LE SYMBOLISME DU POINT EN ISLAM

LE SYMBOLISME DU POINT EN ISLAM

Messagepar Mohammed Abdessalam » Sam Sep 25, 2010 6:03 pm

bismi-Llah er-Rahmân er-Rahîm - el-hamdu li-Llah - wa sall-Allah alâ Seyydinâ Mohammedin wa alâ Ali-hi wa Sahbi-hi wa sallam
es-Salâm alaykum wa rahmatu-Llah


Afin d'illustrer le symbolisme du point en Islam, nous utilisons dans ce fil des passages du Symbole sans pareil de l'Identité Suprême qui est une traduction annotée de Jâbir Clément-François du Traité sur le sens symbolique de la présence des Livres célestes au sein du point de « Bismi-Llâhi-r-Rah’mâni-r-Rah’îm »Kitâb el-unmûdhaj al-farîd al mushîr li-khâliçi t-tawhîd fî ‘ntiwa’ el-kutûb es-samâwiyah fî nuqtati Bismi-Llâhi-r-Rah’mâni-r-Rah’îm par le sheikh Ahmad ibn Muçtafâ el-‘Alawî de Mustaghânem -qu'Allah soit Satisfait de lui.

Allahumma salli alâ Seyydinâ Mohammedin wa alâ Ali-hi wa Sahbi-hi wa sallim taslîman
wa-s-salâm alaykum wa rahmatu-Llah
"Par le Temps ! * Le genre humain est, certes, en perdition * Sauf ceux qui croient, accomplissent les bonnes œuvres, se recommandent la vérité et se recommandent la patience."
السلام عليكم و رحمة الله و بركاته
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Re: Le symbolisme du Point en Islam

Messagepar Mohammed Abdessalam » Dim Sep 26, 2010 9:46 pm

bismi-Llah er-Rahmân er-Rahîm - el-hamdu li-Llah - wa sall-Allah alâ Seyydinâ Mohammedin wa alâ Ali-hi wa Sahbi-hi wa sallam
es-Salâm alaykum wa rahmatu-Llah


Préface de l’auteur


Louange à Allâh qui suffit (à toutes choses).


Salutation de Paix aux serviteurs qu’Il s’est choisis.

Ô Allâh, je Te mentionne par Ton Nom le Tout-miséricordieux Très-miséricordieux, et je Te demande la meilleure fin par Ta Science en ce qui concerne ce que nous consignons car c’est une chose importante. Je Te demande de nous guider droitement de manière à nous faire rejoindre Ton Chemin droit (évoqué dans les premiers mots du Qoran) et que nous soyons prémunis contre toute invalidité de compréhension, car moi je fais sortir le discours, mais c’est Toi qui parle (réellement), « nous n’avons aucune connaissance si ce n’est ce que Tu nous enseignes » (Qor. 2,32), c’est Toi le Savant Sage. Tu accordes Ta faveur à qui Tu veux. Tu es « le détenteur de la grande Faveur » (Qor. 2, 105). Je Te rends grâce, ô Allâh, pour ce que Tu nous a accordé, reconnaissant) que c’est une plénitude de Bien. Je Te demande, ô Allâh, de tout coeur, soumis et apaisé, de prodiguer Ta grâce unitive, une grâce accompagnée de magnification, sur celui dont Tu dis (dans le Qoran) : « Tu es vraiment fait d’un caractère immense » (Qor. 26, 137), « envers les croyants, doux et miséricordieux »1.
Et (que cette grâce s’étende) sur sa postérité (spirituelle) vertueuse dans cette
communauté.
Fais pleuvoir sur eux, ô Allâh, les nuages de la Miséricorde, car ce sont eux qui nous ramènent vers Toi, de sorte que par l’effet de Ta providence (‘inâyatika) nous ne voyions plus que Toi, et que, par l’effet de Ton ministère, nous ne nous tournions plus
que vers Toi.
Je Te demande de pardonner ma prétention à être, alors que toute chose (el-amr) procède de Toi et revient à Toi.

*


Le grand pécheur, le serviteur de son Seigneur, Ahmad ibn Muçtafâ el-’alâwî, dit : j’ai réuni ces lignes à la mesure de ce que la conscience (shu‘ûr) m’a permis. Ce qui suscita (finalement) l’éclosion (el-bâ‘ith ‘alâ tahrîrihâ) fut mon désir (de m’impliquer) dans cette matière (fann) importante.
Le sujet (ihtimâman) en est cet adage renommé (athar fakhîm) selon lequel « tout ce qui est dans les « écritures primordiales » (eç-çuhuf el-ûlâ2) est contenu (replié muntawî) dans le point de Bismi-Llâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm ». Je dis : il est rapporté dans la tradition (el-khabar) : « tout ce qui est dans les Livres révélés se trouve dans le Qoran, tout ce qui est dans le Qoran se trouve dans la Fâtihah, et tout ce qui est dans la Fâtihah se trouve dans Bismi-Llâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm ». Il est dit également : « tout ce qui est dans Bismi-Llâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm se trouve dans le Bâ, et tout ce qui est dans le Bâ’ se trouve dans le point qui est dessous ». El-jîlî a mentionné cette tradition dans son livre intitulé Al Kahf wa-r-Raqîm3. C’est un hadîth (dit) « marfû‘ »4, mais comme (‘indamâ) les plumes n’ont cessé de retracer (tadâwalat) cette notion et qu’elle a frappé l’ouïe de tout un chacun, tout le monde s’est enquis de ses secrets (tashawwafa li-maknûnâtihi) et chacun désire en découvrir les coulisses (makhba’ât). Tout le monde s’est emparé du sujet au point que l’émulation m’a pris et que, me pressant sur les pas (des autres), je me suis attaché à en retirer du parfum. La quintessence (‘arf min açlihi) m’en est ainsi parvenue et je l’ai extraite de son enveloppe (min bayni l-akâm). Je l’ai apportée aux plus grands connaissants et ils s’en sont nourris d’une main révérencieuse. Tous ont dit : « ce ne peut être qu’un ange merveilleux »5. Je réponds : ceci renvoie à (mubâyin li-) ma station spirituelle, c’est un lancer sans lanceur. A quoi répond l’état spirituel : « Tu n’as pas lancé lorsque tu as lancé mais c’est Allâh qui a lancé » (Qor. 8, 17)6.

........................................................
1 « Voici qu’il vous est venu un envoyé (issu) de vous-mêmes ; ... ce que vous commettez lui est très cher
(‘azîz) « avec (ou « envers ») les croyants » (Qor. 9, 128) « doux, miséricordieux ; alors s’ils se détournent ... »
(9, 129)
2 Expression Qoranique (Qor. 87, 18)
3 Il s’agit de l’ouvrage Al Kahf wa-r-Raqîm fi Sharh Bismi-Llâhi-r-Rahmâni-Rahîm que nous avons présenté
sous le titre Un Commentaire ésotérique de la Formule inaugurale du Qoran, éditions Al-Bourâq, 2002.
4 C’est-à-dire sujet à caution.
5 Reprenant le mot Qoranique des femmes d’Egypte à la vue de Joseph.
6 C’est-à-dire que ce verset correspond à l’état d’Identité suprême, état qui parle de lui-même.
7 Le hadîth cité comporte d’ailleurs les deux sens qui permettent ces deux attitudes opposées en apparence.
On peut être « exempt de foi » péjorativement (par le bas) ou positivement (par le haut). A ces deux niveaux
correspondent les deux niveaux de connaissance visés. Dans le premier cas, l’attitude n’est pas digne de la foi :
la définition de la foi implique en effet que l’on « aime pour son frère ce que l’on aime pour soi-même » (selon
le hadîth célèbre) ; elle impose donc qu’on le fasse profiter d’une connaissance qu’on détient. Dans le second
cas, l’attitude correspond au degré supérieur à la foi (el-ih’sân : perfection) qui implique la contemplation directe
des réalités divines (contemplation qui exempte de la nécessité de « croire »). La connaissance dont il s’agit n’est
alors plus communicable, par nature. Si elle est cachée c’est donc surtout parce qu’elle ne peut être reçue. On
n’est finalement tenu de communiquer une science qu’à la mesure du profit qu’en fera le bénéficiaire. Une
invocation célèbre du Prophète — qu’Allâh lui accorde Ses grâces unitives et pacifiques — peut également aider
à comprendre ces notions : « Mon Dieu, je me réfugie en Toi contre une connaissance qui ne profite pas ».

(à suivre ...)


Allahumma salli alâ Seyydinâ Mohammedin wa alâ Ali-hi wa Sahbi-hi wa sallim taslîman
wa-s-salâm alaykum wa rahmatu-Llah
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Re: LE SYMBOLISME DU POINT EN ISLAM

Messagepar Adam » Jeu Juil 14, 2011 10:26 am

بـــسْم ﭐلله ﭐلرّحْمٰن ﭐلرّحــيــم
ﭐللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَ عَلَى آلِهِ و صحبه وَ سَلِّمْ


السلام عليكم و رحمة الله و بركاته


Dans différentes formes traditionnelles, le symbole le plus habituel de la « chaîne des mondes » est le chapelet ou le rosaire ; et nous ferons tout d’abord remarquer à ce propos, en connexion avec ce que nous avons dit au début sur le « souffle » qui soutient les mondes, que la formule prononcée sur chaque grain correspond, en principe tout au moins, sinon tout à fait, à une respiration, dont les deux phases symbolisent respectivement ,comme on le sait, la production d’un monde et sa résorption.
[…]
Dans la tradition islamique, le nombre de grains est de 99, nombre qui est aussi circulaire, par son facteur 9, et qui ici se réfère en outre aux noms divins ; puisque chaque grain représente un monde, ceci peut-être également rapporté aux anges considérés comme « recteurs des sphères », chaque ange représentant ou exprimant en quelque sorte un attribut divin, auquel sera ainsi relié plus particulièrement celui des mondes dont il est l’ « esprit ». D’autre part, il est dit qu’il manque un grain pour compléter la centaine (ce qui équivaut à ramener la multiplicité à l’unité) puisque 99= 100-1, et que ce grain, qui est celui qui se rapporte au « nom de l’Essence » ( ismudh-dhat), ne peut être trouvé que dans le paradis ; c’est là un point qui demande encore quelques explications.
Le nombre 100, comme 10 dont il est le carré, ne peut normalement se référer qu’à une mesure rectiligne et non à une mesure circulaire, de sorte qu’il ne peut être compté sur la circonférence même de la « chaîne des mondes » ; mais l’unité manquante correspond précisément à ce que nous avons appelé le point de jonction des extrémités de la chaîne, point qui, rappelons- le encore, n’appartient pas à la série des états manifestés. Dans le symbolisme géométrique, ce point, au lieu d’être sur la circonférence qui représente l’ensemble de la manifestation, sera au centre même de cette circonférence, la rentrée dans le Principe étant toujours figurée comme un retour au centre 1.
[…]
Le retour au centre peut d’ailleurs être envisagé à deux niveaux différents, et le symbolisme du « Paradis » dont nous parlions tout à l’heure est également applicable dans l’un et l’autre cas : si d’abord on considère seulement les modalités multiples d’un certain état d’existence tel que l’état humain, l’intégration de ces modalités aboutira au centre de cet état, lequel est effectivement le Paradis ( El-Jannah) entendu dans son acceptation la plus immédiate et la plus littérale ; mais ce n’est là encore qu’un sens relatif, et, s’il s’agit de la totalité de la manifestation, il faut, pour en être affranchi sans aucune trace de l’existence conditionnée, effectuer une transposition du centre d’un état au centre de l’être total, qui est proprement ce qui est désigné par analogie comme le « Paradis de l’essence » ( Jannatu-dh-dhât). Ajoutons que dans ce dernier cas, le « centième grain » du rosaire est, à vrai dire, le seul qui subsiste, tous les autres étant finalement résorbés en lui : dans la réalité absolue, en effet, il n’y a plus place pour aucun des noms qui expriment « distinctement » la multiplicité des attributs ; il n’y a même plus Allahumma ( nom équivalent à l’hébreu Elohim), qui synthétise cette multiplicité d’attributs dans l’unité de l’Essence : il n’y a rien d’autre qu’Allah, exalté ammâ yaçifûn, c'est-à-dire au –delà de tous les attributs, qui sont seulement de la Vérité divine, les aspects réfractés que les êtres contingents comme tels sont capables d’en concevoir et d’en exprimer.

1 C’est ce « retour » qui est exprimé dans le Qoran ( II, 156) par les mots innâ li’Llahi wa innâ ilayhi râjiûn.

Symboles de la Science Sacrée ; René GUENON ; Symbolisme axial et symbolisme de passage ; chapitre LXI : LA CHAINE DES MONDES ; pp.351-355



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