La transmission de la fonction polaire (qutâbah) (B.C.A.H.C)

 

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Cet article est issu de notre traduction de Durrat el-asrâr wa tuhfat el-Abrâr (Imâm Ibn çabbâgh) publiée en PDF sous le titre «Biographie du Cheikh Abû-l-Hassan Châdhilî (B.C.A.H.C)» .

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Mon père me raconta que le pieux Cheikh et récitateur de Coran, Abû ‘Abdallah le copiste lui relata ceci :

« Je voyageais en compagnie de ces deux personnes [Abû ‘Alî et le Cheikh Abû-l-Hassan], au service de Abû ‘Alî, et alors que nous étions sur le point d’atteindre la ville de Tripoli, le Cheikh [Abû-l-Hassan] dit : « Laisse-moi voyager en suivant la route par l’intérieur [des terres]», mais le Cheikh Abû ‘Alî, lui, choisit la route côtière.

Ce dernier vit l’Envoyé d’Allah qui lui dit :

Abû ‘Alî, tu es un Saint d’Allah, le Cheikh Abû-l-Hassan est un Saint d’Allah, et Allah n’arbitrera jamais entre deux de Ses Saints à propos de la route à suivre. Prends la route que tu as choisie et laisse-le procéder le long de la route qu’il a choisie.

Nous prîmes alors nos chemins respectifs pour nous retrouver sur la route près d’Alexandrie.

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Une fois la prière du matin accomplie, le Cheikh Abû ‘Alî approcha la tente du Cheikh Abû-l-Hassan, en compagnie duquel nous étions à ce moment. Il entra en sa présence, s’assit en face de lui, et eut un comportement particulièrement révérencieux à son égard. Il conversa avec lui d’un discours dont nous ne comprîmes pas un seul mot et quand il fut sur le départ, il lui dit : « Ô mon Maître, étends ta main que je puisse l’embrasser ». Et il embrassa sa main, puis partit en pleurant. Nous nous étonnâmes de son attitude vis-à-vis de lui.

Quand le Cheikh Abû ‘Alî fut bien avancé sur la route, il se tourna vers ses compagnons et dit :

« J’ai vu hier l’Envoyé d’Allah qui m’a dit : « Ô Yûnus, Abû al-Hujjâj el-Uqçorî était en terre d’Egypte et était le Qutb de son temps. La nuit dernière, il est mort et Allah l’a fait succéder par Abû-l-Hassan Châdhilî. Alors, je suis venu à lui pour prêter allégeance au Pôle 1 ».

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Quand nous atteignîmes Alexandrie, et que les gens sortirent pour rencontrer le groupe de voyageurs, je vis le Cheikh Abû ‘Alî  frapper avec sa main le pommeau de la selle et dire en pleurant :

« Ô gens de cette contrée, si vous saviez qui est celui qui se présente à vous dans sa caravane, vous embrasseriez le pied de son chameau ! La baraka se présente à vous ! [ …] »

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Mosquée abritant le tombeau du Cheikh Abû el-Hujjâj, bâtie sur un ancien temple égyptien de Louxor

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Vestiges de hiéroglyphes à l’intérieur de la mosquée

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Mihrab

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Tombeau du Cheikh Abu el-Hujjâj el-Uqçorî

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28 juillet 2015 – V2

Remarques

On a vu cet épisode être  cité dans le but de justifier la thèse que la reconnaissance des disciples suffisait en elle-même au titre de idhn pour permettre à un membre d’une tarîqah d’exercer régulièrement la fonction de Cheikh.

Une telle déduction ne peut pourtant logiquement être tirée de ce qui est relaté ici, et pour deux raisons principales.

La première de ces raisons est que l’annonce de l’investiture aux disciples précède la bay’ah, c’est-à-dire selon l’ordre normal, habituel et connu des choses.

La seconde est qu’il s’agit ici d’une investiture concernant le Tasarruf et non le Tasawwuf.

Mohammed Abd es-Salâm

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  1. Litt. : « pour prendre la bay’ah polaire ». []

par le 6 juillet 2012, mis à jour le 27 août 2015