Conseils pour la pratique du dhikr extraits d’al-Mafâkhir el-`Aliyah d’Ibn ‘Iyâd

 Nous inaugurons ici la présentation d’une série de textes donnant des directives générales concernant la pratique du dhikr.

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Sache qu’Allâh –Elevé soit-Il- fait en sorte que les causes secondaires (asbâb) conduisent le serviteur vers la Dignité Seigneuriale et qu’il s’isole, grâce à elles, dans les Présences de Miséricorde. Ces causes déterminantes sont parfois internes et parfois externes. Celles qui sont externes, telles (comme) la recherche d’Allâh-le Vrai (el-Haqq) –qu’Il soit Exalté et Élevé- et la recherche du serviteur à réaliser qu’il est, en tous ses états, entre les Mains d’Allâh – ( ……)

On compte, parmi les meilleurs moyens pouvant aider le serviteur, par la permission d’Allâh, à réaliser les œuvres de rapprochement énoncées tout en préservant l’ordre extérieur des choses (?), les attitudes suivantes :

  • l’application (…) aux œuvres d’obéissance telles que la Jumû`ah (prière du vendredi en commun) et les réunions en général,
  • aller à la mosquée et aux endroits bénéfiques (arb),
  • pratiquer l’aumône selon la facilité qu’on en a (en dehors de l’obligation légale de la zakât), en recherchant ainsi la purification de l’âme,
  • garder sa langue de l’abus de langage (el-takallam), sauf pour le dhikr d’Allâh –qu’Il soit Exalté et Elevé- sur ce qu’il incombe à la langue à l’homme de parler à sa famille à certains moments et de permettre d’accomplir les besoins de certains de ses frères.

Il s’agit avant tout ici de la formule « Lâ ilâha ill-Allâh« , pratiquée avec une concentration complète et selon les règles spirituelles convenant à Celui qui est mentionné –qu’Il soit Exalté et Élevé. Car le Prophète –qu’Allâh prie sur lui et le salue- a dit en ce sens :  » En vérité Allâh a dit : Je suis le Commensal (Jalîs : assis auprès) de celui qui Me Mentionne et Je suis avec Mon serviteur quand il Me mentionne et que ses lèvres, pour Moi, s’agitent. » De quelle excellente station il s’agit là !

Parmi les sens concernant l’ « assemblée » (dont il est question ici) d’Allâh (el-Haqq) avec son serviteur -qu’Il soit Exalté et Elevé- : la proximité de Sa Miséricorde, Son aide et Son soutien, Sa contraction (qabd) et son ouverture (fath), la lumière de Ses Noms et de Ses Qualités, obtenues « à partir » de Son serviteur en tant que, si celui-ci est sincère dans son dhikr, son propre cœur est visité par les réalités intimes en question qui l’illuminent par les lumières correspondantes.

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 Exemple de règles spirituelles concernant le dhikr, selon la manière de Maîtres de la Loi extérieure (Sharî’ah)

On se purifie des impuretés légales et des saletés.

On prie deux raka`ât, en récitant dans la première : « Dis : Ô vous les Mécréants !  » et dans la deuxième : « Dis : Lui (est) Allâh (est) Unique ! », à voix basse si c’est de jour, à voix haute si c’est de nuit.

Quand on a fini la prière de deux raka`ât, on reste dans la posture assise que l’on prend dans le dernier tachahhud .

On demande pardon à Allâh en disant 70 fois :

 » Je demande pardon à Allâh l’Immense et je fais retour vers Lui »

أَسْتَغْفِرُالله الْعَظِيم وَ أَتُوبُ إِلَيْه

On récite ensuite la Fâtihah 11 fois, puis on dit :

« O Seigneur ! Tu es Allâh : facilite-nous donc la science de Lâ ilâha illâ-Allâh. »

ياَ رَبِّ أَنْتَ الله ُ يَسِّر لَنَا عِلْم لآ إِلاَهَ إِلاَّ الله

Puis on fait le dhikr d’Allâh –Elevé soit-Il- en diminuant sa voix par son dhikr sauf s’il survient une pensée (khâtir) auquel cas on élève la voix à la mesure de ce qui est nécessaire pour supprimer la pensée en question.

Si l’élévation de la voix dans le dhikr ne suffit pas à cela on revient à la demande de pardon (istighfâr) puis à la récitation, comme précédemment, puis on fait le dhikr.

Le serviteur (d’Allâh) doit s’habituer à cette pratique le reste de son temps. Si cela ne lui est pas facile (aisé) : après la prière obligatoire, d’une manière ordonnée et régulière. Si cela même ne lui est pas aisé : après la prière du çubh et après la prière de la `ichâ‘. Si cela ne lui est pas aisé : une fois par nuit à condition que chaque cession ne fasse pas moins que la moitié d’une heure (l’heure valant ici vingt degrés). (…)

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Un certain Maître parmi les plus élevés a dit dans son épître : « La guérison du malade dans les particularités du Tahlîl », à propos des règles spirituelles concernant le dhikr par la formule Lâ ilâha ill-Allâh

« On doit faire l’ablution, s’habiller pur, s’asseoir dans un endroit pur comme on le fait pour la prière en se préoccupant de son affaire.

On s’isole du monde (des créatures) autant que faire se peut.

On choisit particulièrement les moments nobles de la journée (pendant lesquels on fait habituellement son oraison initiatique journalière –wird-), tels que depuis le point du jour (tulu`el-fajr) jusqu’au lever du soleil, après le açr jusqu’au coucher du soleil (ou toute partie de ces périodes) et entre les deux ichâ’ (prières de nuit) et le suhûr.

On s’oriente dans la qiblah tout en se détournant de ce qui est autre qu’Allâh.

On débute par :

« Gloire à Allâh et Louange à Allâh et Il n’est de dieu qu’Allâh et Allâh est plus Grand » (3 fois).

 سُبْحَانَ الله وَ الْحَمْدُ للهِ و لآ إِلاَهَ  إِلاَّ الله والله أَكْبَر

Puis on dit (3 fois):

« Allahumma ! Tu es mon Seigneur ! Il n’y a pas de dieu si ce n’est Toi !

Tu m’as créé, je suis Ton serviteur,

et je suis selon Ton pacte et Ta promesse autant qu’il m’est possible !

Je prends refuge en Toi contre le mal que Tu as formé!

Je reviens à Toi par l’effet de Ta Grâce et je reviens par mon péché !

Pardonne-moi car ne pardonne les péchés que Toi ! »

اللهُمَّ أنْتَ رَبِّي لآ إِلاَهَ إِلاَّ أَنْتَ

 خَلَقْتَنيِ وَ أَنا عَبْدُكَ وَ أناَ عَلَى عَهْدِكَ وَ وَعْدِكَ ما اسْتَطَعْتُ

أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ ما صَنَعْتُ أَبُؤُ لَكَ بِنِعْمَتِكَ عَلَيَّ وَ أَبُؤُ بِذَنْبِي فآغْفِرْلِي

 فَإِنَّهُ لاَ يَغْفِرُ الذُّنوُبَ إِلاّ أَنْتَ َ

 

Puis on dit (3 fois) :

« Je demande pardon à Allâh de l’ensemble de ce qu’Allâh déteste

en guise de parole, d’acte, de pensée et de regard. »

 أَسْتَغْفِرُالله مِنْ جَميِعِ مَا كَرَّهَ الله قَوْلاً وَ فِعْلاً وخَاطِرًا  و ناظِرًا

Puis on dit (3 fois) :

« Allahumma prie sur notre Seigneur Muhammad,

le Prophète Illettré, ainsi que sur sa Famille et ses Compagnons, et salue le ! »

اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا  مُحَمَّد النَّبِيّ الأُميّ وَ عَلى آلِهِ وَ صَحْبِهِ وَ سَلِّم

Puis on dit (3 fois) :

« Ô Secoureur de ceux qui cherchent secours ! Secours-nous! »

يَا غِيَاثَ المُسْتَغِيثيِنَ أَغِثْنَا

Puis on dit (7 fois) :

« Gloire au Roi, le Très- Saint, le Créateur, l’Agissant »

سُبْحَانَ الْمَلِكِ الْقُدُّوسِ الْخَلاَّقِ الْفَعَّالِ

Puis on dit (désignant ainsi les suggestions répugnantes) en posant sa main droite sur le cœur :

« S’Il veut Il vous fait fuir, puis Il vient avec une création nouvelle. Et cela n’est pas chose difficile pour Allâh » [Cor. ……..]

إِنْ يَشَأَ يُذْهِبْكُم وَ يَأْتِ  بِخَلْقٍ جَديِدٍ  وَ ما ذَلِكَ عَلىَ الله بِعَزيِز

Puis on dit (avec l’intention de réciter en cela le Qoran) :

Je prends refuge en Allâh  contre Satan le Lapidé.

« Saches donc qu’Il est Lâ ilâha illa-Lllâh« 

أَعوذُ بِالله مِن الشيطان الرجيِم

فَاعْلَم أَنَهُ لآ إِلاَهَ إِلاَّ آللهُ

le répétant 10 fois puis en gravissant [par autant de répétitions] ce qu’Allâh voudra [en guise de réalités…]

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 Quant aux modalités proprement dites du dhikr

On fera débuter (la shahadah) sur le côté gauche (du corps), au-dessous du niveau du nombril, pendant la durée du de la négation (durée qui sera longue en elle-même). Puis on exprimera l’attaque vocalique en kisrâ‘ (de ilâha) par un léger sukûn tout en penchant (inclinant) son cou vers son épaule, avec l’intention en cela de nier (la réalité) de la divinité vaine (de l’âme) et de nier toute chose en dehors d’Allâh en guise d’honneurs, de biens propres, de femmes, d’enfants, de toutes sortes d’argents, de glorifications, de défauts et de ce qui y ressemble.

Puis on dira « ill-Allâh » en insistant clairement sur la voyelle « I » [de l’attaque vocalique de illâ (al-istithnah)] en développant cette lettre du fond de sa gorge en frappant le cœur, sur le coté droit (…).

On fera durer le Nom de Majesté longuement et avec finesse (délicatesse) en cherchant à sentir par cette pratique (en cela) l’établissement (de la « présence ») d’Allâh-le Vrai –que soit magnifié sa Splendeur- par Ses Attributs de Perfection tout en se défaisant soi-même de ses attributs contingents et déficients, en accord avec la doctrine (selon ce qu’enseigne la doctrine extérieurement).

Si l’on ne ressent pas une telle chose en disant « Lâ ilâha ill-Llâh » c’est comme si on n’avait pas dit [effectivement] Il n’y a de dieu qu’Allâh ! Mais ceci n’autorise aucunement à délaisser le dhikr : que l’on persiste assidûment au contraire dans la pratique l’incantation divine car l’assiduité [à pratiquer une chose] conduit à la compréhension de son sens dans son cœur, si Allâh veut –qu’Il soit Exalté- Ainsi que l’a dit Ibn Atta Allâh dans les Hikam

« N’abandonne par le dhikr d’Allâh à cause de ton manque de « présence » avec Allâh quand tu t’y adonnes,

Car ta négligence à pratiquer Son dhikr est pire que ton état de distraction quand tu pratiques Son dhikr.

Or il se peut qu’Allâh t’élève d’un dhikr fait avec distraction en un dhikr fait avec vigilance (éveil),

Et d’un dhikr fait avec vigilance en un dhikr fait avec « présence »,

Puis d’un dhikr fait avec « présence » en un dhikr pratiqué dans l’absence de tout ce qui autre que Le Mentionné « Et cela, pour Allâh, n’est pas difficile »  »

Quand il veut terminer le dhikr, le serviteur dit :

« Muhammad est l’Envoyé d’Allâh »

مُحَمَّدٌ رَسُلُ للهِ صَلى الله عَلَيْهِ وَ سَلم

Puis il prie sur le Prophète –qu’Allâh prie sur lui et le salue- et dit :

                « Allahumma, prends de nous et accepte de nous !

Ouvre pour nous les portes de « Lâ ilâha ill-Allâh » comme Tu les as ouvertes sur les Gens de « Lâ ilâha ill-Llâh » !

Nous Te demandons, ô « Lâ ilâha ill-Allâh », par le droit (la vérité) de « Lâ ilâha ill-Allâh »,

de nous vivifier par « Lâ ilâha ill-Allah » et de nous faire mourir sur « Lâ ilâha ill-Allâh » ;

de  nous réunir dans la catégorie de ceux qui disent « Il n’y a de dieu qu’Allâh » et d’éclairer nos cœurs par « Lâ ilâha ill-Allâh » ;

de nous faciliter la compréhension des perles des sens de « Lâ ilâha ill-Allâh » de la mer de « Lâ ilâha ill-Allâh » ;

de faire sortir de nos cœurs les caractères diaboliques et d’établir fermement dans nos cœurs un caractère venant de Toi, Ô Tout-Miséricordieux !

de disposer l’intimité profonde de nos êtres à recevoir « Lâ ilâha ill-Allâh » ;

de prier et d’étendre une salutation pacifiante et abondante sur notre Seigneur Muhammad, ainsi que sur sa Famille et ses Compagnons !  »

اللَّهُمَّ خَدِّ مْنا وَ تَقَبَّلْ مِنَّا وافْتَحْ عَلَيْنَا أَبْوَبَ  لآ إِلاَهَ  إِلاَّ آللهُ

كَمَا فَتَحْتَهَا عَلى أَهْلِ لآ إِلاَهَ إِلاَّ آللهُ

نَسْأَلُكَ يا لآ إِلاَهَ إِلاَّ آللهُ

بِحَقِّ لآ إِلاَهَ إِلاَّ الله أَنْ تُحيِينَا بِلآ إِلاَهَ  إِلاَّ الله وأَنْ تَحْشُرَنا في زُمْرَةِ من قال لآ إِلاَهَ إِلاَّ الله و أَن تُنَوِّرَ قُلوُبَنَا بِلآ إِلاَهَ إِلاَّ الله و أَنْ تُوَفِّقَنَا إلى إِخْرَاجِ دُرَرِ مَعَانِي لآ إِلاَهَ إِلاَّ الله من بَخْرِ لآ إِلاَهَ إِلاَّ الله وأنْ تَزيلَ مِنْ قُلوُبِنَا أَخْلاقَ الشَّيَاطيِنَ  وأنْ تُثَبِّتَ في قُلوُبِنَا أَخْلاقاً مِنْكَ يا رحمن و أنْ تُهَيئْ أَسْرَرَنَا لِقَبُولِ لآ إِلاَهَ إِلاَّ الله و أنْ تُصَلِّي على سيِّدِنا محمدٍ و على آلِهِ و صَحْبِهِ و سَلِّم تَسْليمًا كَثِرًا

Puis on dit (3 fois) :

« Allahumma, réconcilie l’Imâm et les imâms, celui qui guide (er-Râ`î) et ceux qui sont guidés et unifie leurs cœurs dans les bienfaits (el-khaïrât). »

اللهُمَ أصلِحْ الإِمَام والأُئِمَّة والرَّاعِي والرَعية  وألِّفْ بَيْنَ قُلوُبِهِم في الخَيرات

Puis on dit (Coran) :

« Notre Seigneur ! Pardonne-nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés dans le Foi

et ne mets pas dans nos cœurs de rancune à l’encontre de ceux qui croient !

En vérité, Tu es (Celui qui est) Bon, Miséricordieux.  »

 ربنا اغْفرلنا و لإخواننا الذين سبقونا بالإيمان

و لا تجعل في قلوبنا غلاًّ للذين آمنوا ربنا إنَّك رءوف رحيم

 « Gloire à Ton Seigneur, Seigneur de l’Elévation, au-dessus de ce qu’Ils décrivent !

Et que la Paix soit sur les Envoyés ! Et louange à Allâh, Seigneur des Mondes ! »

سُبْحَانَ رَبِّكَ رَبِّ العِزَّةِ عَمَّا يَصِفون وَ سَلامٌ عَلى المُرْسَلين

وَالحَمْدُ للهِ رَبِّ العالَمين

Puis on récite la Fâtihah avec la sourate el-Ikhlâç (3 fois), en commençant et en finissant par la prière (sur le Prophète).

Puis on dédie la récompense de tout cela aux Maîtres de la Tarîqah, particulièrement à ceux qui sont dans la silsilah, en disant par exemple :

« Allahumma, je dédie la récompense de ceci à l’esprit de notre Maître et Seigneur,

qui appelle à Toi et qui T’indique, Seyydunâ Abu-l-Hasan esh-Shâdhilî

ainsi qu’aux esprits de ceux dont il a pris et qui ont pris de lui … »

اللهمَّ إِنِّي وَ هَبْتُ ثَوَابَ ذَلِكَ إِلى روحِ سيِّدِنا وَمَوْلانا الدَّاعي إِلَيْكَ والدَّالُّ عَليْكَ سيِّدي ابي الحَسَن الشَّذُلي الآخِذْ عَنْهُم والآخِذينَ عَنْه

On trouve dans un feuillet :

« … qui a été la cause (celui par lequel) de notre rattachement à sa silsilah (sababan li-ittiçâlinâ fî silsilati-hi)

et qui nous a appelé à la Tarîqah de notre Maître Untel (que l’on nomme : …)

… من كان سَبَبًا لإِتِصالِنا في سِلسِلَتِهِ و داعيَنا إِلى طَرِقَةِ أُسْتَاذِنا…

Puis on appelle sur eux la Compassion et la Miséricorde, en disant (3 fois) :

« Allahumma pardonne leur, fais leur miséricorde et efface leur mauvaises actions »

اللهُمَّ اغْفِرْهُم وارْحَمْهُم وتَجَاوَزْ عَنْ سَيِِّئَاتِهِم

Puis on dit :

« Allahumma, pardonne-nous ainsi qu’à nos pères et nos mères, à qui nous a demandé d’intercéder pour lui, à qui a un lien initiatique avec nous (li-man intasaba bi-nâ), à qui nous aime, à qui nous a conseillé par des prières et à l’ensemble des croyants et croyantes, des musulmans et musulmanes, vivants ou morts, par Ta Miséricorde, ô Plus Miséricordieux des Miséricordieux ! »

اللهُمَّ اغْفرلنا ولآبآئنا ولأمهاتنا ولمن توسل إلينا ولمن اتسب بنا ولمن أحبنا ولمن أوصانا بالدعاء ولجميع المؤمنين والمؤمينات و المسلمين والمسلمات الأجياء و الأموات

برحمتك يا أرحم الراحمين

*

Si l’on est constant dans ce que nous avons mentionné (ici), dans les paroles bénéfiques à prononcer tant au début et dans celles qui terminent, en portant attention à leur sens, on obtient des bienfaits et des résultats tels qu’il n’est pas possible de les décrire en détail n’y de les exposer oralement, notamment le dessaisissement intérieur du penchant vers le bas monde (duniyah)

(…)

La manière de l’obtenir consiste à se tenir à un Travail initiatique actif (es-Sulûk), à veiller à l’abondance du dhikr pratiqué avec les conditions afférentes (ma`a el-shurût) et la continuelle observance des règles spirituelles (el-adâd dâ’iman) (orienté dans la qiblah avec concentration (hudûr) ainsi qu’il a été dit) avec 12.000 (shahâdah) chaque jour, puis 30.000 et 70.000

(…)

On doit aussi multiplier la prière sur le Prophète -qu’Allâh prie sur lui et le salue- en considérant l’effort de rapprochement vers lui et la marque d’amour pour lui que cela constitue.

C’est en procédant ainsi qu’on le verra à l’état de sommeil (manâman) et qu’on obtiendra de lui l’enseignement spirituel (irshâd) et la guidée (hidâyah).

On obtiendra de cette manière la facilitation dans le cheminement initiatique (sulûk) en ce qu’il est –qu’Allâh prie sur lui et le salue- l’Intermédiaire (le Médiateur = el-Waçîtah) entre les créatures et le Créateur, la Porte d’Allâh –qu’Il soit Exalté et Elevé- la plus immense.

La prière (sur le Prophète) du tachahhud fait partie de celles qui sont les meilleures ; mais il suffit de dire (cette dernière étant plus longue que la suivante) :

« Allahumma, prie sur notre seigneur Muhammad, sur sa Famille et ses Compagnons et salue-le »

.اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّد النَّبِيّ الأُميّ وَ عَلى آلِهِ وَ صَحْبِهِ وَ سَلِّم

(…)

Sache aussi que les règles spirituelles qui précèdent, concernant la pureté de l’endroit, l’ablution et la prière de deux rakaat avant le dhikr ainsi que les formules (adhkâr) à faire avant et après, ne sont pas des conditions (absolues) à la pratique du dhikr et sont à considérer sous le rapport de la perfection (que l’on peut rechercher) : il ne faudrait pas que l’être délaisse la pratique du dhikr en prétextant la nécessité (des règles en question). Bien au contraire celui-ci, lorsqu’il a orienté son énergie spirituelle (aspiration = lorsqu’il s’y est déterminé) et a orienté son cœur en fonction, doit pratiquer le dhikr, quelle qu’en soit la manière, selon la forme qui précède (qui est la plus complète) ou sans celle-ci : mais il ne fait aucun doute qu’il doit s’appliquer à s’y concentrer !

Sache enfin que ce l’on cherche dans ce qui précède est l’abandon de l’ensemble de ce qui est défendu et la pratique des oeuvres obligatoires (el-wâjibât) ainsi que ce qui est possible des pratiques recommandées (el-mustahibât) et la continuité dans le dhikr pratiqué avec le souci de se concentrer sur son cœur car c’est le début de la Voie.

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par le 26 septembre 2013, mis à jour le 23 juin 2015

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