses fruits pour être parfait, et pourtant, les fruits ne sont pas l’açl de l’arbre. Elle doit également être préférée à la définition suivante : « L’açl, c’est ce dont fait partie toute chose ». En effet, le nombre un fait partie du nombre dix, et pourtant dix n’est pas l’Açl de un. »


Les branches ou dérivations Far’ sont, au contraire, ce qui est édifié sur quelque chose. Le droit (fiqh) est la connaissance des règles légales déduites par le procédé d’examen rationnel appelé Ijtihad.


Commentaire :
Ainsi, le fait de savoir que l’intention, pour l’ablution, est obligatoire ; que la prière witr (composée d’un groupe de deux rakâa et d’une troisième rakâa) est recommandée ; que l’intention de jeûner doit être conçue le soir pour que le jeûne du lendemain soit valable, que la dîme est obligatoire sur les biens de l’impubère et sur les bijoux autorisés ; que l’homicide avec un instrument contondant entraîne le talion... et autres règles sur des points pouvant faire l’objet de controverses entre les divers rites. Au contraire, les règles qui ne sont pas déduites par le raisonnement (ijtihad) et qui sont de simples articles de foi, comme le caractère obligatoire des cinq prières, l’interdiction de la fornication, l’existence d’Allah et de ses attributs, tout cela ne doit pas s’appeler Fiqh, parce que cela est connu de tous. Ainsi, dans notre définition, le droit (fiqh) signifie uniquement la science du mujtahid.
Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que le faqih connaisse toutes ces règles ; il faut et il suffit qu’il y soit apte. Ainsi, L’Imam Mâlik, qui était un des plus grands juristes mujtahid, sur quarante-huit questions qui lui furent posées, répondit : « je ne sais pas » à trente-deux d’entre elles. »



A suivre...
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Luc de la Hilay » Ven Mai 13, 2011 7:01 pm

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Le Cheikh continue son exposé en listant les statuts légaux qui qualifient les actes dans le fiqh. La science de Uçûl el fiqh , en tant que méthodologie ou processus réflexif permettant de « qualifier » les actes, présuppose en effet la connaissance des critères définissant les différents statuts légaux.

« Les qualifications légales sont au nombre de sept :

1. L’obligatoire (wâjib)
2. Le recommandé (mandûb)
3. L’indifférent (mubâh)
4. Le prohibé (mahdhûr)
5. Le blamé (mâkrûh)
6. Le valide (sahih) et
7. Le nul (bâttil).

Commentaire :
Le fiqh est la connaissance des actes ainsi qualifiés, c’est-à-dire des règles particulières à chacun de ces actes (une fois sa qualification admise). Mais, le fiqh n’est pas la science qui aboutit à ces qualifications : cette dernière science constitue celles des Uçûl al-Fiqh et non du fiqh. C’est d’ailleurs une impropriété d’expression de la part de l’auteur que de dire : « les qualifications légales sont : l’obligatoire, le recommandé, etc. » Il eût dû dire : « l’obligatoire, la recommandation, l’indifférence, le blâme et l’interdiction ». Mais il a voulu concrétiser ces abstractions en les appliquant à des actes concrets.
Notons, en outre, que cette classification en sept qualifications est propre à l’auteur, car la majorité des docteurs estiment qu’il n’y en a que cinq. En effet, le valide (sahih) est obligatoire (wajib) ou autre chose ; le nul (bâtil) fait partie du prohibé (mahdhour).
D’autres auteurs estiment qu’il y a neuf qualifications. Ils ajoutent aux sept précédentes l’autorisation spéciale à certains actes et à certaines circonstances (rukhsa) et la azima ou prescription de principe à laquelle la rukhsa déroge.
Après cette énumération, des qualifications, l’auteur passe à la définition de chacune d’elles. »

A suivre…
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Messagepar Luc de la Hilay » Lun Mai 16, 2011 11:27 pm

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Après avoir introduit ces quelques notions, le Cheikh définit d’autres concept fondamentaux tels que le fiqh, la science (‘ilm) et l’ignorance (jahl), l’examen rationnel (nadhar), la déduction logique (istidlâl), la croyance (dhann) et le doute (chakk). Relevons parmi cette mise au point terminologique préalable la notion de ....

Uçûl el-fiqh : la science des sources du droit est celle des voies ou moyens qui mènent aux règles juridiques envisagées d’un point de vue général et de la manière dont on peut tirer argument de ces moyens.


Cette définition est à la fois la plus synthétique et la plus complète que nous ayons trouvée.

Voilà le commentaire qu'en donne l'Imam el-Hattab :

"Les voies et les moyens ..."
Ainsi, font partie de la science des sources : l’étude des prescriptions impératives ou prohibitives envisagées d’un point de vue absolu et général en en dehors de toute application à des cas d’espèces ; les actes du Prophète, le « consensus comunis », le raisonnement par analogie ; le maintien d’une qualité donnée ou constance du caractère juridique istisshad ; le caractère général ou spécial d’une source, le caractère vague ou précis..., etc.


"... qui mènent aux règles juridiques envisagées d’un point de vue général..."
L’étude des prescriptions impératives a pour but d’arriver à constater que leur conséquence est le caractère obligatoire ; tandis que celle des prescriptions prohibitives aboutit à constater qu’elles ont pour conséquence le caractère interdit des actes qu’elles visent.

Cette science est toute différente de celle du droit fiqh, qui recherche les voies qui mènent aux règles juridiques envisagées d’un point de vue spécial à chaque cas. Ainsi, prenons la prescription Coranique : « pratiquez la prière » ou encore, celle-ci « évitez la fornication » (Cor VI-151). La science des sources les examinera d’un point de vue général et abstrait et elle considérera l’un comme ordre, l’autre comme une prohibition, et en déduira les conséquences suivantes : caractère obligatoire de la prière ; caractère prohibé de la fornication. La science du droit envisageant ces même textes du point de vue relatif et spécial, en tire d’autres conséquences : punition de celui qui ne prie pas et commet la fornication.


"...et de la manière dont on peut tirer argument de ces moyens"
Et quant à la manière dont on peut tirer argument de ces moyens, c'est-à-dire la méthode de classement et le rang de préférence de ces voies et moyens lorsqu’ils se présentent ensemble. Ainsi, on se demandera si le particulier prime le général, si le restreint prime l’absolu. La méthode d’utilisation des moyens d’argumentation conduit naturellement à partir des qualités recquises chez ceux qui l’emploient, c’est ce que ne manque pas de faire l’auteur.
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Mohammed Abdessalam » Mar Mai 17, 2011 4:57 am

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السلام عليكم و رحمة الله و بركاته

Luc

Merci pour ce début de présentation, aussi synthétique qu'édifiant !

*


Si l'on définit ce qui est traditionnel comme ce qui dépend et se rattache à un principe transcendant, il est évidemment important de savoir comment s'applique le droit divin dans les différents domaines de l'activité humaine afin d'intégrer ceux-ci dans l'ordre cohérent d'une forme traditionnelle particulière, mais aussi quelles sont les règles qui permettent l'application en question et comment celle-ci s'effectue.

C'est en effet cette connaissance qui constitue proprement l' "intelligence profonde" dont il est question dans un hadîth célèbre : " Celui à qui Allah veut du bien Il lui fait comprendre profondément la religion ".

Or cette connaissance, ainsi conçue, n'est pas éloignée de ce qui nous occupe sur Le Porteur de Savoir :

En réalité, le Taçawwuf est une compréhension (fiqh) profonde (qâtibah) de la
religion
Intelligence de la religion qui est elle-même référencement (coranique) (tawthîq) et
la certification (des ahâdîth) (takhrîj).
C’est le Livre et ce avec quoi est venu le Prophète,
Tout en dehors de cela étant réfutable (mahjûj).



On voit bien dans les premiers éléments fournis ici que c'est la hiérarchisation des statuts légaux qui fait apparaître le plus directement la manière selon laquelle s'effectue la spécification des principes dans le domaine humain.

Et Allah est plus Savant
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Messagepar Luc de la Hilay » Dim Mai 22, 2011 6:25 pm

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Wa alayoum assalâm Sidî Mohammed Abdessalam et merci beaucoup pour vos encouragements!

Comme suite à votre intervention, et pour mieux comprendre en quoi consiste l’effort du mujtahid, peut-être pouvons-nous maintenant énumérer quelque unes des méthodes utilisées par ce dernier pour déduire le fiqh des sources, ou comme vous le disiez à juste titre, spécifier des principes de droit divin dans le domaine humain.

Les différentes méthodes connues permettent au savant d’appréhender les « principes » contenus dans les deux sources que sont le Coran et la Sunna ou « le Livre et ce avec quoi est venu le Prophète» pour reprendre la formule du Cheikh Zakî ed-Dîn ci-dessus ; bien que la répartition suivante soit un peu grossière, disons pour l’instant que ces méthodes peuvent s’appliquer soit directement à ces sources, comme l’étude du texte coranique et du hadith afin d’en préciser le sens (caractère général, particulier/ sens littéral, figuré / ordre, interdiction / information, interrogation...) et la classification de la Sunna (en parole, acte, approbation tacite / sahih, hasan, da’if, mawdu / muttasil, ghayr-muttasil...), soit indirectement, comme la considération de l’accord unanime de tous les savants d’une époque sur une question particulière (ijma’) ainsi que le raisonnement par analogie (qiyas)...

Toutes ces branches sont régies par des règles précises dont la stricte observation conditionne la validité d'une « spécification » qui aboutit ultimement l’élaboration du fiqh, dont la fonction essentielle est de définir, pour tout musulman jusqu'à la fin des temps, le statut légal de l'ensemble de ses activités. C’est en cela que réside, selon nous, l’application des principes divins selon les conditions propres à notre degré d’existence * .

A suivre...


* : notons que d’une certaine façon, la Sunna peut rentrer dans les principes divins en tant que le Prophète « ne parle pas sous l'effet de la passion » mais que ce qu’il dit « n'est autre qu'une révélation inspirée » (LIII, 3-4)
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Luc de la Hilay » Dim Mai 22, 2011 8:33 pm

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Il est également important de noter, à la suite de ce qui vient d’être dit, que l’ijtihad a tout d’abord consisté, notamment pour l’Imam Chafi’i (m.820) à qui l'on attribue la paternité de la science d’Uçul el-fiqh, à organiser les méthodes en vigueur à son époque, méthodes qui pouvaient subir d’assez grandes variations d’un savant à l’autre, en fixant un certain nombre de principes à appliquer pour l’élaboration du droit. D’autres savants éminents dont Hassan al-Baçrî (m.729), Juweyni (m.1085), Ghazalî (m.1111), Râzî (m.1210), Taj ed-dîn Subkî (1370) ou Chatibî (m.1388) pour les plus connus contribuèrent également à la définition des règles dont la mise en œuvre permet de passer des sources du droit (uçûl el fiqh) au droit à proprement parler (fiqh),

La science d’Uçûl el fiqh au sens large peut donc aussi comprendre l’élaboration des méthodes de déduction, les méthodes en elles-mêmes, les classifications des sources principales obtenues par la mise en œuvre de ces méthodes, les sources secondaires qui peuvent être considérées comme un premier degré de déduction par rapport aux sources principales, les méthodes qui régissent l'utilisation de ces sources, les différents statuts légaux et leurs caractéristiques, etc.

A suivre...
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Luc de la Hilay » Dim Mai 22, 2011 8:49 pm

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Voici maintenant les différentes branches méthodologiques listées par l'Imam Juweyni :

1. Divisions du discours,
2. Prescriptions générales ou spéciales,
3. Prescriptions vagues, précises ou évidentes,
4. Actes du Prophète,
5. L’abrogeant et l’abrogé,
6. Le « communis consensus »,
7. L’information traditionnelle,
8. L’analogie,
9. La prohibition,
10. L’indifférence légale,
11. Le classement des arguments,
12. Les qualités exigées du mufti et de celui qui le consulte,
13. Les règles propres à ceux qui ont la qualité de mujtahid.


Comme nous l'avons vu plus haut, la plupart de ces méthodes ont pour vocation de permettre l'analyse des différents aspects contenus synthétiquement dans les principes du Coran et de la Sunna afin d'assurer leur compréhension profonde et leur juste application. Sous ce rapport, ces méthodes peuvent être symboliquement comparées à autant des prismes qui diffractent la lumière solaire en l’indéfinité des couleurs qui constituent son spectre, couleurs inaccessibles à la perception de l’œil humain regardant directement cette lumière principielle qui, elle, les contient pourtant toutes en principe.

A suivre ...
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Adam » Dim Juil 03, 2011 11:08 pm

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السلام عليكم و رحمة الله و بركاته

Merci pour ces données qui semblent fondamentales mais dont la signification et les applications m’échappent partiellement. Suite à ces considérations sur le Uçul el-fiqh, il m’apparait que, grosso modo, selon la manière plus ou moins directe dont sont « spécifiés les principes », il existe des degrés d’ « objectivité » dans les éléments composant le fiqh qui réunit des éléments très explicites et d’autres qui sont « conditionnés » par l’interprétation des savants.

Et que faut-il entendre par :

Toutes ces branches sont régies par des règles précises dont la stricte observation conditionne la validité d'une « spécification » qui aboutit ultimement l’élaboration du fiqh, dont la fonction essentielle est de définir, pour tout musulman jusqu'à la fin des temps, le statut légal de l'ensemble de ses activités. C’est en cela que réside, selon nous, l’application des principes divins selon les conditions propres à notre degré d’existence .


Quant est-il de l’ijtihad dans le contexte actuel ?

Sa porte est-elle fermée, interdisant toutes innovations jugées blâmables dans la mesure où elles contrediraient les prédécesseurs qui ont d’ores et déjà défini le fiqh pour la quasi-totalité des domaines d’activité humaine ?
N’y-a-t-il pas là un risque de sombrer dans un littéralisme figé préférant l’opinion des faqih à la méditation du Coran lui-même ou de s’enfermer dans un conformisme ( taqlid) dont on ne connait que trop les dangers ?

Ou bien le fiqh, élaboration humaine circonstanciée peut-il être renouvelé pour être en adéquation avec les sociétés auxquelles il s’adresse, en restant fidèle à l’Esprit pérenne dont il procède ?
Mais alors comment éviter l’écueil du réformisme qui, influencé par une certaine culture occidentale, essaye de concilier islam et monde moderne, selon un processus qui n’est pas sans rappeler celui décrit par René Guénon dans "Le Règne de la Quantité" ?

Ne voyez en ces interrogations aucun parti-pris ni esprit de polémique mais simplement une volonté d’éclaircissement. Car ultimement, ces questions impliquent de savoir distinguer ce qui est proprement immuable de ce qui n’est que contingent…

As-salam alaykum wa rahmatu-Lah wa barakatu-H
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Mohammed Abdessalam » Mer Juil 06, 2011 9:40 am

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وعليكما لسلام و رحمة الله و بركاته

Sidi Adam,

Je pense, comme vous, qu'il peut être intéressant de réfléchir à la question de savoir qui peut pratiquer un ijtihad et comment c'est envisageable.

Mais poser la question est déjà y répondre, me semble-t-il, car comment envisager même de pratiquer un ijtihad quelconque si l'on ne connaît pas les règles classiques des fondements de la jurisprudence (uçûl el-fiqh) ou qu'on ne les comprend que partiellement ? (sans parler des compétences nécessaires dans les domaines concernés par une telle activité).
Voyez-vous comment on pourrait faire autrement ?

A l'inverse, il me semble que la compréhension intrinsèque de ces règles classiques (en dehors de l'intérêt en quelque sorte purement intellectuel qui a été présenté en introduction à ce sujet) est susceptible de donner un certain nombre de clés à des personnes qui se trouveraient (dans la perspective que vous indiquez) dans des situations et des problématiques nouvelles et étonnantes qui surviendraient dans des conditions de vie exceptionnelles et/ou inattendues ...

C'est donc aussi dans cette perspective que ces questions sont envisagées ici, et pas seulement dans celle d'une étude théorique sur des sujets dont certains peuvent apparaître éventuellement "dépassés" ou "non-actualisés".

Une remarque toute personnelle, enfin : j'ai beaucoup appris et j'apprends beaucoup en étudiant ce domaine dans cet esprit, car j'ai découvert bien des richesses insoupçonnées que le simple abord "intellectuel" ne garantit pas immédiatement, surtout quand il ne s'appuie pas sur un certain nombre de connaissances traditionnelles qui ne sont pas d'un accès ni d'une compréhension immédiates à l'occidental élevé dans un milieu aussi hostile que profane.
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Alî » Ven Juil 08, 2011 7:01 pm

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Sîdî Adam,

Pour répondre à votre interrogation et faire suite à la réponse de Sîdî Mohammed Abdessalam, il me semble qu’il est effectivement préférable, au-delà d’une hypothétique mise en œuvre de l’ijtihad, de comprendre ce qu’est, en soi, le processus fondamental d’élaboration du droit et des statuts traditionnels islamiques. Le point de vue sous lequel nous envisageons ici la science d’Ucûl el-fiqh n’est, en effet, pas celui d’une application pratique immédiate, mais bien d’une compréhension de principe et, pour reprendre des termes de Guénon, d’une « ouverture » ou d’un « élargissement d’horizon intellectuel » que certains voudraient définitivement fermé, justement car il ne pourrait éventuellement plus produire de résultats tangibles dans son ordre.

Ce qui nous intéresse ici au premier plan est donc bien de prendre conscience de l’étendue et de la puissance d’une méthode traditionnelle qui transcrit (ou reflète) les principes transcendants de droit divin dans le domaine individuel, selon les conditions propres à ce dernier, c'est-à-dire en les rendant accessibles en mode rationnel, notamment aux juristes qui les appliqueront ensuite dans le cadre de leurs fonctions.

Il est encore possible de réfléchir aux prolongements que cette discipline fondamentale pourrait avoir dans d’autres ordres, en tant que méthode universelle, une fois correctement transposée. Bien que son usage consacré soit appliqué au fiqh, la notion d’ijtihad, qui est essentiellement un « effort en vue de parvenir à un but » est-elle si éloignée, du moins dans son essence, de l'effort de "compréhension" effective des principes par l’initié dans le jihad el-akbar que constitue son sulûk ?

Je tiens par ailleurs à vous remercier pour cette interrogation qui dénote, me semble t-il, l'attention toute particulière que vous portez à la juste compréhension de l'esprit dans lequel nous envisageons ces sujets. Les interventions comme la vôtre permettent également souvent de préciser des points qui pourraient n'être pas suffisamment clairs ou explicites pour les forumeurs ... alors qu'ils paraissent l'être, peut-être à tort, à leur auteur !

Baraka Allahu fîk pour votre implication !


PS : à la lecture de votre message, je pense qu'il est maintenant utile de citer quelques exemples d'Uçûl el-fiqh pour aider à comprendre les notions très théoriques que Luc de la Hilay a évoquées au début de ce fil. Je m'y attache dès à présent...
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Alî » Sam Juil 09, 2011 2:21 pm

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Pour vivifier le mois de Cha'aban, j'ai choisi de commencer par un exemple d'Uçûl el-fiqh issu du ...


Chapitre sur les actes du Prophète


Les actes du législateur [le Prophète] sont, ou des actes de piété et de soumission à Allah , ou des actes tout autres [se tenir debout ou assis, de manger ou de boire...].

S’il s’agit d’actes de piété et de soumission à Allah, et s’il y a une preuve manifeste que ces actes sont propres au Prophète, on doit les considérer comme tels.

Commentaire :
Exemple : la continuation du jeûne pendant plusieurs jours consécutifs en dehors du mois de Ramadan.
Boukhari et Mouslim rapportent ce qui suit : « Le Prophète ayant jeûné pendant plusieurs jours consécutifs, les gens l’imitèrent et cela leur fut pénible. Alors, il leur interdit cette pratique ». Le commentateur ajoute que le Prophète leur dit : « Je ne suis point semblable à vous », c’est-à-dire « vous n’avez pas mes qualités ni mon rang auprès du Seigneur ».
L’auteur du Mouwatta (l’imam Mâlik) rapporte cette tradition de la façon suivante : « le Prophète d’Allah interdit le jeûne ininterrompu. Les gens lui dirent alors : « O Prophète, tu jeûnes pourtant toi-même sans interruption ». Il répondit : « Je ne suis point semblable à vous, car je reçois (du ciel) la force que donnent les aliments et la boisson ». Ce hadith prouve bien que le jeûne sans interruption est un acte propre au Prophète.


A défaut d’un tel indice, on ne les considère pas comme propres au Prophète, parce qu’Allah a dit : « Vous avez dans le Prophète d’Allah un exemple admirable » (Cor. XXXIII-21).

Commentaire :
L’acte qui n’est pas propre au Prophète doit être imité par tous les fidèles. Si l’on connaît la qualité de cet acte, c’est-à-dire si l’on sait explicitement s’il est obligatoire ou simplement recommandé, pas de difficulté. Sinon on devra le considérer comme obligatoire, comme l’auteur le dit plus loin.


Dans ce cas, il y a présomption que l’acte est obligatoire,

Commentaire :
Obligatoire, tant en ce qui concerne le Prophète lui-même qu’en ce qui concerne les fidèles. Cette solution se justifie parce qu’elle donne plus de sécurité. C’est là l’opinion de l’imam Mâlik et de la plupart de ses adeptes. En effet, la présomption d’obligation a pour conséquence de contraindre les fidèles à accomplir cet acte, tandis que la présomption de simple recommandabilité pourrait les pousser à la négliger et à commettre un péché si l’acte était réellement obligatoire.


... d’après l’opinion de certains docteurs de notre rite ; d’autres, au contraire, estiment qu’il y a seulement présomption que l’acte est recommandable,

Commentaire :
Car cette présomption est la seule certaine, étant basée sur le verset cité plus haut (Cor. XXXIII-21), qui indique que l’imitation du Prophète est demandée aux fidèles, or, les prescriptions faites sous cette forme peuvent ne pas être obligatoires, surtout si, comme ici, elles ne sont pas impératives. Donc, ce que l’on peut affirmer du caractère de ce verset, c’est qu’il est recommandable, mais c’est peut-être aller trop loin que de le déclarer obligatoire.


D’autres enfin estiment qu’en ce cas il y a incertitude .

A SUIVRE...
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Alî » Sam Juil 09, 2011 2:23 pm

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ


Si les actes du Prophète sont autres que des manifestations de piété et de soumission à Allah, ils seront présumés avoir le caractère d’indifférence légale (ibâha).

Commentaire :
Tant en ce qui concerne le Prophète qu’en ce qui concerne les fidèles. Mais, cela n’est vrai que du caractère de l’acte pris « in abstracto », c’est-à-dire sans qualification. Ainsi, l’action de manger, in abstracto, a le caractère d’indifférence légale ; mais, manger, dans telle ou telle condition, manger, par exemple, du raisin deux grains par deux grains, a d’après certains malikites, le caractère de recommandabilité. D’autres docteurs estiment que l’acte, in abstracto ou non, a le caractère d’indifférence. Parmi les partisans de la première opinion, on cite l’imam Ahmed, qui, ne connaissant aucune tradition de nature à l’éclairer sur la façon dont le Prophète mangeait du melon, préférait s’en abstenir pour éviter de faire un acte non recommandable. Il résulte du texte de l’auteur que les actes du Prophète ne peuvent être que, obligatoires, recommandables ou indifférents, mais jamais prohibés –car le Prophète est infaillible – ni blâmables, ni susceptibles de mieux.


La confirmation, par le Législateur , des dires d’autrui leur donne la valeur de ses propres paroles.
Commentaire :
Il s’agit des paroles prononcées en présence d Prophète. Exemple : la confirmation par le Prophète de l’opinion d’Abou Bakr énonçant qu’il fallait donner la dépouille de l’ennemi à celui qui l’a tué.


La confirmation, par le législateur, des actes d’autrui, leur donne la valeur de ses propres actes .
[NDT : Il s’agit encore des actes faits en la présence du Prophète. Ainsi, l’approbation par le Prophète du fait que Khalid Ibn al-Walid avait mangé du lézard.]


Les actes faits de son temps, hors de sa présence, et dont il a eu connaissance, sans les désapprouver, sont assimilés aux actes faits en sa présence .
[NDT : Ainsi, le Prophète eut connaissance du serment fait par Abou Bakr, dans un moment de colère, de ne point prendre de nourriture. Or, Abou Bakr mangea, ayant compris que cela valait mieux. Cet acte est considéré comme ratifié par le Prophète qui ne l’a point désapprouvé.]
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Alî » Sam Juil 09, 2011 2:48 pm

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ


Peut-être est-il bon de rappeler la définition essentielle d'Uçûl el fiqh avant d'envisager un second exemple.

.
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Adam » Mar Juil 12, 2011 11:35 am

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ


وعليكما لسلام و رحمة الله و بركاته

Merci pour ce développement qui permet de mieux comprendre l'intérêt du Uçul-el Fiqh, notamment dans l'optique de "conformation" au Prophète ( la Prière d'Allah soit sur lui et la Paix).

As-salam alaykum wa rahmatu-Llah wa barakatu-H
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Mohammed Abdessalam » Dim Juil 24, 2011 3:54 pm

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ
السلام عليكم و رحمة الله و بركاته


Aux deux précédents ouvrages cités plus haut comme références principales qui serviront dans le cadre de ce sujet, j’ajoute le suivant :
« Les fondements du droit musulman » (‘Ilm ousoûl al-fiqh) – ‘Abd al-Wahhâb Khallâf - Préfacé par Abdel-Magid Turki – Editions AL-QALAM
Cet ouvrage présente un mode d’exposition à la fois plus explicite et plus détaillé. Il servira à donner ponctuellement un développement sur une notion particulière, in châ Allah.


« La science du fiqh (Droit musulman) analyse les actes et les dires de la personne majeure responsable. Elle traite de leur conformité ou non aux loix divines. Le juriste musulman (faqîh) examine les actes tels que la vente, la location, le gage, la délégation de pouvoir ; ainsi que les pratiques rituelles dont la prière ; le jeûne et le pèlerinage, et d’autres actes comme le vol, l’accusation d’ignominie, l’homicide, l’interrogatoire judiciaire, l’arrestation. Il cherche à établir la position de la Loi vis-à-vis de chacun de ces actes.

Quant à la science des fondements du Droit musulman (ouçoûl al-fiqh), elle s’intéresse à la théorie du Droit : elle analyse l’ensemble des sources du Droit musulman et la manière dont on en extrait toutes les prescriptions divines. Le spécialiste de l’étude des fondements du Droit, appelé en arabe ouçoûlî, étudie la légitimité religieuse du raisonnement analogique (qiyâs), les applications spécifiques d’une loi globale, la portée juridique d’un ordre divin, etc."
"Par le Temps ! * Le genre humain est, certes, en perdition * Sauf ceux qui croient, accomplissent les bonnes œuvres, se recommandent la vérité et se recommandent la patience."
السلام عليكم و رحمة الله و بركاته
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Re: GENERALITES SUR LES FONDEMENTS DU FIQH

Messagepar Mohammed Abdessalam » Dim Août 07, 2011 4:38 pm

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ
السلام عليكم و رحمة الله و بركاته

Selon la terminologie des sciences religieuses, la science du fiqh est la science ayant pour objet les prescriptions juridiques pratiques élaborées à partir d'indications * précises, ou c'est encore l'ensemble ERRATUM des prescriptions.
Leurs études ont permis aux ‘oulamâ de conclure que les sources de ces lois sont au nombre de quatre : le Coran, la sunna, le consensus entre les juristes (ijma’) et le raisonnement analogique (qiyas). La première et la plus fondamentale de ces sources est le Coran, vient ensuite la sunna qui élucide le Texte sacré, en spécifie les points généraux et qualifie les prescriptions indéfinies. La sunna apporte au Coran des éclaircissements et constitue un Texte complémentaire.

Les ‘oulamâ’ ont étudié chacune de ces sources et ont démontré qu’elles ont force de loi pour les croyants qui doivent donc s’y conformer. Ils ont également déterminé les conditions pour utiliser ces sources et se sont penchés sur les différentes catégories d’indications qui en permettent l’interprétation, et sur les catégories de prescriptions qui en découlent.

Par ailleurs, ils ont examiné les Textes, les règles de la langue arabe, ainsi que les prescriptions juridiques en usage qui permettent de dégager les lois à partir de ces indications. Ils se sont également intéressés au rôle des moujtahid qui interprètent les Textes pour en extraire des lois. Ils ont défini l’ijtihâd (effort d’interprétation juridique) et les conditions à remplir pour le pratiquer ainsi que l’imitation (taqlîd **) et son statut.
C’est l’ensemble de ces règles e t de ces études concernant, d’une part, les sources des lois et le slois elles-mêmes et, d’autre part, toutes les autres disciplines ***, s’y rapportant, qui constitue la science des fondements ou principes du Droit musulman (ouçoûl al-fiqh).

    * Une indication est le terme choisi pour traduire dalîl (pl. adilla), littéralement dalîl signifie preuve, indication, ou évidence. C’est une indication issue des sources du droit de laquelle on déduit une règle pratique.

    ** Ce terme s’oppose à celui d’ijtihâd. Le taqlîd est l’attitude qui consiste à se conformer aux opinions d’autrui et aux lois élaborées jusqu’alors, sans faire preuve d’innovation.

    *** Telles que la grammaire, la rhétorique, la biographie du Prophète (sall-Allah alayhi sa sallam), l’histoire des autres peuples, la médecine, etc.
p. 14
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