Rejet de l’alchimie (B.C.A.H.C)

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Cet article est issu de notre traduction de Durrat el-asrâr wa tuhfat el-Abrâr (Imâm Ibn çabbâgh) publiée en PDF sous le titre «Biographie du Cheikh Abû-l-Hassan Châdhilî (B.C.A.H.C)» .

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Selon le narrateur, et je l’ai souvent entendu parler de cela, le Cheikh Abû-l-Hassan -qu’Allah soit satisfait de lui- raconta :

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« Au début de ma carrière, j’avais la volonté de continuer à étudier la science de l’alchimie, et faisais une demande à Allah à ce propos. On me dit :

–    L’alchimie est dans ton urine, mets-y ce que tu veux et cela deviendra ce que tu désires.

Je chauffai une pioche et, en l’éteignant de cette façon, elle devint de l’or. A cet instant, ma présence d’esprit me revint et je m’exclamai :

–     Ô mon Seigneur, je te demandais une certaine chose, mais l’obtenais uniquement par l’utilisation de moyens impurs. Or,  l’utilisation de moyens impurs est illégale.

On me dit :

–     Ô ‘Alî , le monde est une saleté toute entière, et si tu le désires, tu n’obtiendras rien si ce n’est par la saleté.

–     Ô mon Seigneur, délivre-moi en !

–     Chauffe la pioche et elle redeviendra du fer, me dit-on alors.

Je la chauffai et elle devint du fer 1 .

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  1. Guénon rapporte l’anecdote suivante, postérieure à l’épisode relaté ci-dessus : « on raconte que Seyidi Abul-Hassan Esh-Shâdhili, durant son séjour à Alexandrie, transmua en or, à la demande du sultan d’Egypte qui en avait alors un urgent besoin, une grande quantité de métaux vulgaires ; mais il le fit sans avoir recours à aucune opération d’alchimie matérielle ni à aucun moyen d’ordre psychique, et uniquement par l’effet de sa barakah ou influence spirituelle » (Aperçus sur l’initiation, chap. XLI). Il faut en effet noter que « celui qui a pénétré certaines sciences traditionnelles dans leur essence profonde se désintéresse aussi entièrement de leur application et n’en fait jamais aucun usage ; la connaissance pure lui suffit, et elle est véritablement la seule chose qui importe, tout le reste n’étant que simples contingences. » ( Ibid. Le rejet des « pouvoirs »). []

par le 12 avril 2012, mis à jour le 13 avril 2012