LA FONCTION DE "PORTEUR DE SAVOIR" (HÂMILU FIQH) EN ISLAM

LA FONCTION DE "PORTEUR DE SAVOIR" (HÂMILU FIQH) EN ISLAM

Messagepar Mohammed Abdessalam » Jeu Oct 27, 2011 10:39 am

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ
السلام عليكم و رحمة الله و بركاته


Nous avons souligné depuis plus d'une dizaine d'années, la mention de la fonction d'upaguru faite par René Guénon dans son oeuvre, notamment en relation avec l'Islam, à propos de la situation dans laquelle une tarîqah se trouve privé d'un Maître corporellement vivant.

Cette notion ayant fait l'objet de plusieurs études sur notre site, notamment pour montrer le caractère impersonnel qui doit toujours être maintenu dans la conscience de l'initié régulier, nous nous proposons maintenant de développer un travail qui visera, in châ Allah, à montrer comment ce qui est désigné par le terme d'upaguru, et surtout la fonction impersonnelle qui est ainsi évoquée, trouve des équivalents naturels en Islam et, particulièrement, au sein du Taçawwuf.

*


La première étape consistera, in châ Allah, à regrouper ici les références qui ont été postées sur le site et sur le forum du Porteur de Savoir, concernant les upaguru-s chez René Guénon, soit considérée en elle-même soit considérée en rapport avec celle de guru.

Voici un bref récapitulatif des principaux travaux concernés par ce thème :

- Remarques sur les qualifications du " transmetteur " et la réalité de l'initiation virtuelle - Olivier Courmes - Première parution : Vers la Tradition (2000)

- Influence spirituelle du Sheikh fondateur et Travail initiatique collectif - Olivier Courmes - Le Porteur de Savoir (2008)

- Aperçus sur le Maître spirituel " vivant " selon l'oeuvre de René Guénon - Maurice le Baot - Le Porteur de Savoir (2010)

- « Épître sur les Facettes du Cœur » – Ibn ‘Arabi – trad. M.Vâlsan (compte-rendu de Maurice le Baot) - Le Porteur de Savoir (2010)

- Rappels sur la dégénérescence et les adaptations cycliques - Maurice le Baot - Le Porteur de Savoir (2011)

- Le " Maître vivant " selon l'oeuvre de René Guénon : 22 conclusions - Maurice le Baot - Le Porteur de Savoir (2011)

- La question du Maître spirituel " vivant " et l'apport de René Guénon - Maurice le Baot - Le Porteur de Savoir (2011)

Et aussi :

- Les Règles de l'Initiation (Qawâ'id et-Taçawwuf) - (Commentaire de la règle 5 par Mohammed Abd es-Salâm) - Ahmed Zarruq - Le Porteur de Savoir (2011)

- L'enseignement initiatique ... si près de la fin des temps - Forum du Porteur de Savoir (2011)

- Enseignement initiatique " indirect " - Forum du Porteur de Savoir (2010)

- Modalités d'enseignement du Prophète - Forum du Porteur de Savoir (2010)
(à suivre, in châ Allah ...)
"Par le Temps ! * Le genre humain est, certes, en perdition * Sauf ceux qui croient, accomplissent les bonnes œuvres, se recommandent la vérité et se recommandent la patience."
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Re: LA FONCTION DE "PORTEUR DE SAVOIR" (HÂMILU FIQH) EN ISLA

Messagepar maurice_le_baot » Ven Nov 18, 2011 11:11 am

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ

Wa alaykum es-Salâm wa rahmatu-Llah


Voici plusieurs citations fondamentales de René Guénon (en italique) extraites de l’article "Remarques sur les qualifications du " transmetteur " et la réalité de l'initiation virtuelle" d’Olivier Courmes

« En traitant de l’absence du Maître spirituel formel (Guru) et de ses « prolongements » que sont les upagurus, Guénon précise : « Lorsque l’initiation proprement dite est conférée par quelqu’un qui ne possède pas les qualités requises pour remplir la fonction d'un Maître spirituel, et qui, par conséquent, agit uniquement comme « transmetteur » de l’influence attachée au rite qu’il accomplit, un tel initiateur peut aussi être assimilé proprement à un upaguru, qui a d’ailleurs comme tel une importance toute particulière et en quelque sorte unique en son genre, puisque c’est son intervention qui détermine réellement la « seconde naissance », et cela même si l’initiation doit demeurer simplement virtuelle ». […] l’auteur poursuit : « Ce cas est aussi le seul où l’upaguru doit forcément avoir conscience de son rôle, au moins à quelque degré ». p. 3

« Guénon, en parlant du Guru intérieur (qui est « lui, toujours présent dans tous les cas, puisqu’il ne fait qu’un avec le « Soi » lui-même ») précise que « comme le Guru humain, mais à un moindre degré et plus » partiellement » si l’on peut s’exprimer ainsi, les upagurus sont ses manifestations » p.4

« comme tels, ils sont [le Guru humain et les upagurus], pourrait-on dire, les apparences qu’il revêt [le Guru intérieur] pour communiquer, dans la mesure du possible, avec l’être qui ne peut encore se mettre en rapport avec lui, de sorte que la communication ne peut s’effectuer qu’au moyen de ces « supports » extérieurs » p. 4

« La réalité individuelle de l’être qui joue le rôle d’un upaguru n’est point affectée ni détruite par là ; si cependant elle s’efface en quelque sorte devant la réalité d’ordre supérieur dont il est le « support » occasionnel et momentané, c’est seulement pour celui à qui s’adresse spécialement le « message » dont,consciemment ou plus souvent inconsciemment, il est ainsi devenu le porteur.» p. 4

« Nous avons déjà insisté sur l'importance de ce rôle de « transmetteur », particulièrement en ce qui concerne les rites initiatiques ; c'est encore ce même rôle qui s'exerce à l'égard de la doctrine lorsqu'il s'agit d'une fonction d'enseignement ; et il y a d'ailleurs entre ces deux aspects, et par conséquent entre la nature des fonctions correspondantes, un rapport fort étroit en réalité, qui résulte directement du
caractère des doctrines traditionnelles elles-mêmes.
» p. 5

« Il faut ici se reporter à ce que nous avons dit précédemment au sujet de l'efficacité des rites : cette efficacité est essentiellement inhérente aux rites
eux-mêmes, en tant qu'ils sont les moyens d'action d'une influence spirituelle ; le rite agit donc indépendamment de ce que vaut, sous quelque rapport que ce soit, l'individu qui l'accomplit, et sans même qu'il soit aucunement nécessaire que celui-ci ait une conscience effective de cette efficacité […] Il faut seulement, si le rite est de ceux qui sont réservés à une fonction spécialisée, que l'individu ait reçu, de l'organisation traditionnelle dont il relève, le pouvoir de l'accomplir valablement ; nulle autre condition n'est requise, et, si ceci peut exiger, comme nous l'avons vu, certaines qualifications particulières, celles-ci, en tous cas, ne se réfèrent pas à la possession d'un certain degré de connaissance, mais sont seulement celles qui rendent possible à l'influence spirituelle d'agir en quelque sorte à travers l'individu, sans que la constitution particulière de celui-ci y mette obstacle. L'homme devient alors proprement un « porteur » ou un «transmetteur » de l'influence spirituelle ; c'est cela seul qui importe, car, devant cette influence d'ordre essentiellement supra-individuel, et par conséquent tant qu'il accomplit la fonction dont il est investi, son individualité ne compte plus et disparaît même entièrement.
» p7
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Re: LA FONCTION DE "PORTEUR DE SAVOIR" (HÂMILU FIQH) EN ISLA

Messagepar Mohammed Abdessalam » Ven Nov 25, 2011 12:26 am

Citation : "Remarques sur les qualifications du " transmetteur " et la réalité de l'initiation virtuelle" d’Olivier Courmes

« En traitant de l’absence du Maître spirituel formel (Guru) et de ses « prolongements » que sont les upagurus, Guénon précise : « Lorsque l’initiation proprement dite est conférée par quelqu’un qui ne possède pas les qualités requises pour remplir la fonction d'un Maître spirituel, et qui, par conséquent, agit uniquement comme « transmetteur » de l’influence attachée au rite qu’il accomplit, un tel initiateur peut aussi être assimilé proprement à un upaguru, qui a d’ailleurs comme tel une importance toute particulière et en quelque sorte unique en son genre, puisque c’est son intervention qui détermine réellement la « seconde naissance », et cela même si l’initiation doit demeurer simplement virtuelle ». […] l’auteur poursuit : « Ce cas est aussi le seul où l’upaguru doit forcément avoir conscience de son rôle, au moins à quelque degré ». p. 3

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Merci, sidi, pour votre travail

[centrer]Plus généralement

Ces rappels m'amènent quelques réflexions.

Les précisions sur les caractéristiques du transmetteur comme upaguru méritent qu'on s'y attarde, tant elles ont été, par le passé, l'objet de quelques méprises, qui en limitent grandement l'importance, pourtant soulignée formellement par l'auteur.

Je veux parler de l'insistance de René Guénon à dire qu'un tel upaguru transmetteur a "une importance toute particulière et unique en son genre" en ajoutant que " Ce cas est aussi le seul où l'upaguru doit forcément avoir conscience de son rôle, au moins à quelque degré ".

On a cru pouvoir minorer cette insistance, et l'application initiatique que l'on pouvait en faire, en faisant référence à une autre notion exposée par l'auteur qui précise que l'upaguru n'est en général pas conscient du rôle qu'il joue ni de la valeur de ce dont il est le support. (citation précise à venir in châ Allah).

Or, cette notion, si elle est bien valable pour l'ensemble des upaguru-s, ne veut bien sûr pas dire qu'il ne pourrait pas exister, parmi eux, des upaguru-s qui auraient une conscience réelle de leur fonction et/ou de ce qu'ils transmettent à l'intéressé.

Il serait donc logiquement et intellectuellement malhonnête d'affirmer qu'aucun upaguru, dans le cas général, puisse avoir une telle conscience.
Il le serait encore davantage d'affirmer que l'upaguru transmetteur n'aurait pas conscience de ce qu'il est et de ce qu'il fait puisque René Guénon affirme exactement le contraire en ce qui le concerne : " Ce cas est aussi le seul où l'upaguru doit forcément avoir conscience de son rôle, au moins à quelque degré ".

On aura in châ Allah l'occasion de revenir sur les rapports, déjà évoqués dans les citations précédentes, entre la transmission de l'influence spirituelle et de la doctrine, donc de l'enseignement, dans le cas général du Guru, ou Maître, mais aussi dans celui de l'upaguru particulier qu'est le transmetteur de l'influence spirituelle.


Remonté la dernière fois par Mohammed Abdessalam le Ven Nov 25, 2011 12:26 am.
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