Guénon par lui-même

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Grâce à la compréhension et à la générosité des Editions Traditionnelles, que nous remercions vivement ici, cette page accueille maintenant non seulement le travail (toujours en cours d’actualisation) qui a pour objectif de réaliser l’Index général des définitions données par René Guénon des termes qu’il utilise dans son œuvre.

L’Équipe éditoriale

 

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Index général des définitions

données par René Guénon

des termes qu’il utilise dans son œuvre

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equipedit (at) leporteurdesavoir.fr

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  • Regrouper uniquement les définitions données comme telles par l’auteur. Les passages qui, sans être réellement des définitions, contribuent à la compréhension de la notion étudiée ou ceux qui sont en réalité des développements effectués à partir de la définition pourront être saisis et collectés pour faire l’objet d’une parution secondaire, l’objectif premier du présent travail étant de se restreindre, autant que possible, à une forme minimale et directement accessible de la terminologie guénonienne ; ces données devront être aussi clairement que possible distinguées de celles qui définissent proprement les notions étudiées.

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1. Le titre de l’ouvrage en toutes lettres

2. Le nom du chapitre

3.  La pagination : n’est pas nécessaire. La faire suivre obligatoirement du nom de l’éditeur, puis de l’année d’édition.

Exemple :

1.  Introduction générales à l’étude des doctrines hindoues

2.  Difficultés linguistiques

3.  pp. 48-49, Véga, 1976

Soit finalement : Introduction générales à l’étude des doctrines hindoues, Difficultés linguistiques, pp. 48-49, Véga, 1976.

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« Guénon par lui-même »

Index général

des définitions données par l’auteur

des termes qu’il utilise dans son œuvre

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ABSOLU

« […] il n’y a de degrés que dans le relatif, et ce qui est absolu n’est pas susceptible de « plus » ou de « moins » (« plus » et « moins » devant ici être pris analogiquement, et non pas dans leur seule acception quantitative). »

Les états multiples de l’être, Notion métaphysique de la liberté

« Dès lors que l’Univers est vraiment un tout, ou plutôt le Tout absolu, il ne peut y avoir nulle part aucun cycle fermé : deux possibilités identiques ne seraient qu’une seule et même possibilité ; pour qu’elles soient véritablement deux, il faut qu’elles diffèrent par une condition au moins, et alors elles ne sont pas identiques. »

L’Erreur Spirite, La réincarnation

« On pourrait dire encore que Brahma est le Tout absolu, par là même qu’Il est infini, mais que, d’autre part, si toutes choses sont en Brahma, elles ne sont point Brahma en tant qu’elles sont envisagées sous l’aspect de la distinction, c’est-à-dire précisément en tant que choses relatives et conditionnées, leur existence comme telles n’étant d’ailleurs qu’une illusion vis-à-vis de la réalité suprême ; »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Unité et identité essentielles du « Soi » dans tout les états de l’être

« le tout absolu ne peut être une partie de quelque chose, et l’universel ne saurait être enfermé ou compris dans quoi que ce soit. »

Introduction Générale à l’Étude des Doctrines hindoues, Pensée métaphysique et pensée philosophique

« l’idée de l’Infini, qui est en réalité la plus positive de toutes, puisque l’Infini ne peut être que le tout absolu, ce qui, n’étant limité par rien, ne laisse rien en dehors de soi, cette idée disons-nous, ne peut s’exprimer que par un terme de forme négative, parce que, dans le langage, toute affirmation directe est forcément l’affirmation de quelque chose, c’est-à-dire une affirmation particulière et déterminée ; mais la négation d’une détermination ou d’une limitation est proprement la négation d’une négation, donc une affirmation réelle, de sorte que la négation de toute détermination équivaut au fond à l’affirmation absolue et totale. »

Introduction Générale à l’Étude des Doctrines hindoues, Pensée métaphysique et pensée philosophique

« Dans les remarques précédentes, nous avons simplement voulu indiquer comment la production des nombres à partir de l’Unité symbolise les différentes phases de la manifestation de l’Être dans leur succession logique à partir du principe, c’est-à-dire de l’Être lui-même, qui est identique à l’Unité ; et même, si l’on fait intervenir le Zéro comme précédant l’Unité primordiale, on peut remonter ainsi au-delà de l’Être, jusqu’au Non-Être, c’est-à-dire jusqu’à l’Absolu. »

Mélanges, Remarques sur la production des nombres

« […] l’Infini ne peut avoir ni opposé ni complémentaire, et il ne peut entrer en corrélation avec quoi que ce soit, pas plus avec le zéro qu’avec l’unité ou avec un nombre quelconque ; étant le Tout absolu, il contient aussi bien le Non-Être que l’Être, de sorte que le zéro lui-même, dès lors qu’il n’est pas un pur néant, doit nécessairement être considéré comme compris dans l’Infini. »

Mélanges,Remarques sur la notation mathématique

« tout principe relatif, par là même qu’il n’en est pas moins véritablement principe dans son ordre, est une image naturelle, quoique plus ou moins lointaine, et comme un reflet du Principe absolu et suprême. »

Symboles de la Science sacrée, L’Éther dans le cœur

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ACHINTYA (sanskrit)

« […] impensable (achintya, ne pouvant être revêtu d’aucune forme) »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, L’état inconditionné d’âtmâ

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ABHISAMBHAVA (sanskrit)

« […] car il y a là une véritable « transmutation » (abhisambhava) opérée dans les éléments subtils de l’individualité. »

Aperçus sur l’Initiation, Sacrements et rites initiatiques

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ADAM QADMON (hébreu)

« le Grand Architecte est identique à l’Adam Qadmon, c’est-à-dire à l’Homme Universel »

Études sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage, tome 2, À propos du Grand Architecte de l’Univers

« El insânul-qadîm, c’est-à-dire l’« Homme primordial » est, en arabe, une des désignations de l’« Homme universel » (synonyme d’El-insânul-kâmil, qui est littéralement l’« Homme parfait » ou total) ; c’est exactement l’Adam Qadmôn hébraïque. »

Formes traditionnelles et Cycles cosmiques, Qabbalah

« De même que Manu est le prototype de l’homme (mânava), le couple Purusha-Prakriti, par rapport à un état d’être déterminé, peut être considéré comme équivalent, dans le domaine d’existence qui correspond à cet état, à ce que l’ésotérisme islamique appelle l’« Homme Universel » (El-Insânul-kâmil). C’est l’Adam Qadmôn de la Qabbalah hébraïque ; c’est aussi le « Roi » (Wang) de la tradition extrême-orientale (Tao-te-king, XV). »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Purusha et Prakriti

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 ÂDITYAS (sanskrit)

« l’un des douze Adityas, qui sont regardés comme autant de formes du Soleil, en correspondance avec les douze signes du Zodiaque »

Écrits pour Regnabit, À propos du Poisson

« Il est dit que les Adityas (issus d’Aditi ou l’« Indivisible ») furent d’abord sept avant d’être douze, et que leur chef était alors Varuna. Les douze Adityas sont : Dhâtri, Mitra, Aryaman, Rudra, Varuna, Sûrya, Bhaga, Vivaswat, Pûshan, Savitri, Twashtri, Vishnu. Ce sont autant de manifestations d’une essence unique et indivisible ; et il est dit aussi que ces douze Soleils apparaîtront tous simultanément à la fin du cycle, rentrant alors dans l’unité essentielle et primordiale de leur nature commune. – Chez les Grecs, les douze grands Dieux de l’Olympe sont aussi en correspondance avec les douze signes du Zodiaque. »

Le Roi du Monde, Les trois fonctions suprêmes

« Il est remarquable que cet arbre, d’après le symbolisme apocalyptique, porte alors douze fruits, qui sont, comme nous l’avons dit ailleurs, assimilables aux douze Âdityas de la tradition hindoue, ceux-ci étant douze formes du soleil qui doivent apparaître toutes simultanément à la fin du cycle, rentrant alors dans l’unité essentielle de leur nature commune, car ils sont autant de manifestations d’une essence unique et indivisible, Aditi, qui correspond à l’essence une de l’« Arbre de Vie » lui-même, tandis que Diti correspond à l’essence duelle de l’« Arbre de la Science du bien et du mal .»

Le Symbolisme de la Croix, L’Arbre du Milieu

« […] et les douze aspects du Soleil se rapportant à chacun des signes, c’est-à-dire les douze Adityas de la tradition hindoue, apparaissent sous la forme des douze fruits de l’« Arbre de Vie », qui, placé au centre de la ville, « rend son fruit chaque mois », c’est-à-dire précisément suivant les positions successives du Soleil dans le Zodiaque au cours du cycle annuel. »

Symboles de la Science sacrée, Le Zodiaque et les points cardinaux

« Les Adityas sont les fils d’Aditi, et l’idée d’« indivisibilité » qu’exprime ce nom implique évidemment « indissolubilité », donc « immortalité » ; Aditi n’est d’ailleurs pas sans rapport, à certains égards, avec l’« essence végétative », par là même qu’elle est considérée comme « déesse de la terre», en même temps qu’elle est par ailleurs la « mère des Dêvas » ; et l’opposition d’Aditi et de Diti, dont procède celle des Dêvas et des Asuras, peut être rattachée sous le même rapport à celle de l’«  Arbre de Vie » et de l’« Arbre de Mort » dont nous avons parlé dans l’étude précédente. »

Symboles de la Science sacrée, L’Arbre de Vie et le breuvage d’immortalité

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ADWAITA (sanskrit)

« Dieu est une Essence sans dualité (adwaita), mais qui subsiste dans une double nature, d’où la distinction du « Suprême » (para) et du « Non-Suprême » (apara) auxquels correspondent, à des points de vue divers, toutes les dualités dont un des termes, étant subordonné à l’autre, est contenu « éminemment » dans celui-ci »

Études sur l’Hindouisme, commentaire du livre d’Ananda K. Coomaraswamy. Hinduism and Buddhism

« Dans le Non-Être, il n’y a pas de multiplicité, et, en toute rigueur, il n’y a pas non plus d’unité, car le Non-Être est le Zéro métaphysique, auquel nous sommes obligé de donner un nom pour en parler, et qui est logiquement antérieur à l’unité ; c’est pourquoi la doctrine hindoue parle seulement à cet égard de « non-dualité » (adwaita), ce qui, d’ailleurs, doit encore être rapporté à ce que nous avons dit plus haut sur l’emploi des termes de forme négative. »

Les états multiples de l’être, Rapports de l’unité et de la multiplicité

 « […] quant à la Possibilité universelle envisagée au-delà de l’Être, c’est-à-dire comme le Non-Être, on ne peut pas parler d’unité, comme nous l’avons dit plus haut, puisque le Non-Être est le Zéro métaphysique, mais on peut du moins, en employant toujours la forme négative, parler de « non-dualité » (adwaita). »

Les états multiples de l’être, Notion métaphysique de la liberté

« Nous rappellerons à ce propos que le Vêdânta, par là même qu’il est purement métaphysique, est essentiellement la « doctrine de la non-dualité » (adwaita-vâda) »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Purusha et Prakriti

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AGARTTHA

« le noyau est ce qu’il y a de plus intérieur et de plus caché, et il est entièrement fermé, d’où l’idée d’« inviolabilité » (que l’on retrouve dans le nom de l’Agarttha) »

Le Roi du Monde, « Luz » ou le séjour d’immortalité

« Avant sa disparition du monde visible, ce centre [= le Centre Suprême] portait un autre nom, car celui d’Agarttha, qui signifie « insaisissable » ou « inaccessible » (et aussi « inviolable », car c’est le « séjour de la Paix », Salem), ne lui aurait pas convenu alors »

Le Roi du Monde, Le centre suprême caché pendant le « Kali-Yuga »

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 AGNI (sanskrit)

« […] c’est de la même façon exactement que, dans la tradition hindoue, Agni, en tant qu’il est l’Avatâra par excellence, a aussi Twashtri pour père adoptif lorsqu’il prend naissance dans le Cosmos »

Études sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage, tome 2, Maçons et charpentiers

 « Yâjnavalkya, de yajna-vaktri, « Promulgateur du sacrifice », qui est proprement un nom d’Agni, représente en réalité l’« Avatâra éternel »

Études sur l’Hindouisme, année 1938

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AHANKÂRA (sanskrit)

« […] la conscience individuelle (ahankâra) »

Études sur l’Hindouisme, Kundalinî Yoga

 « […] cette forme déterminée (ahankâra ou « conscience du moi ») est celle qui est inhérente à la faculté que nous appelons le « mental », c’est-à-dire précisément à ce « sens interne » qui est désigné en sanscrit sous le nom de manas, et qui est véritablement la caractéristique de l’individualité humaine »

Les états multiples de l’être, Le mental, élément caractéristique de l’individualité humaine

 « Prakriti, racine de tout, n’est pas production. Sept principes, le grand (Mahat, qui est le principe intellectuel ou Buddhi) et les autres (ahankâra ou la conscience individuelle, qui engendre la notion du « moi », et les cinq tanmâtras ou déterminations essentielles des choses), sont en même temps productions (de Prakriti) et productifs (par rapport aux suivants). »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Purusha et Prakriti

 « Comme nous l’avons déjà indiqué, cette conscience qui est le troisième principe du Sânkhya, donne naissance à la notion du « moi » (aham, d’où le nom d’ahankâra, littéralement « ce qui fait le moi »), car elle a pour fonction propre de prescrire la conviction individuelle (abhimâna), c’est-à-dire précisément la notion que « je suis » concerné par les objets externes (bâhya) et internes (abhyantara), qui sont respectivement les objets de la perception (pratyaksha) et de la contemplation (dhyâna) »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Buddhi ou l’Intellect supérieur

« […] Au degré suivant, au contraire, nous trouvons la conscience individuelle, ahankâra, qui procède du principe intellectuel par une détermination « particulariste » (…) »

Introduction Générale à l’Étude des Doctrines hindoues, Le Sânkhya

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AISHWARYA (sanskrit)

« La possession des attributs divins est appelée en sanskrit aishwarya comme étant une véritable « connaturalité », avec Îshwara. »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, CHAPITRE VIII – MANAS OU LE SENS INTERNE ; LES DIX FACULTÉS EXTERNES DE SENSATION ET D’ACTION

«  […] ce qui est appelé aishwarya, c’est-à-dire la participation à l’essence d’Îshwara (…) »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Vidêha-mukti et Jîvan-mukti

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AJNÂNA (sanskrit)

Certains voudraient traduire avidyâ ou ajnâna par « nescience » et non par « ignorance » ; nous avouons ne pas voir clairement la raison de cette subtilité. »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, La Délivrance finale

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ÂKÂSHA (sanskrit)

« Nous rappellerons que les cinq éléments reconnus par la doctrine hindoue sont les suivants : âkâsha, l’éther ; vâyu, l’air ; têjas, le feu ; ap, l’eau ; prithvî, la terre. »

Études sur l’Hindouisme, La théorie hindoue des cinq éléments

« Les cinq bhûtas sont, dans l’ordre de leur production ou de leur manifestation (ordre correspondant à celui qui vient d’être indiqué pour les tanmâtras, puisqu’à chaque élément appartient en propre une qualité sensible), l’Éther (Âkâsha), l’Air (Vâyu), le Feu (Têjas), l’Eau (Ap) et la Terre (Prithwî ou Prithivî) ; et c’est d’eux qu’est formée toute la manifestation grossière ou corporelle. »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Manas ou le sens interne ; les dix facultés externes de sensation et d’action

«  (…) ce serait une erreur de penser que la potentialité pure et simple peut se trouver à l’origine de notre monde, qui n’est qu’un degré d’existence parmi les autres ; l’âkâsha, malgré son état d’indifférenciation, n’est pourtant pas dépourvu de toute qualité, el il est déjà « spécifié » en vue de la production de la seule manifestation corporelle ; il ne saurait donc aucunement être confondu avec Prakriti, qui, étant absolument indifférenciée, contient par là même en elle la potentialité de toute manifestation. »

Initiation et Réalisation spirituelle, Les deux nuits

«  Âkâsha, l’Éther, qui est considéré comme l’élément le plus subtil et celui dont procèdent tous les autres (formant, par rapport à son unité primordiale, un quaternaire de manifestation), occupe tout l’espace physique, ainsi que nous l’avons dit : « L’Éther, qui est répandu partout, pénètre en même temps l’extérieur et l’intérieur des choses » (citation de Shankarâchârya, dans Le Démiurge, chap. I, 1re partie du présent livre, p. 9).

Mélanges, Les conditions de l’existence corporelle

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ALCHIMIE

« Kêmi, en langue égyptienne, signifie « terre noire » ; de ce mot est venu celui d’alchimie (al n’étant que l’article en arabe), qui désignait originairement la science hermétique, c’est-à-dire la science sacerdotale de l’Égypte. »

Écrits pour Regnabit, La Terre Sainte et le Cœur du Monde

« L’alchimie, qu’on pourrait définir comme étant pour ainsi dire la « technique » de l’hermétisme, est bien réellement un « art royal », si l’on entend par là un mode d’initiation plus spécialement approprié à la nature des Kshatriyas »

Formes traditionnelles et Cycles cosmiques, La Tradition hermétique

« La véritable alchimie était essentiellement une science d’ordre cosmologique, et, en même temps, elle était applicable aussi à l’ordre humain, en vertu de l’analogie du « macrocosme » et du « microcosme » ; en outre, elle était constituée expressément en vue de permettre une transposition dans le domaine purement spirituel, qui conférait à ses enseignements une valeur symbolique et une signification supérieure, et qui en faisait un des types les plus complets des « sciences traditionnelles » »

La Crise du Monde Moderne, Science sacrée et science profane

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ÂME

« De plus, peut-être à cause de l’insuffisance du mot « âme », qui peut désigner à peu près indifféremment tout ce qui n’est pas « corps », c’est-à-dire des choses aussi diverses que possible (…) »

Articles et Comptes Rendus, Comptes-rendus de livres

« (Note) Cette remarque peut aider à définir les rapports de l’« esprit » (er-rûh) et de l’« âme » (en-nefs), celle-ci étant proprement le « principe vital » de chaque être particulier. »

Aperçus sur l’Initiation, « Verbum, lux et vita »

« (…) le sang constitue effectivement l’un des liens de l’organisme corporel avec l’état subtil de l’être vivant, lequel est proprement l’« âme » (nepheshhaiah de la Genèse), c’est-à-dire, au sens étymologique (anima), le principe animateur ou vivificateur de l’être. »

Formes traditionnelles et Cycles cosmiques, Quelques remarques sur le nom d’Adam

« (Note) La racine an se retrouve, avec la même signification dans le grec ανεμος, « souffle » ou « vent », et dans le latin anima « âme », dont le sens propre et primitif est exactement celui de « souffle vital ».

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Les envellopes du « Soi » ; les cinq Vâyus ou fonctions vitales

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AMRITÂ (sanskrit)

« Ce que figure proprement le Soma, c’est le « breuvage d’immortalité » (l’Amritâ des Hindous, l’Ambroisie des Grecs, deux mots étymologiquement semblables), qui confère ou restitue, à ceux qui le reçoivent avec les dispositions requises, ce « sens de l’éternité » dont il a été question précédemment. »

Écrits pour Regnabit, Le Sacré-Cœur et la Légende du Saint Graal

« Ainsi, le mot sanscrit amrita se traduit bien littéralement par « immortalité », mais il s’applique exclusivement à un état qui est supérieur à tout changement, car l’idée de « mort » est ici étendue à un changement quelconque. »

L’erreur spirite, Immortalité et survivance

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ANALOGIE

«  Toute véritable analogie doit être appliquée en sens inverse : c’est ce que figure le symbole bien connu du « sceau de Salomon », formé de l’union de deux triangles opposés. Ainsi, par exemple, de même que l’image d’un objet dans un miroir est inversée par rapport à l’objet, ce qui est le premier ou le plus grand dans l’ordre principiel et, du moins en apparence, le dernier ou le plus petit dans l’ordre de la manifestation. Pour prendre des termes de comparaison dans le domaine mathématique, comme nous l’avons fait à ce propos afin de rendre la chose plus aisément compréhensible, c’est ainsi que le point géométrique et nul quantitativement et n’occupe aucun espace, bien qu’il soit (et ceci sera précisément expliqué plus complètement par la suite) le principe par lequel est produit l’espace tout entier, qui n’est que le développement ou l’extension de ses propres virtualités. C’est ainsi également que l’unité arithmétique est le plus petit des nombres si on l’envisage comme situé dans leur multiplicité, mais qu’elle est le plus grand en principe, puisqu’elle les contient tous virtuellement et produit toute leur série par la seule répétition indéfinie d’elle-même ».

Le Symbolisme de la Croix, chap. II

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ANGE

« Suivant la conception orthodoxe, un ange, en tant qu’« intermédiaire céleste », n’est pas autre chose au fond que l’expression même d’un attribut divin dans l’ordre de la manifestation informelle, car c’est là seulement ce qui permet d’établir, à travers lui, une communication réelle entre l’état humain et le Principe même, dont il représente ainsi un aspect plus particulièrement accessible aux êtres qui sont dans cet état humain. C’est d’ailleurs ce que montrent très nettement les noms mêmes des anges, qui sont toujours, en fait, la désignation de tels attributs divins ; c’est ici surtout, en effet, que le nom correspond pleinement à la nature de l’être et ne fait véritablement qu’un avec son essence même. »
Symboles de la Science sacrée, Les « racines des plantes »

« […] Il est remarquable que certains appliquent notamment cette expression à ce qui concerne les anges et les démons, qui effectivement « représentent » les états supérieurs et inférieurs de l’être, et qui d’ailleurs ne peuvent évidemment être décrits que symboliquement par des termes empruntés au monde sensible »
Aperçus sur l’Initiation, Le symbolisme du théâtre

« Si les états « angéliques » sont les états supra-individuels qui constituent la manifestation informelle, on ne peut attribuer aux anges aucune des facultés qui sont d’ordre proprement individuel ; par exemple, comme nous l’avons dit plus haut, on ne peut les supposer doués de raison, ce qui est la caractéristique exclusive de l’individualité humaine, et ils ne peuvent avoir qu’un mode d’intelligence purement intuitif. »
Les états multiples de l’être, Les hiérarchies spirituelles

« […] On pourrait opposer à cet égard, à l’adage scolastique de la décadence, les conceptions de saint Thomas d’Aquin lui-même sur le monde angélique, « ubi omne individuum est species infima », c’est-à-dire que les différences entre les anges ne sont pas l’analogue des « différences individuelles » dans notre monde (le terme individuum lui-même est donc impropre ici en réalité, et il s’agit effectivement d’états supra-individuels), mais celui des « différences spécifiques » ; la raison véritable en est que chaque ange représente en quelque sorte l’expression d’un attribut divin, comme on le voit d’ailleurs clairement par la constitution des noms dans l’angélologie hébraïque. »
Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Unité et « simplicité »

« […] les anges sont littéralement les « messagers » divins. »
Symboles de la Science sacrée, L’Octogone

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ÂNANDAMAYA-KOSH (Sanskrit).

« Purusha ou Âtmâ, se manifestant comme jîvâtmâ dans la forme vivante de l’être individuel, est regardé, selon le Vêdânta, comme se revêtant d’une série d’« enveloppes » (koshas) ou de « véhicules » successifs, représentant autant de phases de sa manifestation, et qu’il serait d’ailleurs complètement erroné d’assimiler à des « corps », puisque c’est la dernière phase seulement qui est d’ordre corporel. Il faut bien remarquer, du reste, qu’on ne peut pas dire, en toute rigueur, qu’Âtmâ soit en réalité contenu dans de telles enveloppes, puisque, de par sa nature même, il n’est susceptible d’aucune limitation et n’est nullement conditionné par quelque état de manifestation que ce soit 1 . La première enveloppe (ânandamaya-kosha, la particule maya signifiant « qui est fait de » ou « qui consiste en » ce que désigne le mot auquel elle est jointe) n’est autre chose que l’ensemble même de toutes les possibilités de manifestation qu’Âtmâ comporte en soi, dans sa « permanente actualité », à l’état principiel et indifférencié. »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Unité et identité essentielles du « Soi » dans tous les états de l’être

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ANDROGYNE

« (…) À ce point de vue, l’union des complémentaires devra donc être considérée comme constituant l’« Androgyne » primordial dont parlent toutes les traditions ; sans nous étendre davantage sur cette question, nous pouvons dire que ce qu’il faut entendre par là, c’est que, dans la totalisation de l’être, les complémentaires doivent effectivement se trouver en équilibre parfait, sans aucune prédominance de l’un sur l’autre. Il est à remarquer, d’autre part, qu’à cet « Androgyne » est en général attribuée symboliquement la forme sphérique, qui est la moins différenciée de toutes, puisqu’elle s’étend également dans toutes les directions, et que les Pythagoriciens regardaient comme la forme la plus parfaite et comme la figure de la totalité universelle »

Le Symbolisme de la Croix, L’union des complémentaires

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AOR (hébreu)

« (…) En outre, si Aor est bien exclusivement la lumière, Agni est le principe igné envisagé intégralement (l’ignis latin étant d’ailleurs exactement le même mot), donc à la fois comme lumière et comme chaleur »

Écrits pour Regnabit, Le Cœur rayonnant et le Cœur enflammé

 

APARA-BRAHMA (sanskrit)

« Wou-ki correspond, dans la tradition hindoue, au Brahma neutre et suprême (Para-Brahma), et Tai-ki à Îshwara ou au Brahma « non-suprême » (Apara-Brahma) »

La Grande Triade, Différents genres de ternaires

« C’est en tant que nirguna que Brahma est kârana, et en tant que saguna qu’il est kârya ; le premier est le « Suprême » ou Para-Brahma, et le second est le « Non-Suprême » ou Apara-Brahma (qui est Îshwara) ; mais il n’en résulte point que Brahma cesse en quelque façon d’être « sans dualité » (adwaita), car le « Non-Suprême » lui-même n’est qu’illusoire en tant qu’il se distingue du « Suprême », comme l’effet n’est rien qui soit vraiment et essentiellement différent de la cause. Notons qu’on ne doit jamais traduire Para-Brahma et Apara-Brahma par « Brahma supérieur » et « Brahma inférieur », car ces expressions supposent une comparaison ou une corrélation qui ne saurait aucunement exister. »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Unité et identité essentielles du « Soi » dans les états multiples de l’être.

 

APÛRVA (sanskrit)

« Pour revenir à la Mîmânsâ après cette digression, nous signalerons encore une notion qui y joue un rôle important : cette notion, qui est désignée par le mot apûrva, est de celles qui sont difficiles à expliquer dans les langues occidentales ; nous allons néanmoins essayer de faire comprendre en quoi elle consiste et ce qu’elle comporte. Nous avons dit dans le chapitre précédent que l’action, bien différente de la connaissance en cela comme en tout le reste, ne porte pas ses conséquences en elle-même : sous ce rapport, l’opposition est, au fond, celle de la succession et de la simultanéité, et ce sont les conditions mêmes de toute action qui font qu’elle ne peut produire ses effets qu’en mode successif. Cependant pour qu’une chose puisse être cause, il faut qu’elle existe actuellement, et c’est pourquoi le vrai rapport causal ne peut être conçu que comme un rapport de simultanéité : si on le concevait comme un rapport de succession, il y aurait un instant où quelque chose qui n’existe plus produirait quelque chose qui n’existe pas encore, supposition qui est manifestement absurde. Donc, pour qu’une action, qui n’est en elle-même qu’une modification momentanée, puisse avoir des résultats futurs et plus ou moins lointains, il faut qu’elle ait, dans l’instant même où elle s’accomplit, un effet non perceptible présentement, mais qui, subsistant d’une façon permanente, relativement tout au moins, produira ultérieurement, à son tour, le résultat perceptible. C’est cet effet non-perceptible, potentiel en quelque sorte, qui est appelé apûrva, parce qu’il est surajouté et non antérieur à l’action ; il peut être regardé, soit comme un état postérieur de l’action elle-même, soit comme un état antécédent du résultat, l’effet devant toujours être contenu virtuellement dans sa cause, dont il ne pourrait procéder autrement.

D’ailleurs, même dans le cas où un certain résultat paraît suivre immédiatement l’action dans le temps, l’existence intermédiaire d’un apûrva n’en est pas moins nécessaire, dès lors qu’il y a encore succession et non parfaite simultanéité, et que l’action, en elle-même, est toujours séparée de son résultat. De cette façon, l’action échappe à l’instantanéité, et même, dans une certaine mesure, aux limitations de la condition temporelle ; en effet, l’apûrva, germe de toutes ses conséquences futures n’étant pas dans le domaine de la manifestation corporelle et sensible, est en dehors du temps ordinaire, mais non en dehors de toute durée, car il appartient encore à l’ordre des contingences. Maintenant, l’apûrva peut pour une part, demeurer attaché à l’être qui a accompli l’action, comme étant désormais un élément constitutif de son individualité envisagée dans sa partie incorporelle, où il persistera tant que celle-ci durera elle-même, et, pour une autre part, sortir des bornes de cette individualité pour entrer dans le domaine des énergies potentielles de l’ordre cosmique ; dans cette seconde partie, si on se le représente, par une image sans doute imparfaite, comme une vibration émise en un certain point, cette vibration, après s’être propagée jusqu’aux confins du domaine où elle peut atteindre, reviendra en sens inverse à son point de départ, et cela, comme l’exige la causalité, sous la forme d’une réaction de même nature que l’action initiale. C’est là, très exactement, ce que le Taoïsme, de son côté, désigne comme les « actions et réactions concordantes » »

Introduction Générale à l’Étude des Doctrines hindoues, La Mîmânsâ

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ARTIFEX

« L’artifex, pour les anciens, c’est, indifféremment, l’homme qui exerce un art ou un métier ; mais ce n’est, à vrai dire, ni l’artiste ni l’artisan au sens que ces mots ont aujourd’hui ; c’est quelque chose de plus que l’un et que l’autre, parce que, originairement tout au moins, son activité est rattachée à des principes d’un ordre beaucoup plus profond. »

Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Métiers anciens et industrie moderne

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ÂRYA (sanskrit)

« (Note) dans l’Inde, la troisième caste, celle des Vaishya, dont les fonctions propres sont celles de l’ordre économique, est admise aussi à une initiation lui donnant droit aux qualifications, qui lui sont ainsi communes avec les deux premières, d’ârya ou « noble » et de dwija ou « deux fois né » »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, Fonction du sacerdoce et de la royauté

« le terme sanskrit ârya, dont on a tiré le nom de cette race hypothétique, n’a jamais été en réalité qu’une épithète distinctive s’appliquant aux seuls hommes des trois premières castes, et cela indépendamment du fait d’appartenir à telle ou telle race, dont la considération n’a pas à intervenir ici. »

Introduction Générale à l’Étude des Doctrines hindoues, Principe d’unité des civilisations orientales

« (Note) Les dénominations d’Iran et deTuran, dont on a voulu faire des désignations de races, représentent en réalité respectivement les peuples sédentaires et les peuples nomades ;Iran ou Airyana vient du mot arya (d’oùârya par allongement), qui signifie « laboureur » (dérivé de la racine ar, qui se retrouve dans le latin arare,arator, et aussi arvum, « champ ») ; et l’emploi du mot ârya comme désignation honorifique (pour les castes supérieures) est, par suite, caractéristique de la tradition des peuples agriculteurs. »

Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Caïn et Abel

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ATIVARNA (sanskrit)

« (…) les initiés de l’Agarttha sontativarna, c’est-à-dire « au-delà des castes » ».

Le Roi du Monde, Royauté et pontificat

« (Note) C’est ce qu’indique, dans la tradition hindoue, le mot Hamsa, donné comme le nom de la caste unique qui existait à l’origine, et désignant proprement un état qui est ativarna, c’est-à-dire au-delà de la distinction des castes actuelles. »

Aperçus sur l’Initiation, Des conditions de l’initiation

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ATIVARNÂSHRAMÎ (sanskrit)

« l’homme qui a atteint un certain degré de réalisation est dit ativarnâshramî, c’est-à-dire au delà des castes (varnas) et des stades de l’existence terrestre (âshramas) ; aucune des distinctions ordinaires ne s’applique plus à un tel être, dès lors qu’il a dépassé effectivement les limites de l’individualité, même sans être encore parvenu au résultat final. »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, La Délivrance finale

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 AUTORITE SPIRITUELLE

« …L’autorité spirituelle, intérieure par essence, ne s’affirme que par elle-même, indépendamment de tout appui sensible, et s’exerce en quelque sorte invisiblement ; si l’on peut encore ici parler de puissance ou de force, ce n’est que par transposition analogique, et, du moins dans le cas d’une autorité spirituelle à l’état pur, si l’on peut dire, il faut bien comprendre qu’il s’agit alors d’une puissance toute intellectuelle, dont le nom est « sagesse », et de la seule force de la vérité. »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. I

« […] cette autorité est comme le pivot autour duquel tournent toutes les choses contingentes, l’axe fixe autour duquel le monde accomplit sa révolution, le pôle ou le centre immuable qui dirige et règle le mouvement cosmique sans y participer. »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, Dépendance de la Royauté à l’égard du Sacerdoce

« Nous avons dit que la caste supérieure, celle des Brâhmanas, a pour fonction essentielle de conserver et de transmettre la doctrine traditionnelle ; c’est là sa véritable raison d’être, puisque c’est sur cette doctrine que repose tout l’ordre social, qui ne saurait trouver ailleurs les principes sans lesquels il n’y a rien de stable ni de durable. Là où la tradition est tout, ceux qui en sont les dépositaires doivent logiquement être tout ; ou du moins, comme la diversité des fonctions nécessaires à l’organisme social entraîne une incompatibilité entre elles et exige leur accomplissement par des individus différents, ces individus dépendent tous essentiellement des détenteurs de la tradition, puisque, s’ils ne participaient effectivement à celle-ci, ils ne pourraient non plus participer efficacement à la vie collective : c’est là le sens vrai et complet de l’autorité spirituelle et intellectuelle qui appartient aux Brâhmanas. »

Introduction Générale à l’Étude des Doctrines hindoues, L’enseignement traditionnel

« […] la même négation a aussi pour conséquence, dans un autre ordre, le rejet de toute autorité spirituelle, celle-ci étant nécessairement de source « supra-humaine ». »

Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Les postulats du rationalisme

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AVARNA (sanskrit)

« (…) dans une organisation sociale traditionnelle un être peut être en dehors des castes de deux façons, soit parce qu’il est au-dessus d’elles (ativarna), soit parce qu’il est au-dessous (avarna), et il est évident que ce sont là deux extrêmes opposés. »

Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, Le double sens de l’anonymat

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AVATÂRA (sanskrit)

« (…) au centre du plan médian lui-même se situe Hiranyagarbha, qui apparaît ainsi dans le Cosmos comme l’« Avatâra éternel », et qui est par là même identique à l’« Homme Universel ». »

La Grande Triade, Le triple temps

« En somme, sa manifestation est proprement la « redescente du Ciel en Terre » dont parle la Table d’Émeraude, et l’être qui apporte ainsi les influences célestes en ce monde, après les avoir « incorporées » à sa propre nature, peut être dit représenter véritablement le Ciel par rapport au domaine humain. »

La Grande Triade, Le « triratna »

« (note) On peut remarquer que par-là se rejoignent d’une certaine façon la conception du Prophète et celle de l’Avatâra, qui procèdent en sens inverse l’une de l’autre, la seconde partant de la considération du principe qui se manifeste, tandis que la première part de celle du « support » de cette manifestation »

Aperçus sur l’Ésotérisme islamique et le Taoïsme, Er-Rûh

« (…) elle peut être une allusion à l’Incarnation, ou, d’une façon plus générale, à la manifestation du Verbe dans le Monde, considérée en quelque sorte comme une « descente » (c’est le sens exact du terme sanscrit avatâra, qui désigne toute manifestation divine). »

Écrits pour Regnabit, Le Cœur du Monde dans la Kabbale hébraïque

« (…) nombre d’Hindous orthodoxes n’hésitent pas à le regarder comme un Avatâra, c’est-à-dire comme une « manifestation divine » (…) »

Introduction Générale à l’Étude des Doctrines hindoues, À propos du Bouddhisme

« (…) un caractère proprement « avatârique », c’est-à-dire la montre effectivement comme une « descente » (c’est le sens propre du mot avatâra) par laquelle un principe, ou un être qui représente celui-ci parce qu’il lui est identifié, est manifesté dans le monde extérieur, ce qui, évidemment, ne saurait en aucune façon altérer l’immutabilité du Principe comme tel. »

Initiation et Réalisation spirituelle, Réalisation ascendante et descendante

« le sens propre du terme avatâra est « descente » du Principe divin dans le monde manifesté. »

Symboles de la Science sacrée, Quelques aspects du symbolisme du poisson

« (Note) de là aussi, en sanscrit, divers termes contenant étymologiquement l’idée de « traverser », y compris celui d’Avatâra, qui exprime littéralement une « traversée descendante » (avatarana), c’est-à-dire la « descente » d’un Sauveur. »

Symboles de la Science sacrée, Le passage des eaux

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AVIDYÂ (sanskrit)

« (…) et c’est en ce sens que l’illusion est aussi « ignorance » (avidyâ), c’est-à-dire précisément le contraire ou l’inverse de la « Sagesse » (…)»

Études sur l’Hindouisme, « Mâyâ »

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AVYAKTA (sanskrit)

« Elle est indifférenciée (avyakta) (…) »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Purusha et Prakriti

« Cet état d’indifférenciation, dans lequel toute la connaissance, y compris celle des autres états, est centralisée synthétiquement dans l’unité essentielle et fondamentale de l’être, est l’état non-manifesté ou « non-développé » (avyakta), principe et cause (kârana) de toute la manifestation, et à partir duquel celle-ci est développée dans la multiplicité de ses divers états, et plus particulièrement, en ce qui concerne l’être humain, dans ses états subtil et grossier. Ce non-manifesté, conçu comme racine du manifesté (vyakta) qui n’est que son effet (kârya), est identifié sous ce rapport à Mûla-Prakriti, la « Nature primordiale » ;»

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, L’état de sommeil profond ou la condition de prâjna

« Cet état d’indifférenciation, dans lequel toute la connaissance (y compris celle des autres états) est centralisée synthétiquement dans l’unité de l’être, est l’état non-manifesté (avyakta), principe et cause de toute la manifestation, dont les objets (tant externes qu’internes) ne sont point détruits, mais subsistent en mode principiel, le Soi (âtman) demeurant conscient par lui-même de sa propre existence dans l’« éternel présent ». »

La Gnose, La constitution de l’être humain et son évolution posthume selon le Vêdânta

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AXE (du Monde)

« Cet axe invariable, en effet, est le « support divin » de toute existence ; il est, comme l’enseignent les doctrines extrême-orientales, la direction selon laquelle s’exerce l’« Activité du Ciel », le lieu de manifestation de la « Volonté du Ciel».

Symboles de la Science sacrée, Le grain de sénevé

« […] cet « invariable milieu » est proprement le point de rencontre de l’« Axe du Monde » (selon la direction duquel s’exerce l’« Activité du Ciel ») avec le domaine des possibilités humaines ; en d’autres termes, c’est seulement le centre de l’état humain, qui n’est qu’une image réfléchie du Centre universel. »

Écrits pour Regnabit, Le Centre du Monde dans les doctrines extrême-orientales

« […] le trait vertical n’est autre que l’axe qui unit effectivement entre eux tous les états d’existence, tandis que le centre où se situe l’« homme primordial », et qui est marqué dans le caractère par le point de rencontre du trait vertical avec le trait médian horizontal, au milieu de celui-ci, ne se rapporte qu’à un seul état, qui est l’état individuel humain »

La Grande Triade, le « Wang » ou le Roi-Pontife

« […] Or nous verrons par la suite que l’axe vertical, qui relie tous les états de l’être en les traversant en leurs centres respectifs, est le lieu de manifestation de ce que la tradition extrême-orientale appelle l’« Activité du Ciel », qui est précisément l’activité « non-agissante » de Purusha, par laquelle sont déterminées en Prakriti les productions qui correspondent à toutes les possibilités de manifestation. »

Le Symbolisme de la Croix, L’union des complémentaires

« De ce qui précède, il résulte que le pas de l’hélice, élément par lequel les extrémités d’un cycle individuel, quel qu’il soit, échappent au domaine propre de l’individualité, est la mesure de la « force attractive de la Divinité ». L’influence de la « Volonté du Ciel » dans le développement de l’être se mesure donc parallèlement à l’axe vertical »

« L’axe vertical représente alors le lieu métaphysique de la manifestation de la « Volonté du Ciel » »

« nous voyons que l’axe vertical est déterminé comme expression de la « Volonté du Ciel » dans le développement de l’être, ce qui détermine en même temps la direction des plans horizontaux, représentant les différents états, et la correspondance horizontale et verticale de ceux-ci, établissant leur hiérarchisation. »

Le Symbolisme de la Croix, Signification de l’axe vertical ; l’influence de la Volonté du Ciel »

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BÂLYA (sanskrit)

« Cette « simplicité », c’est aussi ce qui est désigné ailleurs comme l’état d’« enfance » (en sanscrit bâlya), entendu naturellement au sens spirituel, et qui, dans la doctrine hindoue, est considéré comme une condition préalable pour l’acquisition de la connaissance par excellence. »

Aperçus sur l’Ésotérisme islamique et le Taoïsme, El-Faqru

«  (…) ces trois attributs sont dans l’ordre ascendant, bâlya, pânditya et mauna. Le premier de ces mots désigne littéralement un état comparable à celui d’un enfant (bâla) : c’est un stade de « non-expansion », si l’on peut ainsi parler, où toutes les puissances de l’être sont pour ainsi dire concentrées en un point, réalisant par leur unification une simplicité indifférenciée, apparemment semblable à la potentialité embryonnaire. C’est aussi, en un sens un peu différent, mais qui complète le précédent (car il y a là à la fois résorption et plénitude), le retour à l’« état primordial » dont parlent toutes les traditions, et sur lequel insistent plus spécialement le Taoïsme et l’ésotérisme islamique »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta,  Vidêha-Mukti et Jîvan-Mukti

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BARAKAH (arabe)

«  (…) une « influence spirituelle » (nous employons cette expression pour rendre aussi exactement que possible la signification du mot arabe barakah) »

Aperçus sur l’Ésotérisme islamique et le Taoïsme, L’ésotérisme islamique

«  (…) des « influences spirituelles » (nous préférons cette expression au mot « bénédictions » pour traduire l’hébreu berakoth, d’autant plus que c’est là le sens qu’a gardé très nettement en arabe le mot barakah) »

Le Roi du Monde, La « Shekinah » et « Metatron »

« (…) une organisation peut avoir « perdu l’esprit » (ou ce qu’on appelle en arabe la barakah), par intrusion de la politique ou autrement, et garder néanmoins son symbolisme intact, tout en ne le comprenant plus. »

Aperçus sur l’Ésotérisme chrétien, Le langage secret de Dante et des “Fidèles d’Amour” (I)

(note) La tradition musulmane enseigne aussi que la barakah peut se perdre ; d’autre part, dans la tradition extrême- orientale également, le « mandat du Ciel » est révocable lorsque le souverain ne remplit pas régulièrement ses fonctions, en harmonie avec l’ordre cosmique lui-même.

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, Dépendance de la royauté à l’égard du sacerdoce

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BHAKTI (sanskrit)

« […] même si l’on veut rendre bhakti, en langage occidental, par « dévotion » comme on le fait le plus ordinairement, bien que ce ne soit là tout au plus qu’une acception dérivée et que le sens premier et essentiel du mot soit en réalité celui de « participation », ainsi que l’a montré M. Ananda K. Coomaraswamy, « dévotion » n’est pas « service », ou, du moins, ce serait exclusivement « service divin » »

Aperçus sur l’Initiation, Initiation et « service »

 

« […] la voie qui lui convient est la voie qu’on pourrait appeler « dévotionnelle », s’il est permis de se servir d’un tel mot pour rendre, assez imparfaitement d’ailleurs, le terme sanscrit de bhakti, c’est-à-dire la voie qui prend pour point de départ un élément d’ordre émotif.»

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, Nature respective des brâhmanes et des kshatriyas

 

« (Note) […] dans ses dérivés, comme bhaga et surtout bhakti, les idées prédominantes sont celles de vénération, d’adoration, de respect, de dévouement ou d’attachement. »

Études sur l’Hindouisme, Âtma-Gîtâ

 

« Quant à la notion même de bhakti, des idées comme celles d’« amour » et de « renonciation » ne suffisent peut-être pas à la définir, surtout si, comme c’est ici le cas, on ne cherche pas à les rattacher à son sens premier, qui est celui de « participation ». »

Études sur l’Hindouisme, compte-rendu de Bhakti-Yoga de Swâmî-Vivêkânanda

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BHAKTI-YOGA (sanskrit)

« En sanscrit, on donne le nom de Bhakti-Yoga à une forme inférieure et incomplète de Yoga, qui se réalise, soit par les œuvres (karma), soit par tout autre moyen d’acquérir des mérites, c’est-à-dire de réaliser un développement individuel. Bien que ne pouvant dépasser le domaine de l’individualité, cette réalisation est quelque chose de plus que celle dont nous venons de parler, car elle s’étend à l’individualité intégrale, et non plus seulement à l’individualité corporelle ; mais elle ne peut jamais être équivalente à la communion totale dans l’Universel, qui est la Râdja-Yoga. »

La Gnose, La prière et l’incantation

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 V18 – 15 juin 2016

BHÛ (sanskrit)

« […] ils sont appelés en sanscrit bhûtas, mot dérivé de la racine verbale bhû, qui signifie « être », mais plus particulièrement au sens de « subsister » c’est-à-dire qui désigne l’être manifesté envisagé sous son aspect « substantiel » (l’aspect « essentiel » étant exprimé par la racine as) ; par suite, une certaine idée de « devenir » s’attache aussi à ce mot, car c’est du côté de la « substance » qu’est la racine de tout « devenir », par opposition à l’immutabilité de l’« essence » »

Études sur l’Hindouisme, La théorie hindoue des cinq éléments

« […] les deux racines as et bhû ne sont certes pas synonymes, mais leur rapport correspond exactement à celui de l’« essence » et de la « substance » ; en toute rigueur, le mot « être » devrait effectivement être réservé à la traduction de la première et des termes qui s’y rattachent, tandis que l’idée exprimée par la seconde est proprement celle d’« existence », en entendant par-là l’ensemble de toutes les modifications qui dérivent de Prakriti. Il va de soi que cette idée d’« existence » implique en quelque façon celle de « devenir », mais aussi qu’elle ne s’y réduit point tout entière, car, dans l’aspect « substantiel » auquel elle se réfère, il y a aussi l’idée de « subsistance » »

Études sur l’Hindouisme, La théorie hindoue des cinq éléments

« […] la Terre (Bhû, c’est-à-dire le monde corporel ou le domaine de la manifestation grossière) […] »

L’Homme et son Devenir selon le Vêdânta, Le « voyage divin » de l’être en voie de libération

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BETYLE

«  […] une pierre sacrée, ce qu’on appelle souvent un « bétyle » ; et ce dernier mot est encore des plus remarquables. Il semble, en effet, que ce ne soit pas autre chose que l’hébreu Beith-El, « maison de Dieu » […] »

Écrits pour Regnabit, L’Omphalos, Symbole du Centre

« Le « bétyle » est proprement la représentation de l’Omphalos, c’est-à-dire un symbole du « Centre du Monde », qui s’identifie tout naturellement à l’« habitacle divin » »

« le « bétyle » était une « pierre prophétique », une « pierre qui parle », c’est-à-dire une pierre qui rendait des oracles, ou auprès de laquelle les oracles étaient rendus, grâce aux « influences spirituelles » dont elle était le support »

« Les « bétyles » sont donc essentiellement des pierres sacrées, mais qui n’étaient pas toutes d’origine céleste »

Symboles de la Science sacrée, Les pierres de foudre

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 CONNAISSANCE ET ACTION

« …Toute connaissance porte son fruit en elle-même, bien différente en cela de l’action qui n’est qu’une modification momentanée de l’être et qui est toujours séparée de ses effets. Ceux-ci, du reste, sont du même domaine et du même ordre d’existence que ce qui les a produit ; l’action ne peut avoir pour effet de libérer de l’action, et ses conséquences ne s’étendent pas au-delà des limites de l’individualité, envisagée d’ailleurs dans l’intégralité de l’extension dont elle est susceptible. L’action, quelle qu’elle soit, n’étant pas opposée à l’ignorance qui est la racine de toute limitation, ne saurait la faire évanouir :

Seule la connaissance dissipe l’ignorance comme la lumière du soleil dissipe les ténèbres et c’est alors que le « Soi », l’immuable et éternel principe de tous les états manifestés et non-manifestés, apparaît dans sa suprême réalité. »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. I

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CONNAISSANCE THEORIQUE

« La connaissance théorique, n’est qu’une préparation, d’ailleurs indispensable, de la véritable connaissance. Elle est du reste la seule qui soit communicable d’une certaine façon, et encore ne l’est-elle pas complètement ; c’est pourquoi toute exposition n’est qu’un moyen d’approcher de la connaissance, et cette connaissance, qui n’est tout d’abord que virtuelle, doit ensuite être réalisée effectivement. »

La Métaphysique Orientale

« La connaissance théorique, étant indirecte et imparfaite, n’a en elle-même qu’une valeur « préparatoire », en ce sens qu’elle fournit une direction qui empêche d’errer dans la réalisation, par laquelle seule peut être obtenue la connaissance effective »

Doctrine et méthode (Repris dans le volume posthume « Initiation et réalisation spirituelle »)

 « Il faut posséder des données théoriques inébranlables et fort étendues avant de songer à tenter la moindre réalisation. L’acquisition même de ces données n’est pas une tâche si aisée pour des Occidentaux ; en tout cas, et nous n’y insisterons jamais trop, elle est ce par quoi il faut nécessairement débuter, elle constitue l’unique préparation indispensable, sans laquelle rien ne peut être fait, et dont dépendent essentiellement toutes les réalisations ultérieures, dans quelque ordre que ce soit ».

Orient et Occident (IIème partie, Chap. III)

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 CONTINGENCE

« …Le changement, n’ayant pas en lui-même sa raison suffisante (c’est là, proprement, la définition de la contingence) doit recevoir d’un principe supérieur sa loi, par laquelle seule, il s’intègre à l’ordre universel. »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. IX

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 COSMOLOGIE

« … La cosmologie n’est pas la métaphysique, bien qu’elle en dépende assez étroitement ; elle n’en est qu’une application à l’ordre physique, et les vraies lois naturelles ne sont que des conséquences dans un domaine relatif et contingent, des principes universels et nécessaires. »

La Métaphysique Orientale

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 CREER

« si « créer » est synonyme de « faire de rien », suivant la définition unanimement admise, mais peut-être insuffisamment explicite, il faut assurément entendre par là, avant tout, de rien qui soit extérieur au Principe ; en d’autres termes, celui-ci, pour être « créateur », se suffit à lui-même, et n’a pas à recourir à une sorte de « substance » située hors de lui et ayant une existence plus ou moins indépendante, ce qui, à vrai dire, est du reste inconcevable. »

Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme, chap. IX

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 CÛFI

« Pour ce qui est de la dérivation de ces désignations, elles viennent évidemment du mot çûfi ; mais, au sujet de celui-ci, il y a lieu tout d’abord de remarquer ceci : c’est que personne ne peut jamais se dire çûfi, si ce n’est par pure ignorance, car il prouve par là même qu’il ne l’est pas réellement, cette qualité étant nécessairement un « secret » (sirr) entre le véritable çûfi et Allâh ; on peut seulement se dire mutaçawwuf, terme qui s’applique à quiconque est entré dans la « voie » initiatique, à quelque degré qu’il soit parvenu ; mais le çûfi, au vrai sens de ce mot, et seulement celui qui a atteint le degré suprême. On a prétendu assigner au mot çûfi lui-même des origines fort diverses ; mais cette question, au point de vue où l’on se place le plus habituellement, et sans doute insoluble : nous dirions volontiers que ce mot a trop d’étymologies supposées, et ni plus ni moins plausibles les unes que les autres, pour en avoir véritablement une ; en réalité, il faut y voir plutôt une dénomination purement symbolique, une sorte de « chiffre », si l’on veut, qui, comme tel, n’a pas besoin d’avoir une dérivation linguistique à proprement parler ;(…) Le çûfi véritable est donc celui qui possède cette Sagesse, ou, en d’autres termes, il est el ‘ârif bi-Llâh, c’est-à-dire «celui qui connaît par Dieu», car Il ne peut être connu que par Lui-même ; et c’est bien là le degré suprême est «total» dans la connaissance de la haqîqah. »

« Ainsi, il est un aphorisme suivant lequel « le çûfî (on doit bien faire attention qu’il ne s’agit pas ici du simple mutaçawwuf) n’est pas créé » (Eç-çûfî lam yukhlaq) ; cela revient à dire que son état est au-delà de la condition de «créature», et en effet, en tant qu’il a réalisé l’«Identité Suprême», donc qu’il est actuellement identifié au Principe ou à l’Incréé, il ne peut nécessairement être lui-même qu’incréé. »

Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme, chap. I et IX

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 DELIVRANCE ET UNION

« Ce but suprême, c’est l’état absolument inconditionné, affranchi de toute limitation ; pour cette raison même, il est entièrement inexprimable, et tout ce qu’on peut en dire ne se traduit que par des termes de forme négative : négation des limites qui déterminent et définissent toute existence dans sa relativité  L’obtention de cet état, c’est ce que la doctrine hindoue appelle la « Délivrance », quand elle la considère par rapport aux états conditionnés, et aussi l’ « Union », quand elle l’envisage par rapport au Principe suprême. »

« Cet état final est (…) l’absolue plénitude, la réalité suprême vis à vis de laquelle tout le reste n’est qu’illusion. »

La Métaphysique Orientale

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 DÉSORDRE

« … Parler de stabilité du désordre est une contradiction dans les termes, puisqu’il n’est pas autre chose que le changement réduit à lui-même… »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. IX

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DÎKSHÂ (sanskrit)

« Il faut remarquer qu’une « transmutation » comme celle dont nous parlions tout à l’heure a lieu en fait, non pas seulement dans le cas des samskâras, mais aussi dans celui des rites initiatiques (dîkshâ) 1

[1] Le mot dîkshâ est, en sanscrit, celui qui signifie proprement « initiation », bien que parfois il faille le rendre plutôt par « consécration » (cf., sur la. connexion de ces deux idées, ce que nous avons dit plus haut des différents sens du verbe grec mueô) ; en effet, dans certains cas, par exemple quand il s’agit d’une personne qui offre un sacrifice, la « consécration » désignée par le terme dîkshâ n’a qu’un effet temporaire, étant valable seulement pour la durée du sacrifice lui-même, et devra être renouvelée si, par la suite, la même personne vient à offrir un autre sacrifice, fût-il de la même espèce que le premier ; il est donc impossible de reconnaitre alors à cette « consécration » le caractère d’une initiation au vrai sens de ce mot, puisque, comme nous l’avons déjà dit, toute initiation est nécessairement quelque chose de permanent, qui est acquis une fois, pour toutes et ne saurait jamais se perdre dans quelques circonstances que ce soit. »

Aperçus sur l’Initiation, Sacrements et rites initiatiques

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 DON DES LANGUES

« …il y aura synthèse quand on partira de l’unité même, et quand on ne la perdra jamais de vue à travers la multiplicité de ses manifestations ce qui implique qu’on a atteint, en dehors et au-delà des formes, la conscience de la vérité principielle qui se revêt de celles-ci pour s’exprimer et se communiquer dans la mesure du possible. Dès lors, on pourra se servir de l’une ou de l’autre de ces formes, suivant qu’il y aura avantage à le faire, exactement de la même façon que l’on peut pour traduire une même pensée, employer des langages différents selon les circonstances, afin de se faire comprendre des divers interlocuteurs à qui l’on s’adresse ; c’est là, d’ailleurs, ce que certaines traditions désignent symboliquement comme le « don des langues ». Les concordances entre toutes les formes traditionnelles représentent, pourrait-on dire, des « synonymies » réelles ; »

Le Symbolisme de la Croix, Avant-propos

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 ESPACE

« (…) L’espace, même envisagé dans toute l’extension dont il est susceptible, n’est rien de plus qu’une condition spéciale contenue dans un des degrés de l’Existence universelle, et à laquelle (d’ailleurs unie ou combinée à d’autres conditions du même ordre) sont soumis certains des domaines multiples compris dans ce degré de l’Existence, domaines dont chacun est, dans le « macrocosme », l’analogue de ce qui est dans le « microcosme » la modalité correspondante de l’état d’être situé dans ce même degré ».

Le Symbolisme de la Croix, chap. XVIII

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 ESPÈCE

« L’espèce, en effet, n’est pas un principe transcendant par rapport aux individus qui en font partie ; elle est elle-même de l’ordre des existences individuelles et ne le dépasse pas ; elle se situe donc au même niveau dans l’Existence universelle, et l’on peut dire que la participation à l’espèce s’effectue selon le sens horizontal ; »

Le Symbolisme de la Croix, chap. XXII

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 ESPRIT TRADITIONNEL

« …un esprit vraiment conforme aux principes dont tout dépend, esprit qui est ce que nous appelons l’esprit traditionnel au véritable sens de ce mot… »

Le Symbolisme de la Croix, Avant-propos

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 ÉTATS ANGELIQUES

«  … sont en effet identiques aux états supra-individuels de l’être. »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. VIII

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 ÉTAT INDIVIDUEL

«  L’ensemble des domaines contenant toutes les modalités d’une même individualité, domaines qui, comme nous l’avons dit, sont en multitude indéfinie, et dont chacun est encore indéfini en extension, cet ensemble, disons-nous, constitue un degré de l’Existence universelle, lequel, dans son intégralité, contient une indéfinité d’individus. Il est bien entendu que nous supposons, en tout ceci, un degré de l’Existence qui comporte un état individuel, dès lors que nous avons pris pour type l’état humain ; mais tout ce qui se rapporte aux modalités multiples est également vrai dans un état quelconque, individuel ou non-individuel, car la condition individuelle ne peut apporter que des limitations restrictives, sans toutefois que les possibilités qu’elle inclut perdent pour cela leur indéfinité.

(Note : nous rappelons qu’un état individuel est, comme nous l’avons dit plus haut, un état qui comprend la forme parmi ses conditions déterminantes, de sorte que manifestation individuelle et manifestation formelle sont des expressions équivalentes.) »

Le Symbolisme de la Croix, chap. XI

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 ÉTAT PRIMORDIAL

« Cette réalisation de l’individualité intégrale est désignée par toutes les traditions comme la restauration de ce qu’elles appellent l’ « état primordial », état qui est regardé comme celui de l’homme véritable, et qui échappe déjà à certaines des limitations caractéristiques de l’état ordinaire, notamment à celle qui est due à la condition temporelle.

L’être qui atteint cet « état primordial » n’est encore qu’un individu humain. Il n’est en possession effective d’aucun état supra-individuel ; et pourtant il est dès lors affranchi du temps, la succession apparente des choses s’est transmuée pour lui en simultanéité ; Il possède consciemment une faculté qui est inconnue à l’homme ordinaire et que l’on peut appeler le « sens de l’éternité »

La Métaphysique Orientale

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 ÉTATS DE MANIFESTATION ET DE NON-MANIFESTATION

« Les états de non-manifestation sont essentiellement extra-individuels, et, de même que le « Soi » principiel dont ils ne peuvent être séparés, il ne sauraient en aucune façon être individualisés ; quant aux états de manifestation, certains sont individuels, tandis que d’autres sont non-individuels, différence qui correspond, suivant ce que nous avons indiqué, à la distinction de la manifestation formelle et de la manifestation informelle. Si nous considérons en particulier le cas de l’homme, son individualité actuelle, qui constitue à proprement parler l’état humain, n’est qu’un état de manifestation parmi une indéfinité d’autres, qui doivent être tous conçus comme également possibles et, par là même, comme existant au moins virtuellement, sinon comme effectivement réalisé pour l’être que nous envisageons, sous un aspect relatif et partiel, dans cet état individuel humain ».

Le Symbolisme de la Croix, chap. I

 

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 EXISTENCE

« nous venons de dire que le mot « exister » ne peut pas s’appliquer proprement au non-manifesté, c’est-à-dire en somme à l’état principiel ; en effet, pris dans son sens strictement étymologique (du latin ex-stare), ce mot indique l’être dépendant à l’égard d’un principe autre que lui-même, ou, en d’autres termes, celui qui n’a pas en lui-même sa raison suffisante, c’est-à-dire l’être contingent, qui est la même chose que l’être manifesté. Lorsque que nous parlerons de l’existence, nous entendrons donc par là la manifestation universelle, avec tous les états ou degrés qu’elle comporte, degrés dont chacun peut être désigné également comme un « monde », et qui sont en multiplicité indéfinie ; mais ce terme ne conviendrait plus au-delà de l’Etre pur, principe de toute la manifestation est lui-même non-manifesté ni, à plus forte raison, à ce qui est au-delà de l’Être même. »

Le Symbolisme de la Croix, Chap. I

« (…) L’existence est loin d’être toute la Possibilité, conçue comme véritablement universelle et totale, en dehors et au-delà de toutes les limitations, y compris même cette première limitation que constitue la détermination la plus primordiale de toutes, nous voulons dire l’affirmation de l’Être pur. »

Le Symbolisme de la Croix, Chap. I

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 EXOTÉRISME ET ESOTERISME

« De toutes les doctrines traditionnelles, la doctrine islamique est peut-être celle où est marqué le plus nettement la distinction de deux parties complémentaires l’une de l’autre, que l’on peut désigner comme l’exotérisme et l’ésotérisme. Ce sont, suivant la terminologie arabe, es-shariyah, c’est-à-dire littéralement la «grande route», commune à tous, et el-haqîqah, c’est-à-dire la « vérité » intérieure, réservée à l’élite, non en vertu d’une décision plus ou moins arbitraire, mais par la nature même des choses, parce que tous ne possèdent pas les aptitudes ou les « qualifications » requises pour parvenir à sa connaissance. On les compare souvent, pour exprimer leur caractère respectivement «extérieur» et «intérieur», à l’«écorce» et au «noyau» (el-qishr wa el-lobb), ou encore à la circonférence et à son centre. La shariyah comprend tout ce que le langage occidental désignerait comme proprement « religieux », et notamment tout le côté social et législatif qui, dans l’Islam, s’intègrent essentiellement à la religion ; on pourrait dire qu’elle est avant tout règle d’action, tandis que la haqîqah est connaissance pure ; mais il doit être bien entendu que c’est cette connaissance qui donne à la shariyah même son sens supérieur est profond et sa vraie raison d’être, de sorte que, bien que tous ceux qui participent à la tradition n’en sont pas conscients, elle en est véritablement le principe, comme le centre l’est de la circonférence. Mais ce n’est pas tout: on peut dire que l’ésotérisme comprend non seulement la haqîqah mais aussi les moyens destinés à y parvenir ; et l’ensemble de ces moyens est appelé tarîqah, «voie» ou «sentier» conduisant de la shariyah vers la haqîqah. Si nous reprenons l’image symbolique de la circonférence, la tarîqah sera représentée par le rayon allant de celle-ci au centre ; et nous voyons alors ceci : à chaque point de la circonférence correspond un rayon, et tous les rayons, qui sont aussi en multitude indéfinie, aboutissent également au centre. On peut dire que ces rayons sont autant de turuq adaptées aux êtres adaptés aux êtres qui sont «situés» aux différents points de la circonférence, selon la diversité de leur nature individuelle; c’est pourquoi il est dit que «les voies vers Dieu sont aussi nombreuses que les âmes des hommes» (et-tu-ruqu ila’Llâhi ka-nufûsi bani Adam) ; ainsi, les «voies» sont multiples, et d’autant plus différentes entre elles qu’on les envisage plus près de leur point de départ sur la circonférence, mais le but est un, car il n’y a qu’un seul centre est qu’une seule vérité. »

Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme, chap. I

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FORMES

«…ce qui est dépassé, c’est le monde des formes dans son acception la plus générale, comprenant tous les états individuels quels qu’ils soient, car la forme est la condition commune à tous ces états, celle par laquelle se définit l’individualité comme telle. »

La Métaphysique Orientale

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 GUERRE

« ce qui vient d’être dit sur la « paix » résidant au point central nous amène, quoique ceci puisse paraître une digression, à parler quelque peu d’un autre symbolisme, celui de la guerre, auquel nous avons déjà fait ailleurs quelques allusions. Ce symbolisme se rencontre notamment dans la Bhagavad-Gîtâ : la bataille dont il est question dans ce livre représente l’action, d’une façon tout à fait générale, sous une forme d’ailleurs appropriée à la nature et à la fonction des Kshatriyas à qui il est plus spécialement destiné. Le champ de bataille (Kshêtra) est le domaine de l’action, dans lequel individu développe ses possibilités, et qui est figuré par le plan horizontal dans le symbolisme géométrique; il s’agit ici de l’état humain, mais la même représentation pourrait s’appliquer à tout autre état de manifestation, pareillement soumis, sinon à l’action proprement dite, du moins au changement et à la multiplicité. Cette conception ne se trouve pas seulement dans la doctrine hindoue, mais aussi dans la doctrine islamique, car tel est exactement le sens réel de la « guerre sainte » (jihâd) ; l’application sociale et extérieure n’est que secondaire, et ce qui le montre bien, c’est qu’elle constitue seulement la « petite guerre sainte » (jihâdul-açghar) tandis que la « Grande guerre sainte » (jihâdul-akbar) est d’ordre purement intérieur et spirituel.

On peut dire que la raison d’être essentiel de la guerre, sous quelque point de vue et dans quelque domaine qu’on l’envisage, c’est de faire cesser un désordre est de rétablir l’ordre ; c’est, en d’autres termes, l’unification d’une multiplicité, par les moyens qui appartiennent au monde de la multiplicité elle-même ; c’est à ce titre, et à ce titre seul, que la guerre peut être considérée comme légitime. D’autre part, le désordre est, en un sens, inhérent à toute manifestation prise en elle-même, car la manifestation, en dehors de son principe, donc en tant que multiplicité non unifiée, n’est qu’une série indéfinie de ruptures d’équilibre. La guerre, entendue comme nous venons de le faire, et non limitée à un sens exclusivement humain, représente donc le processus cosmique de réintégration du manifesté dans l’unité principiel ; et c’est pourquoi, au point de vue de la manifestation elle-même, cette réintégration apparaît comme une destruction, ainsi qu’on le voit très nettement par certains aspects du symbolisme de Shiva dans la doctrine hindoue. »

Le Symbolisme de la Croix, chap. VIII

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GUNA

« La doctrine indoue envisage trois gunas, qualités constitutives des êtres dans tous leurs états de manifestation : Sattwa, la conformité à la pure essence de l’Etre universel, qui est identifiée à la lumière intelligible ou à la connaissance, et présentée comme une tendance ascendante ; Rajas, l’impulsion expansive, selon laquelle l’être se développe dans un certain état et, en quelques sortes, à un niveau déterminé de l’existence ; enfin, Tamas, l’obscurité, assimilée à l’ignorance, est représentée comme une tendance descendante.

Les gunas sont en parfait équilibre dan l’indifférenciation primordiale, et toute manifestation représente une rupture de cet équilibre. »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, ch.IV p. 53

« Ces trois gunas sont des qualités ou attributions essentielles, constitutives et primordiales des êtres envisagés dans leurs différents états de manifestation ;

(note : Dans son acception ordinaire et littérale, le mot guna signifie « corde » ; de même, les termes bandha et pâsha, qui signifient proprement « liens », s’appliquent à toutes les conditions particulières et limitatives d’existence (upâdhis) qui définissent plus spécialement tel ou tel état ou mode de la manifestation. Il faut dire cependant que la dénomination de guna s’applique plus particulièrement à la corde d’un arc ; elle exprimerait donc, sous un certain rapport tout au moins, l’idée de « tension » à des degrés divers, d’où, par analogie, celle de « qualification » ; mais peut-être est-ce moins l’idée de « tension » qu’il faut voir ici que celle de transcendant », qui lui est d’ailleurs apparenté comme les mots même l’indiquent, et qui est celle qui répond le plus exactement à la définition de trois gunas) »

Le Symbolisme de la Croix, chap. V

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GRANDE PAIX

« Celle-ci peut d’ailleurs s’entendre de deux façons, suivant qu’elle se rapporte au « Paradis terrestre » ou au « Paradis céleste » ; dans ce dernier cas, elle s’identifie à la « lumière de gloire » et à la « vision béatifique » ; dans l’autre, c’est la « paix » proprement dite, en un sens plus restreint mais encore très différent du sens « profane » ; »

La Métaphysique Orientale

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HARMONIE

« …l’harmonie, (…) n’est rien d’autre que le reflet de l’unité principielle dans la multiplicité du monde manifesté ; et c’est cette correspondance qui est le véritable fondement du symbolisme. C’est pourquoi les lois d’un domaine inférieur peuvent toujours être prises pour symboliser les réalités d’un ordre supérieur, où elles ont leur raison profonde, qui est à la fois leur principe et leur fin ; »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. I

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 HOMME UNIVERSEL

«  La réalisation effective des états multiples de l’être se réfère à la conception de ce que les différentes doctrines traditionnelles, et notamment l’ésotérisme islamique, désigne comme l’« Homme Universel », conception qui, comme nous l’avons dit ailleurs, établit l’analogie constitutive de la manifestation universelle et de sa modalité individuelle humaine, ou, pour employer le langage de l’hermétisme occidental, du « macrocosme » et du « microcosme »

Le Symbolisme de la Croix, chap. II

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 HOMME VERITABLE ET HOMME TRANSCENDANT

« Suivant la tradition extrême orientale, l’« homme véritable » (tchenn-jen), et celui qui, ayant réalisé le retour à l’« état primordial », et par conséquent la plénitude de l’humanité, se trouve désormais établi définitivement dans l’« Invariable Milieu », et échappe déjà par là même aux vicissitudes de la « roue des choses ». Au-dessus de ce degré et l’« homme transcendant (cheun-jen), qui a proprement parlé n’est plus un homme, puisqu’il a dépassé l’humanité et est entièrement affranchi de ses conditions spécifiques : c’est celui qui est parvenu à la réalisation totale, à l’« Identité Suprême » ; celui-là est donc véritablement devenu l’ « Homme Universel ». Il n’en est pas ainsi pour l’« homme véritable », mais cependant on peut dire que celui-ci est tout au moins virtuellement l’« Homme Universel », en ce sens que, dès lors qu’il n’a plus à parcourir d’autres états en mode distinctif, puisqu’il est passé de la circonférence au centre, l’état humain devra nécessairement être pour lui l’état central de l’être total, bien qu’il ne le soit pas encore d’une façon effective. »

Le Symbolisme de la Croix, chap. XXVIII

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 INDEFINI

« L’indéfini, qui procède du fini, est toujours réductible à celui-ci, puisqu’il n’est qu’un développement des possibilités incluses ou impliquées dans le fini. C’est une vérité élémentaire, quoi que trop souvent méconnue, que le prétendu « infini mathématique » (indéfinité quantitative, soit numérique, soit géométrique) n’est nullement infini, étant limité par les déterminations inhérentes à sa propre nature ; »

Le Symbolisme de la Croix, chap. XII

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 INDIVIDU

« L’individu ne représente en réalité qu’une manifestation transitoire et contingente de l’être véritable ; Il n’est qu’un état spécial parmi une multitude indéfinie d’autres états du même être »

La Métaphysique Orientale

« Bien loin d’être en lui-même une unité absolue et complète, comme le voudraient la plupart des philosophes occidentaux, et en tout cas les modernes sans exception, l’individu ne constitue en réalité qu’une unité relative et fragmentaire. Ce n’est pas un tout fermé et se suffisant à lui-même, un « système clos » à la façon de la « monade » de Leibnitz ; et la notion de la « substance individuelle », entendue en ce sens, et à laquelle ces philosophes attachent en général une si grande importance, n’a aucune portée proprement métaphysique : au fond, ce n’est pas autre chose que la notion logique du « sujet », et, si elle peut sans doute être d’un grand usage à ce titre, elle ne peut légitimement être transposée au-delà des limites de ce point de vue spécial. L’individu, même envisagé dans toute l’extension dont il est susceptible, n’est pas un être total. C’est la présence de la forme parmi ses conditions d’existence qui caractérise un état comme individuel ; il va de soi, d’ailleurs, que cette forme ne doit pas être conçue nécessairement comme spatiale, car elle n’est telle que dans le seul monde corporel, l’espace étant précisément une des conditions qui définissent proprement celui-ci. »

Le Symbolisme de la Croix, Chap. I

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 INTELLECT

« L’intellect transcendant, pour saisir directement les principes universels doit être lui-même d’ordre universel ; ce n’est plus une faculté individuelle, et le considérer comme tel serait contradictoire, car il ne peut être dans les possibilités de l’individu de dépasser ses propres limites, de sortir des conditions qui le définissent en tant qu’individu »

La Métaphysique Orientale

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 INTUITION

« Il y une intuition intellectuelle et une intuition sensible ; l’une est au-delà de la raison, mais l’autre est en deçà ; cette dernière ne peut saisir que le monde du changement et du devenir, c’est-à-dire la nature, ou plutôt une infime partie de la nature. Le domaine de l’intuition intellectuelle, au contraire, c’est le domaine des principes éternels et immuables, c’est le domaine métaphysique. »

La Métaphysique Orientale

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 ISLÂM

« (…) Le sens propre du mot Islam est « soumission à la Volonté divine » ; c’est pourquoi il est dit, dans certains enseignements ésotériques, que tout être et muslim, en ce sens qu’il n’en est évidemment aucun qui puisse se soustraire à cette Volonté, et que, par conséquent, chacun occupe nécessairement la place qui lui est assignée dans l’ensemble de l’Univers. La distinction des êtres en « fidèles » (mûminîn) et « infidèles » (kuffâr) consiste donc seulement en ce que les premiers se conforment consciemment et volontairement à l’ordre universel, tandis que, parmi les seconds, il en est qui n’obéissent à la loi que contre leur gré, et d’autres qui sont dans l’ignorance pure et simple. »

Le Symbolisme de la Croix, chap. XXV

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LIMITE

« En effet, la limite, étant par définition une quantité fixe, ne peut, comme telle, être atteinte dans le cours de la variation, même si celle-ci se poursuit indéfiniment ; n’étant pas soumise à cette variation, elle n’appartient pas à la série dont elle est le terme, et il faut sortir de cette série pour y parvenir. »

Le Symbolisme de la Croix, chap. XXV

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LOI DE CORRESPONDANCE

« Une telle opinion ne résulte que de l’ignorance de la loi de correspondance qui est le fondement même de tout symbolisme, et en vertu de laquelle chaque chose, procédant essentiellement d’un principe métaphysique dont elle détient toute sa réalité, traduit ou exprime ce principe à sa manière et selon son ordre d’existence, de telle sorte que, d’un ordre à l’autre, toutes choses s’enchaînent et se correspondent pour concourir à l’harmonie universelle et totale, qui est, dans la multiplicité de la manifestation, comme un reflet de l’unité principielle elle-même. C’est pourquoi les lois d’un domaine inférieur peuvent toujours être prises pour symboliser les réalités d’un ordre supérieur, où elles ont leur raison profonde, qui est à la fois leur principe et leur fin ; »

Le Symbolisme de la Croix, avant-propos

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MÉTAPHYSIQUE

« … En vérité, la métaphysique pure, étant par essence en dehors et au-delà de toutes les formes et de toutes les contingences, n’est ni orientale ni occidentale, elle est universelle. »

« D’après sa composition, ce mot « métaphysique » signifie littéralement « au- delà de la physique ». »

« Peut-on définir la métaphysique telle que nous l’entendons ? Non, car définir, c’est toujours limiter, et ce dont il s’agit est, en soi, véritablement et absolument illimité, donc ne saurait se laisser enfermer dans aucune formule ni dans aucun système. On peut caractériser la métaphysique d’une certaine façon, par exemple en disant qu’elle est la connaissance des principes universels »

« La métaphysique est la connaissance supra-rationnelle, intuitive et immédiate »

La Métaphysique Orientale

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 MOYENS DE REALISATION

« Ces moyens, en effet, doivent être à la portée de l’homme ; Ils doivent, pour les premiers stades tout au moins, être adaptés aux conditions de l’état humain, puisque c’est dans cet état que se trouve actuellement l’être qui, partant de là, devra prendre possession des états supérieurs. C’est donc dans des formes appartenant à ce monde où se situe sa manifestation présente que l’être prendra un point d’appui pour s’élever au-dessus de ce monde même ; mots, signes, symboliques, rites ou procédés préparatoires quelconques n’ont pas d’autre raison d’être ni d’autre fonction : comme nous l’avons déjà dit, ce sont là des supports et rien de plus. »

La Métaphysique Orientale

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MYSTÈRES (Petits et grands)

« …De cette distinction, dans la connaissance sacrée ou traditionnelle, de deux ordres que l’on peut, d’une manière générale désigner comme celui des principes et celui des applications, ou encore, suivant ce que nous venons de dire, comme l’ordre « métaphysique » et l’ordre « physique », était dérivée, dans les mystères antiques, en Occident aussi bien qu’en Orient, la distinction de ce qu’on appelait les «  grands mystères » et les « petits mystères », ceux-ci comportant en effet essentiellement la connaissance de la nature, et ceux-là la connaissance de ce qui est au delà de la nature. ».

« A un point de vue un peu différent mais néanmoins étroitement lié à celui-là, on peut dire aussi que les « petits mystères » concernent seulement les possibilités de l’état humain, tandis que les « grands mystères » concernent les états supra-humains »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. II

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MYSTICISME

« le mysticisme proprement dit, explique-t-il, est quelque chose d’exclusivement occidental et, au fond, de spécifiquement chrétien. »

(Aperçus sur l’initiation, p. 15.)

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NATURALISME

« …c’est donc, dans tous les cas, la substitution de la « physique » à la « métaphysique », en entendant ces mots dans leur sens rigoureusement étymologique, ou, en d’autres termes, ce qu’on peut appeler le « naturalisme ». »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, ch. II

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NON-AGIR

« Le « non d’agir » n’est point l’inertie, il est au contraire la plénitude de l’activité, mais c’est une activité transcendante et tout intérieure, non-manifestée, en union avec le Principe, donc au-delà de toutes les distinctions et de toutes les apparences que le vulgaire prend à tort pour la réalité même, alors qu’elles n’en sont qu’un reflet plus ou moins lointain ».

Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme, chap. X

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PARADIS terrestre et céleste

«L’Empereur préside aux « petits mystères » qui concernent le « Paradis terrestre », c’est à dire la réalisation de la perfection de l’état humain ; le Souverain Pontife préside aux « grands mystères » qui concerne le Paradis céleste, c’est à dire la réalisation des états supra-humains, reliés ainsi à l’état humain par la fonction « pontificale » entendue en son sens strictement étymologique. L’homme, en tant qu’homme, ne peut évidemment atteindre par lui-même que la première de ces deux fins, qui peut être dite « naturelle » tandis qua seconde est proprement « surnaturelle », puisqu’elle réside au-delà du monde manifesté ; cette distinction est donc bien celle de l’ordre « physique » et de l’ordre « métaphysique » ».

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. VIII

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 PAUVRETE SPIRITUELLE

« l’être contingent peut être défini comme celui qui n’a pas en lui-même sa raison suffisante ; un tel être, par conséquent, n’est rien par lui-même, et rien de ce qu’il est ne lui appartient en propre. Tel est le cas de l’être humain, en tant qu’individu, ainsi que de tous les êtres manifestés, en quelque état que ce soit, car, quelle que soit la différence entre les degrés de l’Existence universelle, elle est toujours nulle au regard du Principe. Ces êtres, humains ou autres, sont donc, en tout ce qu’ils sont, dans une dépendance complète vis-à-vis du Principe, «hors duquel il n’y a rien, absolument rien qui existe » ; c’est dans la conscience de cette dépendance que consiste proprement ce que plusieurs traditions désignent comme la « pauvreté spirituelle ».

Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme, chap. IV

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 PERFECTION

« Nous avons parlé ici de la Perfection, et, à ce propos, une brève explication et nécessaire : quand ce terme est ainsi employé, il doit être entendu dans son sens absolu et total. Seulement, pour y penser, dans notre condition actuelle (en tant qu’êtres appartenant à l’état individuel humain), il faut bien rendre cette conception intelligible en mode distinctif ; et, cette conceptibilité est la « perfection active » (Khien), possibilité de la volonté dans la Perfection, et naturellement de toute-puissance, qui est identique à ce qui est désigné comme l’« Activité du Ciel ». Mais, pour en parler, il faut en outre sensibiliser cette conception (puisque le langage, comme toute expression extérieure, et n’est certes et nécessairement d’ordre sensible) ; c’est alors la « perfection passive » (Khouen), possibilité de l’action comme motif et comme but. Si elle n’est la volonté capable de se manifester, et Khouen est l’objet de cette manifestation : mais, d’ailleurs, dès lors qu’on dit « perfection active » ou « perfection passive », on ne dit plus Perfection au sens absolu, puisqu’il y a déjà là une distinction est une détermination, donc une limitation. On peut encore si l’on veut, dire que Khien est la faculté agissante (il serait plus exact de dire « influence »), correspondant au « Ciel » (Tien), et que Khouen est la faculté plastique, correspondant à la « Terre » (Ti) ; nous trouvons ici, dans la Perfection, l’analogue, mais encore plus universelle, de ce que nous avons désigné dans l’Être, comme l’« essence » et la « substance ». »

Le Symbolisme de la Croix, chap. XXIII

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PERSONNALITE ET INDIVIDUALITE

« rappelons encore que la « personnalité » est pour nous le principe transcendant et permanent de l’être, tandis que l’« individualité » n’en est qu’une manifestation transitoire et contingente. »

Le Symbolisme de la Croix, chap. XXIII

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PHÉNOMÈNE

« Tout ce qui est phénomène est d’ordre physique ; »

La Métaphysique Orientale

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PHILOSOPHIE

« …Ce mot signifiant étymologiquement « amour de la sagesse », désigne tout d’abord une disposition préalable requise pour parvenir à la sagesse, et il peut désigner aussi par une extension toute naturelle, la recherche qui, naissant de cette disposition même, doit conduire à la véritable connaissance ; ce n’est donc qu’un stade préliminaire et préparatoire, un acheminement vers la sagesse, comme le « Paradis terrestre » est une étape qui mène au « Paradis céleste ».

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. VIII

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PHYSIQUE

« La physique est l’étude de tout ce qui appartient à la nature. »

La Métaphysique Orientale

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POINT

«  Le point est effectivement le symbole de l’unité ; il est le principe de l’étendue, qui n’existe que par son rayonnement (le « vide » antérieur n’étant que pure virtualité », mais il ne devient compréhensible qu’en se situant lui-même dans cette étendue, dont il est alors le centre »

Le Symbolisme de la Croix, chap. IV

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POUVOIR TEMPOREL

« En effet, ce mot de « pouvoir » évoque presque inévitablement l’idée de puissance ou de force, et surtout d’une force matérielle, d’une puissance qui se manifeste visiblement au dehors et s’affirme par l’emploi de moyens extérieurs ; et tel est bien, par définition même, le pouvoir temporel. »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. II

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PRINCIPES UNIVERSELS

« Tout ce qui est, sous quelque mode que ce soit, participe nécessairement des principes universels, qui sont les essences éternelles et immuables contenues dans la permanente actualité de l’Intellect divin. »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. I

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PSYCHOLOGIE

« La psychologie, par la définition même, ne saurait avoir de prise que sur des états humains, et encore, tel qu’on l’entend aujourd’hui, elle n’atteint qu’une zone fort restreinte dans les possibilités de l’individu, qui s’étendent bien plus loin que les spécialistes de cette science ne peuvent le supposer. »

La Métaphysique Orientale

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RAISON

« La raison est une faculté proprement et spécifiquement humaine. »

La Métaphysique Orientale

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REALISATION METAPHYSIQUE

« …nous ne regardons pas la réalisation métaphysique comme un effet de quoi que ce soit, parce qu’elle n’est pas la production de quelque chose qui n’existe pas encore, mais la prise de conscience de ce qui est, d’une façon permanente et immuable, en dehors de toute succession temporelle ou autre, car tous les états de l’être, envisagés dans leur principe, sont en parfaite simultanéité dans l’éternel présent. »

La Métaphysique Orientale

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RÉVÉLATION

« … est une communication directe des états supérieurs… »

La Métaphysique Orientale

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ROYAUTÉ

« …la fonction royale comprend tout ce qui, dans l’ordre social, constitue le « gouvernement »… »

« La fonction dont il s’agit est double en quelque sorte : administrative et judiciaire d’une part, militaire de l’autre, car elle doit assurer le maintien de l’ordre à la fois au-dedans comme fonction régulatrice et équilibrante, et au dehors, comme fonction protectrice de l’organisation sociale »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. II

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 SACERDOCE

«… quant au sacerdoce, sa fonction essentielle est la conservation et la transmission de la doctrine traditionnelle, dans laquelle toute organisation sociale régulière trouve ses principes fondamentaux ; »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. II

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 SATANISME ET LUCIFERIANISME

« Le « luciférianisme » est le refus de reconnaissance d’une autorité supérieure ; le « satanisme », est le renversement des rapports normaux et de l’ordre hiérarchique ; et celui-ci est souvent une conséquence de celui-là, comme Lucifer est devenu Satan après sa chute. »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. III

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 SCIENCE

« La science est la connaissance rationnelle, discursive, toujours indirecte, une connaissance par reflet. »

La Métaphysique Orientale

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 SCIENCE DES LETTRES

« Il résulte aussi de là que la « science des lettres » (‘ilmul-hurûf), entendue dans son sens supérieur, est la connaissance de toutes choses dans le principe même, en tant qu’essences éternelles ; dans un sens que l’on peut dire moyen, c’est la cosmogonie ; enfin, dans le sens inférieur, c’est la connaissance des vertus des noms et des nombres, en tant qu’ils expriment la nature de chaque être, connaissance permettant d’exercer par leurs moyens, en raison de cette correspondance, une action d’ordre « magique » sur les êtres eux-mêmes. »

Le Symbolisme de la Croix, chap, XVII

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 SHRUTI et smriti

«  La shruti, qui comprend tous les textes vêdiques est le fruit de l’inspiration directe, et la smriti est l’ensemble des conséquences et des applications diverses qui en sont tirées par réflexion ; leur rapport est, à certains égards, celui de la connaissance intuitive et de la connaissance discursive ; en effet, de ces deux modes de connaissance, le premier est supra-humain, tandis que second est proprement humain. »

Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, chap. VIII

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SIMPLICITE

« La simplicité », expression de l’unification de toutes les puissances de l’être, caractérise le retour à l’« état primordial » ; et l’on voit ici toute la différence qui sépare la connaissance transcendante du sage, du savoir ordinaire et « profane ». Cette « simplicité », c’est aussi ce qui est désigné ailleurs comme l’état d’« enfance » (en sanscrit bâlya), entendu naturellement au sens spirituel, et qui, dans la doctrine hindoue, est considéré comme une condition préalable pour l’acquisition de la connaissance par excellence. (…) La « simplicité » don il a été question plus haut correspond à l’unité « sans dimensions » du point primordial, auquel aboutit le mouvement de retour vers l’origine. « L’homme absolument simple réfléchit par sa simplicité tous les êtres,… si bien que rien ne s’oppose à lui dans les six régions de l’espace, que rien ne lui est hostile, que le feu et l’eau ne le blessent pas. » en effet, il se tient au centre, dont les six directions sont issues par rayonnement, et où elles viennent, dans le mouvement de retour, se neutraliser deux à deux, de sorte que, en ce point unique, leur triple opposition cesse entièrement, et que rien de ce qui en résulte ou s’y localise ne peut atteindre l’être qui demeure dans l’unité immuable. Celui-ci ne s’opposant à rien, rien non plus ne saurait s’opposer à lui, car l’opposition est nécessairement une relation réciproque, qui exige deux termes en présence, et qui, par conséquent, est incompatible avec l’unité principiel. »

Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme, chap. IV

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SOI et moi

« le « Soi », avons-nous dit, est le principe transcendant et permanent dont l’être manifesté, l’être humain par exemple, n’est qu’une modification transitoire et contingente, modification qui ne saurait d’ailleurs aucunement affecter le principe. Immuable en sa nature propre, il développe ses possibilités dans toutes les modalités de réalisation, en multitude indéfinie, qui sont pour l’être total autant d’états différents, état dont chacun a ses conditions d’existence limitatives et déterminantes, et dont un seul constitue la portion ou plutôt la détermination particulière de cet être qui est le « moi » ou l’individualité humaine. Du reste, ce développement n’en est un, à vrai dire, qu’autant qu’on l’envisage du côté de la manifestation, en dehors de laquelle tout doit nécessairement être en parfaite simultanéité dans l’« éternel présent » ; et c’est pourquoi la « permanente actualité » du « Soi » n’en est pas affectée. Le « Soi » est ainsi le principe par lequel existe, chacun dans son domaine propre, que nous pouvons appeler un degré d’existence, tous les états de l’être ; et ceci doit s’entendre, non seulement des états manifestés, individuels comme l’état humain ou supra individuels, c’est-à-dire, en d’autres termes, formels ou informels, mais aussi, bien que le mot « exister » devienne alors impropre, les états non manifestés, comprenant toutes les possibilités qui, par leur nature même, ne sont susceptibles d’aucune manifestation, en même temps que les possibilités de manifestation elle-même en mode principiel ; mais ce « Soi » lui-même n’est que par soi, n’ayant et ne pouvant avoir, dans l’unité totale et indivisible de sa nature intime, aucun principe qui lui soit extérieur. »

Le Symbolisme de la Croix, Chap. I

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 SYNCRÉTISME

« Le syncrétisme consiste à rassembler du dehors des éléments plus ou moins disparates et qui, vus de cette façon, ne peuvent jamais être vraiment unifiés ; ce n’est en somme qu’une sorte d’éclectisme, avec tout ce que celui-ci comporte toujours de fragmentaire et d’incohérent. C’est là quelque chose de purement extérieur et superficiel ; les éléments pris de tous cotés et réunis ainsi artificiellement n’ont jamais que le caractère d’emprunts, incapables de s’intégrer effectivement dans une doctrine digne de ce nom. »

Le Symbolisme de la Croix, avant-propos

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 SYNTHESE

« La synthèse, au contraire, s’effectue essentiellement du dedans ; nous voulons dire par là qu’elle consiste proprement à envisager les choses dans l’unité de leur principe même, à voir comment elles dérivent et dépendent de ce principe, et à les unir ainsi, ou plutôt à prendre conscience de leur union réelle, en vertu d’un lien tout intérieur, inhérent à ce qu’il y a de plus profond dans leur nature. »

Le Symbolisme de la Croix, avant-propos

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 TACAWWUF

« L’ésotérisme, considéré ainsi comme comprenant à la fois tarîqah et haqîqah, en tant que moyens et fin, est désigné en arabe par le terme général et-taçawwuf, qu’on ne peut traduire exactement que par «initiation» ; nous reviendrons d’ailleurs sur ce point par la suite. Les occidentaux ont forgé le mot «çûfisme» pour désigner spécialement l’ésotérisme islamique (alors que taçawwuf peut s’appliquer à toute doctrine ésotérique et initiatique, à quelque forme traditionnelle qu’elle appartienne) »

Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme, chap. I

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TAWHÎD

«  La doctrine de l’Unité, c’est-à-dire l’affirmation que le Principe de toute existence est essentiellement Un, est un point fondamental commun à toutes les traditions orthodoxes, et nous pouvons même dire que c’est sur ce point que leur identité de fond apparaît le plus nettement, se traduisant jusque dans l’expression même. En effet, lorsqu’il s’agit de l’Unité, toute diversité s’efface, et ce n’est que lorsqu’on descend vers la multiplicité que les différences de formes apparaissent, les modes d’expression étant alors multiples eux-mêmes comme ce à quoi ils se rapportent, et susceptibles de varier indéfiniment pour s’adapter aux circonstances de temps et de lieux. Mais « la doctrine de l’Unité est unique » (suivant la formule arabe : et-tawhîdu wâhidun), c’est-à-dire qu’elle est partout et toujours la même, invariable comme le Principe, indépendante de la multiplicité et du changement qui ne peuvent affecter que les applications d’ordre contingent. »

Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme, chap. III

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 THÉORIE

« Il faut ici faire une remarque au sujet de la façon dont nous employons ce mot de « théorie » : étymologiquement, son premier sens est celui de « contemplation », et, si on le prenait ainsi, on pourrait dire que la métaphysique tout entière, avec la réalisation qu’elle implique, est la « théorie » par excellence ; seulement, l’usage a donné à ce mot une acceptation quelque peu différente, et surtout beaucoup plus restreinte. Tout d’abord, on a pris l’habitude d’opposer « théorie » et « pratique », et, dans sa signification primitive, cette opposition, étant celle de la contemplation et de l’action, serait encore justifiée ici, puisque la métaphysique est essentiellement au-delà du domaine de l’action, qui est celui des contingences individuelles ; mais l’esprit occidental, étant tourné presque exclusivement du côté de l’action, et ne concevant point la réalisation en dehors de celle-ci, en est venu à opposer généralement théorie et réalisation. C’est donc cette dernière opposition que nous acceptons en fait, pour ne pas nous écarter de l’usage reçu, et pour éviter les confusions qui pourraient provenir des difficultés que l’on a à séparer les termes du sens qu’on est habitué à leur attribuer à tort ou à raison ; cependant nous n’irons pas jusqu’à qualifier de « pratique » la réalisation métaphysique, car ce mot est resté inséparable, dans le langage courant, de l’idée d’action qu’il exprimait primitivement, et qui ne saurait aucunement s’appliquer ici. »

Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, Chap. X : La réalisation métaphysique.

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TRADITION

« L’Oriental, même sorti des voies normales de son intellectualité, ne peut vivre sans une tradition ou quelque chose qui en tienne lieu, et nous essaierons de faire comprendre par la suite tout ce qu’est pour lui la tradition sous ses divers aspects ; il y a là, d’ailleurs, une des causes profondes de son mépris pour l’Occidental, qui se présente trop souvent à lui comme un être dépourvu de toute attache traditionnelle. »

Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues Difficultés linguistiques, pp. 48-49, Véga, 1976.

« […] ce que nous avons dit de l’unité ancienne de la « Chrétienté », unité de nature essentiellement traditionnelle, et d’ailleurs conçue suivant un mode spécial qui est le mode religieux, peut s’appliquer à peu de chose près à la conception de l’unité du monde musulman. La civilisation islamique est en effet, parmi les civilisations orientales, celle qui est la plus proche de l’Occident, et l’on pourrait même dire que, par ses caractères comme par sa situation géographique, elles est, à divers égards, intermédiaire entre l’Orient et l’Occident ; aussi la tradition nous apparaît-elle comme pouvant être envisagée sous deux modes profondément distinctes, dont l’un est purement oriental, mais dont l’autre, qui est le mode proprement religieux, lui est commun, avec la civilisation occidentale. »

Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, Difficultés linguistiques, pp. 60-61, Véga, 1976

« Dans ce qui précède, il nous est arrivé à chaque instant de parler de tradition, de doctrines ou de conceptions traditionnelles, et même de langues traditionnelles, et il est d’ailleurs impossible de faire autrement lorsqu’on veut désigner ce qui constitue vraiment tout l’essentiel de la pensée orientale sous ses divers modes ; mais qu’est-ce que, plus précisément, la tradition ? Disons tout de suite, pour écarter toute confusion qui pourrait se produire, que nous ne prenons pas ce mot au sens restreint où la pensée religieuse de l’Occident oppose parfois « tradition » et « écriture », entendant par le premier de ces deux termes, d’une façon exclusive, ce qui n’a été l’objet que d’une transmission orale. Au contraire, pour nous, la tradition, dans une acception beaucoup plus générale, peut être écrite aussi bien qu’orale, quoique, habituellement, sinon toujours, elle ait dû être avant out orale à son origine, comme nous l’avons expliqué ; mais, dans l’état actuel des choses, la partie écrite et la partie orale forment partout deux branches complémentaires d’une même tradition, qu’elle soit religieuse ou autre, et nous n’avons aucune hésitation à parler d’ « écritures traditionnelles », ce qui serait évidemment contradictoire si nous ne donnions au mot « tradition » que sa signification la plus spéciale ; du reste, étymologiquement, la tradition est simplement « ce qui se transmet » d’une manière ou d’une autre. En outre, il faut encore comprendre dans la tradition, à titre d’éléments secondaires et dérivés, mais néanmoins importants pour en avoir une notion complète, tout l’ensemble des institutions de différents ordres qui ont leur principe dans la doctrine traditionnelle elle-même.

Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, Que faut-il entendre par tradition ?, pp. 67-68, Véga, 1976.

« […] il n’en est pas moins vrai que, en ce qui concerne l’Orient, l’identification de la tradition et de la civilisation tout entière est au fond justifiées : toute civilisation orientale, prise dans son ensemble, nous apparaît comme essentiellement traditionnelle, et ceci résulte immédiatement des explications que nous avons données dans le chapitre précédent. Quant à la civilisation occidentale, nous avons dit qu’elle est au contraire dépourvue de tout caractère traditionnel, à l’exception de son élément religieux, qui est le seul à y avoir conservé ce caractère. C’est que les institutions sociales, pour pouvoir être dites traditionnelles, doivent être effectivement rattachées, comme à leur principe, à une doctrine qui le soit elle-même, que cette doctrine soit d’ailleurs métaphysique, ou religieuse, ou de tout autre sorte convenable. En d’autres termes, les institutions traditionnelles, qui communiquent ce caractère à tout l’ensemble d’une civilisation, sont celles qui ont leur raison d’être profonde dans leur dépendance plus ou moins directe, mais toujours voulue et consciente, par rapport à une doctrine dont la nature fondamentale est, dans tous les cas, d’ordre intellectuel ; mais l’intellectualité peut y être à l’état pur, et on a alors affaire à une doctrine proprement métaphysique, ou bien s’y trouver mélangée à divers éléments hétérogènes, ce qui donne naissance au mode religieux et aux autres modes dont peut être susceptibles une doctrine traditionnelle. »

Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, Que faut-il entendre par tradition ?, pp. 68-69, Véga, 1976.

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TRANSFORMATION

« (…) Nous prenons toujours le mot « transformation » dans son sens strictement étymologique, qui est celui de « passage au-delà de la forme », donc au-delà de tout ce qui appartient à l’ordre des existences individuelles »

Le Symbolisme de la Croix, chap. II

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 UBIQUITE

« l’« ubiquité » n’est en somme que le substitut sensible de l’omniprésence véritable. »

Le Symbolisme de la Croix, chap. XXIX

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UPAGURU (sanskrit)

« Il faut entendre par là tout être, quel qu’il soit, dont la rencontre est pour quelqu’un l’occasion ou le point de départ d’un certain développement spirituel ; et, d’une façon générale, il n’est aucunement nécessaire que cet être lui-même soit conscient du rôle qu’il joue ainsi. Du reste, si nous parlons ici d’un être, nous pourrions tout aussi bien parler également d’une chose ou même d’une circonstance quelconque qui provoque le même effet ; cela revient en somme à ce que nous avons déjà dit souvent, que n’importe quoi peut, suivant les cas, agir à cet égard comme une « cause occasionnelle » ; il va de soi que celle-ci n’est pas une cause au sens propre de ce mot, et qu’en réalité la cause véritable se trouve dans la nature même de celui sur qui s’exerce cette action, comme le montre le fait que ce qui a un tel effet pour lui peut fort bien n’en avoir aucun pour un autre individu. Ajoutons que les upagurus, ainsi entendus, peuvent naturellement être multiples au cours d’un même développement spirituel, car chacun d’eux n’a qu’un rôle transitoire et ne peut agir efficacement qu’à un certain moment déterminé, en dehors duquel son intervention n’aurait pas plus d’importance que n’en ont la plupart des choses qui se présentent à nous à chaque instant et que nous regardons comme plus ou moins indifférentes.

La désignation de l’upaguru indique qu’il n’a qu’un rôle accessoire et subordonné, qui, au fond, pourrait être considéré comme celui d’un auxiliaire du véritable Guru ; en effet, celui-ci doit savoir utiliser toutes les circonstances favorables au développement de ses disciples, conformément aux possibilités et aux aptitudes particulières de chacun d’eux, et même, s’il est réellement un Maître spirituel au sens complet de ce mot, il peut parfois en provoquer lui-même la manifestation au moment voulu. On pourrait donc dire que, d’une certaine façon, ce ne sont là que des « prolongements » du Guru, au même titre que les instruments et les moyens divers employés par un être pour exercer ou amplifier son action sont autant de prolongements de lui-même »

« Lorsque l’initiation proprement dite est conférée par quelqu’un qui ne possède pas les qualités requises pour remplir la fonction d’un Maître spirituel, et qui, par conséquent, agit uniquement comme « transmetteur » de l’influence attachée au rite qu’il accomplit, un tel initiateur peut aussi être assimilé proprement à un upaguru, qui a d’ailleurs comme tel une importance toute particulière et en quelque sorte unique en son genre, puisque c’est son intervention qui détermine réellement la « seconde naissance », et cela même si l’initiation doit demeurer simplement virtuelle. Ce cas est aussi le seul où l’upaguru doit forcément avoir conscience de son rôle, au moins à quelque degré »

« Cela dit, nous reviendrons à la considération des upagurus en général, dont il nous reste encore à préciser une signification plus profonde que celle que nous avons indiquée jusqu’ici, car le Guru humain lui-même n’est au fond que la représentation extériorisée et comme « matérialisée » du véritable « Guru intérieur », et sa nécessité est due à ce que l’initié, tant qu’il n’est pas parvenu à un certain degré de développement spirituel, est incapable d’entrer directement en communication consciente avec celui-ci. Qu’il y ait ou non un Guru humain, le Guru intérieur est, lui, toujours présent dans tous les cas, puisqu’il ne fait qu’un avec le « Soi » lui-même ; et, en définitive, c’est à ce point de vue qu’il faut se placer si l’on veut comprendre pleinement les réalités initiatiques ; sous ce rapport, il n’y a d’ailleurs plus d’exceptions comme celles auxquelles nous faisions allusion tout à l’heure, mais seulement des modalités diverses suivant lesquelles s’exerce l’action de ce Guru intérieur. Comme le Guru humain, mais à un moindre degré et plus « partiellement » si l’on peut s’exprimer ainsi, les upagurus sont ses manifestations ; comme tels, ils sont, pourrait-on dire, les apparences qu’il revêt pour communiquer, dans la mesure du possible, avec l’être qui ne peut encore se mettre en rapport direct avec lui, de sorte que la communication ne peut s’effectuer qu’au moyen de ces « supports » extérieurs. »

Initiation et Réalisation spirituelle, Guru et Upaguru

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VARNA

«  Le mot Varna, qui signifie proprement « couleur », et par généralisation « qualité », est employé analogiquement pour désigner la nature ou naissance d’un principe ou d’un être ; de là dérive aussi son usage dans le sens de « caste », parce que l’institution des castes, envisagés dans sa raison profonde, traduit essentiellement la diversité des natures propres aux différents individus humains (…). D’ailleurs, en ce qui concerne les trois gunas, ils sont effectivement représentés par des couleurs symboliques : tamas par le noir, rajas le rouge et sattwa par le blanc. »

Le Symbolisme de la Croix, chap. V

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YOGA

« En réalité, ce mot « Yoga » est celui que nous avons traduit aussi littéralement que possible par « Union » ; ce qu’il désigne proprement, c’est donc le but suprême de la réalisation métaphysique ; et le « Yogi » si l’on veut l’entendre au sens le plus strict est uniquement celui qui a atteint ce but. Toutefois il est vrai que, par extension, ces termes sont, dans certains cas, appliqués à des stades préparatoires à l’ « Union » ou même à de simples moyens préliminaires, et à l’être qui est parvenu aux états correspondants à ces stades ou qui emploie ces termes pour y parvenir. »

La Métaphysique Orientale

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  1. Dans la Taittirîya Upanishad, 2e Vallî, 8e Anuvâka, shruti 1, et 3e Vallî, 10e Anuvâka, shruti 5, les désignations des différentes enveloppes sont rapportées directement au « Soi », suivant qu’on le considère par rapport à tel ou tel état de manifestation []

par le 8 août 2010, mis à jour le 15 juin 2016

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