Sagesses du Cheikh Mohammed Zakî Ibrâhîm

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من أقوال وحكم فضيلة الإمام الرائد في النصيحة للإخوان

Paroles et sagesses de l’imam al-Ra’îd en guise de recommandation (naçîhah) aux frères

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بسم الله وبحمده، وصلى الله على سيدنا محمد وآله وصحبه وسلم

هذه مجموعة من الأقوال الطيبة الجامعة، والحكم النافعة، كتبها نصيحة لتلاميذه شيخنا الأستاذ الإمام محمد زكي إبراهيم رائد العشيرة المحمدية رحمه الله تعالى رحمة واسعة

Ce recueil est composé de paroles bonnes (aqwâl al-tayyibah) et synthétiques (al-jâmi’ah) ainsi que de sagesses utiles (nafi’ah) écrites à ses élèves en guise de recommandation (naçîhah) par notre Cheikh, l’Instructeur, l’Imam Mohammed Zakî Ibrâhîm, le Ra’îd de la ‘Achîrah Mohammediyyah, qu’Allah – exalté soit-il – lui fasse miséricorde.

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1- الإخوان روح واحدة في أجساد متعددة.

1. Les frères sont un Esprit unique (rûhan wâhidatan) dans des corps multiples (ajsâdin muta’addidah).

2- والإخوان أغصان متعددة من سرحة واحدة.

2. Les frères sont les branches (aghçân) multiples d’un tronc (sarhah) unique 1 .

3- الكسل واليأس من مفاتيح الذل والضياع.

3. La fainéantise (kassal) et le désespoir (al-y’âs) font partie des causes2 de l’avilissement (dhull) et de la perte (dhiyâ‘)

4- عليك العمل، وعلى الله النتيجة.

4. A toi reviens le travail [initiatique] (‘amal) et à Allah le résultat (natîjah)

5- العمل مع الغفلة خير من الغفلة عن العمل.

5. Le travail [initiatique] avec insouciance (al- ‘amalu ma’a al-ghaflah) est meilleur que l’insouciance à l’égard du travail [initiatique] (khayr min al-ghaflah ‘an al-‘amal)3

6- التوكل على غير الله تأكل، وأعظم الكرامة لزوم الاستقامة.

6. La remise confiante (tawakkul) envers un autre qu’Allah est une corrosion (ta’akkul)et le plus grand des prodiges (a’dham el-karâmah) est la persistance dans la rectitude (istiqâmah)


7- لا تكون الزهادة بالجهل والبلادة، وإنما هي بالجد والاستفادة، وإجادة العبادة.

7. L’ascèse [véritable] (zuhâdah) ne se base par sur  l’ignorance (jahl) et  la passivité (balâdah) mais sur l’effort (jidd), l’apprentissage (istifâdah) et l’adoration faite avec excellence (ijâdatu-l-‘ibâdah).

8- لا يكون الولي من رجال الدعاوى والظهور، وإلا فقد استدرجه زور الفجور، وغره بالله الغرور، وكان في دنياه في روض ومن أخراه في تنور.

8. Le Saint (Walî) n’est pas au nombre des gens de prétentions et d’apparences, sauf s’il a été attiré (istidrajahu4 ) par la fausseté du mensonge (zûr el-fujûr) et que l’illusion l’a trompé à l’égard d’Allah ; il était dans un jardin (rawdh) dans cette vie et sera dans une fournaise (tanûr 5 ) dans l’autre 6 .

 

9- الخير والشر عدوى وتقليد، فأصلح الفرد تصلحلأسرة، تصلح أخرى، تصلح الناحية، تصلح المجموعة، تصلح الأمة.

Le bien et le mal sont antagonistes (’adwâ) et procèdent par imitation (taqlîd7 ; corrige donc (fa-‘açlih8 l’individu (al-fard) et la famille (al-usrah) se corrigera puis une autre se corrigera puis la localité (alnahiyyah) se corrigera puis la collectivité (majmû’ah) se corrigera puis la communauté [toute entière] (al-‘ummah) se corrigera 9 .

 

10- على الأخ في الله: السمع والطاعة، فليس أضيع من الجامح في سوق الرضا، ولا أحمق من الهارب من سيف القضا.

 

10. Au frère en Allah reviennent l’écoute et l’obéissance (as-sam’u wa-t-tâ’ah 10 ) : nul n’est davantage égaré que l’[homme] indocile (al-jâmih) dans le marché du Contentement ( sûqir-Ridhâ), ni plus sot que celui qui fuit le couperet du Destin ( wa la ahmâqa min al-hâribi min sayfi-l-qadâ11 .

 

11- الأخ الأمي في ذمة الأخ القارئ، والأخ الفقير في ذمة الغني، والضعيف في ذمة القوي، فميثاق الأخوة يسجل الحقوق، ويرتق الفتوق.

11. Le frère illettré (ummî) est sous la responsabilité (fî dhimmah) du frère lettré (qârî’), le frère pauvre (faqîr) sous celle du riche (ghanî), le faible (da’îf) sous celle du fort (qawî), ainsi le Pacte de la Fraternité (Mîthâqu-l-ukhuwwah12 prend en compte les droits [de chacun] (yusajjilu-l-huqûq) et « comble les brèches » (yurtaqqu-l-futûq13 .

12 – تتألف جمعية ( زاوية ) الإخوان من خمسة، كما قام الإسلام من قبل على خمسة، هم:

(1) المصطفى صلى الله عليه وآله وسلم.

(2) أول من أسلم من الرجال ( أبو بكر ).

(3) أول من أسلم من النساء ( خديجة ).

(4) أول من أسلم من الموالي ( بلال ).

(5) أول من أسلم من الصبيان ( علي ). عليهم الرضوان .

12. L’Assemblée des frères (la Zawiyah) se compose de cinq [membres minimum 14 ] comme l’islam primordial qui a été établi sur cinq [personnes ]:

1) L’Elu – qu’Allah prie sur lui ainsi que sa famille et les salue

2) Le premier qui ait adhéré à l’islam parmi les hommes (rijâl) : Abou Bakr

3) La première qui ait adhéré à l’islam parmi les femmes (nisâ’): Khadîjah

4) Le premier qui ait adhéré à l’islam parmi les esclaves (mawâlî) : Bilâl

5) Le premier qui ait adhéré à l’islam parmi les jeunes gens (çibiyân) : Alî –  Que l’Agrément divin soit sur eux 15 !

 

13- يجب أن تعظ الناس بأفعالك قبل أن تعظهم بأقوالك، فالناصح بغير حاله كالمنفق من غير ماله

 

Tu dois exhorter (yujibu ‘an tu’adh) les gens par tes actes (af’âlika) avant de les exhorter par tes paroles (aqwâlika16 car le conseiller « sans état » (an-nâçihu bi-ghayri hâlihi17 est comme l’intendant sans ressources  (kalmunfiqu min ghayr mâli-hi) 18 .

14- لا تورط نفسك في الكماليات، وجاهدها في ترك جميع المكيفات، ولا تجعل عليك سلطاناً لشهوة من الشهوات، واصبغ بيتك وقولك وعملك بصبغة الإسلام.

Ne recherche pas le luxe (al-kamâliyât), efforce toi de délaisser tout accommodement [superflu] (al-mukayyafât), ne te laisse pas gouverner (sultân) par une passion (chahwah) d’entre les passions et teinte ta maison, tes paroles ainsi que tes actes de la teinte (çibghah) de l’islam 19 .

V13 – 8 octobre 2015

15 – لا تفرط في الدِّين، ولا تتنطع فيه، واعمل جهدك بالسنن، واعلم أن التقوى في القلوب، والتزم الكمال والوقار والجد، وإياك وفضول القول والعمل.

N’exagère pas et n’emprunte pas de manières affectées en ce qui concerne la religion (dîn). Efforce toi à mettre en œuvre les traditions prophétiques (sunan). Sache que la crainte pieuse (taqwâ) siège dans les cœurs ainsi que la persistance de la perfection (iltizamu-l-kamâl), la gravité (waqâr) et l’effort (jidd) et prends garde à l’excès de parole ou d’acte.

16 – التمس العزائم، واستحضر نشاطك وهمتك، واعذر النَّاس إن أخطأوا أو قصروا، وإياك والكسل، وإياك واليأس من روح الله.

Persiste dans l’accomplissement [des actes selon leur statut légal] habituel (iltimas al-‘azâ’im20 , concentre ton activité et ton aspiration (himmah) spirituelle 21 , excuse les hommes s’ils fautent ou sont coupables de manquements, prends garde à la fainéantise et prends garde au fait de désespérer de la Bonté (Rawh) d’Allah 22 !

17- لا تنقطع عن مجالس الإخوان، وارض بأحكامهم، ونفذها بأمانة، واحفظ تعاليمهم العشرة عن ظهر قلب، واستظهر ما استطعت الأوراد والأحزاب والأدعية الخاصة بهم.

17. Ne te sépare pas de l’assemblée des frères 23 , agrée leurs statuts, sois y fidèle, mémorise par cœur leurs « dix préceptes »24 ainsi que ce tu pourras de leurs litanies, oraisons et invocations particulières.

(A suivre … in châ Allah ! )

Cheikh Mohammed  Zakî Ibrâhîm

Notes du traducteur

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  1. On peut rapprocher ces deux premières sagesses du célèbre hadith sahîh suivant : An-Nu‘mân Ibn Bashîr (qu’Allah l’agrée) a rapporté que l’Envoyé d’Allah (sur lui la Grâce et la Paix) a dit : « Tu vois les croyants (mu’minîn) dans leur amour, leur affection, et dans leur miséricorde qu’ils se portent, comparables à un seul corps (ka-mithlu al-jasadu-l-wâhid). Lorsque un membre est affecté, c’est l’ensemble du corps qui ressent la douleur et s’enfièvre » (al-Bukhârî). Dans la même perspective, on rapporte cet autre hadith unanimement reconnu, d’après Abou Moussa El-Ach’arî qu’Allah l’agrée : « le Prophète (sur lui la Grâce et la Paix) a dit : « Le croyant (mu’min) est pour le croyant comme un édifice [dont les briques] se soutiennent les unes les autres » , et il croisa ses doigts » (Al-Nawâwî). []
  2. Litt. « font partie des clés (min mafâtîh). []
  3. Ces deux dernières sagesses ont un accent chadhilî plus particulièrement marqué. On citera pour mémoire la hikma suivante d’Ibn `Atâ Allâh al-lskandari: « N’abandonne pas l’invocation (dhikr) en raison de l’absence de ta présence avec Allah quand tu l’invoques, car ton insouciance envers Son invocation est pire que ton insouciance dans Son invocation. Il se peut qu’Allah t’élève d’une invocation faite avec négligence, à une autre fait avec vigilance (yaqdhah). Et d’une invocation faite avec vigilance, à une invocation avec présence (hudhûr). Et d’une invocation faite avec présence à une invocation avec absence à tout autre que l’Invoqué (madhkûr) « Et cela pour Dieu n’est pas difficile. » (Coran XIV 20) []
  4. « La racine verbale du terme utilisé ici fait plus précisément référence à l’istidrâj, processus qui amène celui qui en est l’objet dans l’illusion d’une progression spirituelle sans fondement ni réalité pour finalement le conduire à une déchéance d’autant plus importante et dommageable. » []
  5. Litt. un four. []
  6. Il est difficile de rendre de manière concise la richesse des racines arabes utilisées dans la fin cette sagesse. Pour plus de clarté, nous reformulons ici le sens général : le Saint qui est victime de l’istidrâj sombre dans la prétention, sa vie ici-bas est embellie à ses yeux par la flatterie et la vanité ; dans l’au-delà l’illusion cessera et il sera renvoyé à sa condition réelle. Qu’Allah nous en protège ainsi que tous les cheminants sincères dans la voie qui mène à Lui – Exalté soit-Il! []
  7. Ce principe n’est pas sans rappeler le symbole du Yin-Yang de la tradition extrême-orientale. []
  8. De la racine çalaha d’où vient le terme içlah qui désigne la réforme ou la restauration. Le cheikh Zakî al-Dîn considérait le taçawwuf véritable comme la méthode de restauration traditionnelle par excellence. []
  9. Cette hikma présente une analogie frappante avec la parole suivante de Confucius, citée par René Guénon dans « Autorité spirituelle et pouvoir temporel » : « Les anciens princes, pour faire briller les vertus naturelles dans le coeur de tous les hommes, s’appliquaient auparavant à bien gouverner chacun sa principauté. Pour bien gouverner leurs principautés, ils mettaient auparavant le bon ordre dans leurs familles. Pour mettre le bon ordre dans leurs familles, ils travaillaient auparavant à se perfectionner eux-mêmes, ils réglaient auparavant les mouvements de leur coeur. Pour régler les mouvements de leur coeur, ils rendaient auparavant leur volonté parfaite. Pour rendre leur volonté parfaite, ils développaient leurs connaissances le plus possible. On développe ses connaissances en scrutant la nature des choses. La nature des choses une fois scrutée, les connaissances atteignent leur plus haut degré. Les connaissances étant arrivées à leur plus haut degré, la volonté devient parfaite. La volonté étant parfaite, les mouvements du cœur sont réglés. Les mouvements du coeur étant réglés, tout homme est exempt de défauts. Après s’être corrigé soi -même, on établit l’ordre dans la famille. L’ordre régnant dans la famille, la principauté est bien gouvernée. La principauté étant bien gouvernée, bientôt tout l’empire jouit de la paix. » Ici s’arrête la citation de Guénon que nous complétons en extrayant la suite de la traduction du P.Couvreur :  » Depuis le Fils du Ciel jusqu’au plus humble particulier, chacun doit avant tout se perfectionner soi-même. Celui qui néglige le principal ne peut régler convenablement les choses qui en dépendent. Jamais un homme qui soigne peu ce qu’il doit aimer le plus n’a gouverné avec diligence ce qui lui est moins cher. « . []
  10. Ces deux qualités sont fréquemment associées dans le Coran, cf. par exemple les célèbres derniers verset de la sourate al-baqarah. []
  11. Litt. : « l’épée  de l’Arrêt divin ». Sur la différence entre l’Arrêt (Qadhâ) et le Décret (Qadar) divins, on consultera utilement la traduction du traité d’Al-Qachânî par l’orientaliste S. Guyard à la fin du 19ème siècle, actuellement disponible aux éditions Albouraq sous le titre de « Traité sur le Prédestination et le libre arbitre » et précédée d’une introduction éclairante de G. Leconte. Une édition critique du texte arabe a été publiée dans le numéro 2 de la Revue des « Recherches et Etudes Soufies ». []
  12. Le terme Mîthâq renvoie ultimement, dans le Coran (7 : 172), au pacte primordial passé de toute éternité entre Allah et les descendants d’Adam. Dans la sunna, le premier Pacte de fraternité (mu’âkhâh – dérivé de la même racine que « ukhuwwah ») a été établi à Médine par le Prophète – sur lui la Grâce et la Paix – entre les Ansâr et les Muhâjirûn. Dans cette perspective, le Cheikh Zakî al-Dîn établissait régulièrement des pactes entre les fuqarâ‘ récemment rattachés et d’autres plus anciens. Pour plus de précisions sur la notion d’ukhuwwah dans la Tarîqah Mohammediyyah voir aussi notre traduction des « Piliers de la Fraternité » du Cheikh Zakî al-Din – Qu’Allah soit satisfait de lui – et le travail en cours de Sidî Mohammed Abd es-Salâm sur ce sujet. []
  13. Cette dernière expression est difficile à traduire :  le terme « futûq » renvoie à l’idée de déchirement (d’un tissu) ou de fissure (dans un mur) et la racine du verbe employé « raqqa » signifie littéralement « élever par degrés »  ; il s’agit selon nous de compenser certains « manques » existants dans la fraternité en vue d’en assurer l’« homogénéité », « élevant » ainsi l’ensemble de la fraternité à un degré de perfection supérieur. Cette sagesse complète en quelque sorte les deux premières sagesses du recueil. []
  14. Voir à ce propos la première règle des Assemblées Mohammediennes. []
  15. On notera ici, avec les réserves nécessaires au caractère spécifiquement mohammédien de cet enseignement, une certaine analogie entre les catégories « sociales » que représentent chacun des « membres fondateurs » de la communauté islamique et les « castes » de la tradition hindoue. Selon René Guénon « Le principe de l’institution des castes, si complètement incompris des Occidentaux, n’est pas autre chose que la différence de nature qui existe entre les individus humains, et qui établit parmi eux une hiérarchie dont la méconnaissance ne peut amener que le désordre et la confusion » (Autorité spirituelle et pouvoir temporel, Chap. I – Autorité et Hiérarchie) ; à ce titre, et dans la continuité des précédentes sagesses, on soulignera l’importance que revêt l’intégration harmonieuse de chacune de ces « natures » au sein de toute communauté traditionnelle, a fortiori dans un cadre initiatique. []
  16. Il s’agit en effet d’une des conditions de l’exhortation (wa’z). Il y a cependant certaines subtilités dans l’application de cette règle que montre bien le passage suivant d’Ibn Abbad, à propos de certaines critiques portant sur ses prônes donnés dans la mosquée de la Qarawyn à Fès : « Quant à votre remarque sur l’opposition entre ce que je suis et ce que je dis, elle est sans fondement, car dans mes prônes je n’adopte pas le style de l’exhortation (wa’z), pour qu’il soit juste d’exiger de moi de me conformer à elle, comme il a été dit : « Ne blâme pas une attitude, tandis que toi tu l’adopte toi-même, etc… » Ma méthode est plutôt didactique, car le besoin qu’ont nos contemporains d’être instruits dépasse leur besoin (d’être exhortés) à l’action. Or que celui qui les instruit ne pratique pas ce qu’il enseigne, cela, au dire des demi-savants de notre époque, n’empêche pas les gens d’en profiter ni ne l’empêche d’enseigner. Comment alors ces demi-savants critiquent-ils ce qu’ils professent par ailleurs ? Que s’il nous arrive exceptionnellement de faire une exhortation et de recommander aux gens la pratique de vertus qui nous feraient défaut, dans ce cas, je m’adresse à moi-même autant qu’à eux et je précise que c’est là une obligation qui s’impose à moi comme à eux. Personne ne peut critiquer cette manière d’exhorter (…) Et si mon exhortation porte sur des vertus que je crois posséder, je ne me confonds pas avec mes auditeurs, mais je leur parle de la manière suivante : « Ô hommes, faites ceci », « accomplissez cela », « vous devez agir ainsi », « vous devez faire comme cela », et cette manière de parler est juste aussi… » (Cité par Paul Nwyia in Un mystique prédicateur à la Qarawyn de Fes. Ibn Abbad de Ronda; 1332-1390). Cf. aussi à ce propos le début du dars suivant de Sidi Abdallah Penot. Le Cheikh al-Akbar Muhyi-d-Dîn Ibn Arabi indique quant à lui qu’ « il est possible que celui qui est […] « droit dans sa parole » soit déparé lui-même du but vers lequel il dirige (yurshidu) cependant l’autre» .Tout ceci permet de comprendre comment peut se faire la transmission d’un enseignement par un être qui n’a pas forcément réalisé personnellement la science qu’il transmet. []
  17. C’est-à-dire dont l’état n’est pas cohérent avec les conseils qu’il donne. Sur la Naçîhah dans la Tarîqah Mohammediyyah cf. l’article de Mohammed Abd es-Salâm déjà mentionné plus haut . []
  18. Ni l’un ni l’autre ne sont en mesure d’exercer leur fonction dans de telles conditions. []
  19. « La notion de « teinte » (çibghah) réfère au verset 2, 138 : « La teinte d’Allâh. Et qui est plus beau en teinte qu’Allâh ? C’est Lui que nous adorons » – Nous empruntons cette note (14) à la traduction de Jâbir Clément-François du Symbole sans pareil de l’Identité Suprême  du Cheikh Ahmed el-’Alawi qui fait écho à cette expression coranique, en rapport avec le symbolisme de l’encre et des lettres. []
  20. C’est à dire sans recourir à un allègement légal (rukhçah). Comme on le voit,  cette sagesse complète la précédente, il s’agit donc d’être ni laxiste, ni formaliste. []
  21. Ceci est à mettre enrapport avec le Tawhîd comme méthode initiatique. []
  22. Allusion à Cor. 12,87 : « Ne désespérez pas de la Bonté d’Allah, car seuls les mécréants désespèrent de la Bonté d’Allah » (d’après J.-L. Michon). []
  23. On notera que l’auteur insiste ici sur la fréquentation de l’assemblée des frères… et non de celle du cheikh. Voir aussi à ce sujet les précisions données sur les « Assemblées mohammédiennes ». []
  24. Il s’agit d’un texte du au Cheikh Ibrâhîm el-Khalîl et dont il existe un commentaire manuscrit. Nous ne connaissons directement ni l’un, ni l’autre. Peut s’agit-il des enseignements du Cheikh Ibrâhîm en dix points figurants dans Al-Bayt el-Mohammedî, repris et complété par le Cheikh Zakî Al-Dîn. []

par le 5 mai 2012, mis à jour le 8 octobre 2015