Rudiments du Taçawwuf Islamique (Abjadiyah et-Taçawwuf el-Islâmî) – Cheikh Zaki ed-Dîn Ibrâhîm

Introduction à la 4° édition

 Au nom de Dieu le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

 Allahumma, notre Seigneur , louange à Toi, aussi prie, salue et bénis de tout ce que Tu peux, notre Maître et Majesté Mohammed, ainsi que sa Famille, ses Compagnons, sa Descendance et leurs successeurs jusqu’au Jour de la Résurrection.

Allahumma, par bienveillance répand des nuages de satisfaction et de miséricorde sur nos Maîtres en Allah, sur nos frères en Allah et tout ceux qui se tiennent effectivement à la porte d’Allah.

Seigneur, pardonne les erreurs que nous avons commises, permets que notre bonne présomption de Toi, sois notre intercesseur et laisse apparaître notre bonne intention car nous n’avons voulu en cela que Ta Face et l’espoir d’une récompense dans l’Au-delà.

 

Voici la 4° édition de notre livre « Rudiments du Taçawwuf Islamique »*, après l’épuisement de toutes les éditions précédentes dès leur parution, malgré l’étonnante cherté de tout ce qui est lié à l’impression et à l’édition, malgré la quantité éditée et l’impossibilité d’annonce ou de publicité.

* On remarquera, une fois de plus, le souci qu’a l’auteur de qualifier le Taçawwuf d’islamique, conformément à ce que précise René Guénon à plusieurs reprises dans son oeuvre, le terme de Taçawwuf pouvant en effet être traduit fidèlement par celui d’initiation et n’ayant donc rien en lui-même de spécifiquement islamique.

Il était dans notre intention de déplacer les questions de jurisprudence exposées à la fin de ce livre et de les mettre dans un petit livre de poche afin de faciliter l’exposé des règles suscitant la divergence et les exposer d’une manière à rapprocher les avis et favoriser l’Union, car la communauté est divisée en partisans (chaque parti étant content du sien) ; elle se déchire. La proximité et la fraternité deviennent plus difficiles à l’intérieur d’une même famille ; que dire d’un même pays. S’il n’y avait pas la Grâce de Dieu l’ensemble périrait.

Si la maladie qui me préoccupe se fige, ce désir est réellement préoccupant, et j’espère que Dieu nous le facilitera, s’il existe une assistance dans la vie.

Je crains que ne revienne le jour où 500 soufis furent égorgés dans une journée, de la main des zélateurs d’Ibn Taymyah à l’époque des mamelouks comme l’a rapporté la plupart des historiens.

Nous ne prétendons pas à l’infaillibilité de nos décisions, ni à l’universalité, ni à une exactitude exhaustive. Nous avons essayé et nous sommes efforcés. Nous demandons à Dieu la réussite par Sa Grâce, car tout fils d’Adam est sujet à l’erreur et celui qui prétend avoir le monopole de l’exactitude est le plus ignorant des pêcheurs et le plus menteur d’entre tous.

Enfin nous demandons pardon à Dieu et vers Lui nous nous repentons.

 Mohammed Zaky Ibrâhîm

Le Caire – Jumada-l-Âkhir 1409/ Janvier 1989

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Chapitre premier

 Questions du Journal At-Ta’awwoun

Au Nom d’Allah et par Sa louange , je commence

Le Journal At-Ta’awwoun » demande à l’Imâm, au pionnier, Mohammed Zaki Ibrâhîm, par son représentant le journaliste connu Kamâl Kharghalî

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1° question

a/      Quel est le but du Taçawwuf islamique ?

b/      Le Taçawuf était-il pratiqué à l’époque du Prophète d’Allah ﷺ ?

 c/       Pourquoi existe-t-il des divergences dans les descriptions du Taçawwuf ?

 d/      Précisions sur ses origines.

Réponse

Quel est le but du Taçawwuf islamique ?

 a/       Le but du Taçawwuf islamique a été présenté de différentes manières. Il peut se résumer de la manière suivante : le Taçawwuf consiste à se séparer de toute imperfection en se séparant de tout ce qui est magnifique, de toute imperfection spirituelle en allant vers les degrés de la Proximité jusqu’à l’Union.

C’est donc une reconstruction de l’homme qui le lie avec son Seigneur dans toutes ses pensées, paroles, intentions, actions et dans toutes les situations humaines de la vie en général.

Cette définition peut se résumer en un mot : la crainte d’Allah. Elle est le plus haut degré de ressenti et d’intelligibilité.

La crainte d’Allah consiste en une croyance et un comportement. C’est une transaction avec Allah, par de bonnes pratiques d’adoration, et une transaction avec les adorateurs, par un bon comportement. Cette considération est le sens de ce qui fut révélé à tout prophète, et c’est sur celle-ci que reposent les droits de l’homme établis en islam.

La purification est l’esprit de la crainte d’Allah. « Certes, a réussi celui qui se purifie » Coran 87, 14) « Certes a réussi celui qui la purifie » Coran 91, 9) dans le sens de « …. celui qui purifie son âme ».

    Le Taçawuf était-il pratiqué à l’époque du Prophète d’Allah ﷺ ?

b/      A partir du sens mentionné, tu peux être certain que le Taçawwuf est un héritage réel de l’époque prophétique, de celle des Compagnons, des Suivants et de ceux qui leur ont succédé.

Le Taçawwuf se caractérise par l’action missionnaire (da’wâ), la lutte (jihâd), le comportement excellent (khuluq), le rappel d’Allah (dhikr), la réflexion (fikr), le détachement du superflu. Tout cela caractérise la crainte et la purification.

Le Taçawwuf est donc une partie de la Révélation, du contenu coranique et de la tradition prophétique. Elle  nous exhorte en mentionnant la station de la Perfection (…).

C’est aussi la station de la crainte mentionnée dans le Coran.

La purification du Coran correspond à la perfection de la tradition prophétique.

La station « rabbanyah » en Islam est mentionnée par le Très-Haut : « Soyez « rabbanyîn » « seigneuriaux » en ce que vous connaissez du livre et en ce que vous étudiez. »

Ceci est le Taçawwuf que nous connaissons. S’il y eut ici ou là un autre Taçawwuf en contradiction avec ceci, nous n’avons rien à voir avec. La faute appartient à leurs partisans, nous ne demandons rien à leur sujet, car chacun aura à rendre compte de ce qu’il a acquis.

(…)

  Pourquoi existe-t-il des divergences dans les descriptions du Taçawwuf ?

c/       Les divergences existantes dans les descriptions du Taçawwuf  sont en rapport avec les étapes successives des hommes dans leur élévation spirituelle (sulûk), chacun décrivant ce qu’il ressent dans sa station. Il ne contredit pas une autre station, la réalité restant la même.

Ceci est comparable à un jardin : chaque cheminant (sâlik) s’arrête sous un arbre du jardin et le décrit. Il ne dit pas qu’il n’y a pas d’autre arbre que celui-là dans le jardin même si sa description est différente, car cela revient au degré de purification et de crainte, c’est-à-dire à la « rabbanyah » de l’Islam, dans la Voie de l’émigration vers Allah.

Le Très Haut a dit en ce sens : « Aussi fuyez vers Dieu, car je suis un avertisseur clair venu se Sa part pour vous » ou encore, en ce sens : «  Je suis émigrant vers mon Seigneur, il me guidera. »

Il est évident que ces deux descriptions parlent d’une même réalité chacune complétant l’autre.

   Précisions sur ses origines.

d/      Les divergences existantes sur la détermination des origines du Taçawwuf sont une intrigue parmi les intrigues des ennemis d’Allah, le Taçawwuf, comme nous l’avons dit précédemment, étant la partie « rabbanyah » de l’Islam. Il est adoration, vertu, (…) réserve, détermination, prendre refuge en des qualités élevées.

Qui donc dira ensuite que ces significations ne sont pas islamiques dans leur fondement ? Que ce sont des fautes ou des erreurs ? (…) On a regardé celui-ci par les diverses accumulations entrées dans le Taçawwuf à partir de croyances déviées ou égarées, mais on n’a pas pris en compte la réalité même du Taçawwuf. Or juger une chose à partir de ce qui s’y est glissé est une erreur ou induit à l’erreur et juger un groupe suite à l’initiative d’individus se disant liés à eux véritablement ou faussement est une injustice évidente.

Est-il raisonnable de penser que les musulmans vont laisser l’Islam pour les irrégularités d’un de ces groupes buvant du vin, pratiquant l’adultère ou déclarant licite ce que Dieu a rendu illicite ?

La pratique ce ceux-ci est-elle une preuve que l’Islam ne provient pas de Dieu ?

Réfléchissez un peu messieurs !

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2° question

a/ Qui est soufi ?
b/ Par quoi est-il caractérisé par rapport au commun des musulmans ?
c/    Existe-t-il une diffère entre le « craignant » Dieu (Taqyy), le « croyant » (mou’min), le « musulman » (mouslim) et le « véridique » (siddîq) ?
d/ S’il n’y a pas de différence, pourquoi tant insister sur l’utilisation de ce terme ?

Réponse

Qui est soufi ?

a/ On peut définir le vrai soufi par le musulman prototype car tous les guides du Taçawwuf sont unanimes sur le fait que le soufisme est le Livre et la pratique prophétique (Sunnah) dans une attitude de pureté, de tolérance et vigilance (ihtiyat).
Ils ont posé ceci comme condition à leur disciple en prenant comme référence ce qu’Allah dit talaâ « mais soyez seigneuriaux…. »
La science ici est la première : la science de la religion par ses deux piliers qui sont le Livre et la Sunnah ensuite ces deux derniers sont eux même la source de toute science humaine utile. Le développement de toutes les civilisations et l’avancement de l’humanité sont des nécessités pour l’évolution de la vie. Le Taçawwuf est alors la voie seigneuriale islamique qui réunit la religion et la vie d’ici bas ; et c’est par là qu’est venu ce que disent les guides du Taçawwuf et en premier lieu el-Junayd : « Celui qui n’a pas acquis la science du Coran et du hadîth n’est pas soufî ».

Tous les guides du Taçawwuf sont unanimes sur ce point, les premiers comme les derniers. On peut  se référer à leurs textes chez el-Quchayrî et Charani ainsi que ceux qui sont entre eux et après eux.

Par quoi est-il caractérisé par rapport au commun des musulmans ?

b/  Il se distingue de l’ensemble des musulmans selon la règle islamique à savoir ici : la pratique (le travail : el-‘amal). Si la pratique du soufi le désigne comme un être exemplaire et missionnaire, son effort le différenciera, il deviendra comme tout spécialiste. Sinon, il sera le pire des hommes s’il dérive ou s’il dévie en ayant dépassé la mesure.

Le niveau du soufi envers l’illicite consiste à se préserver du douteux et à rechercher l’innocence (istibrâ) pour l’honneur et la religion. Il sait comment les Salafs abandonnaient 9/10° de licite par crainte de tomber dans l’illicite. Ils croient donc en cela et s’efforcent de le mettre en pratique.
Dieu Très-Haut dit : «et pour chacun il y a des degrés en fonction de ce qu’il ont fait.» C’est donc la pratique (= le travail initiatique actif) qui fait la différence. »

 

Existe-t-il une différence entre le « craignant » Dieu (Taqyy), le « croyant » (mou’min), le « musulman » (mouslim) et le « véridique » (siddîq) ?

c/   La différence entre le Soufi, le musulman, le croyant, le craignant Dieu a été réglementée en Islam. L’Islam a rendu légale la possibilité d’appeler les gens en fonction de leur particularité en mentionnant ce qui les différencie entre eux ou par rapport aux autres.
Ainsi Dieu a mentionné les Emigrants (Al-Mouhajirûn) et les Auxiliaires (Al-Ançâr) par leur particularités afin de les identifier bien qu’ils fussent musulmans, croyants, craignants Dieu. Le Prophète de Dieu ﷺ appela Bilâl « l’Abyssin » (Habachî), Souhaïb « le Roumî », Salmân « le Farisî », en les différenciant par un surnom bien qu’ils fussent musulmans, croyants, craignants Dieu.
Le Coran a mentionné les musulmans, les humbles (al-khâchi’în), les obéissants (el-qânitya), les repentants (et-tâ’ibîn), les charitables (el-moutaçaddiqîn), les adorateurs (el-‘âdidûn), les louangeurs (el-hâmidûn), les voyageurs (es-sâ’ihûn). Ils reconnaissaient qu’il n’y a pas de divinité digne d’adoration autre que Dieu.
Ceci dit, mentionner quelqu’un par une caractéristique par laquelle il est connu des gens est une pratique coranique et prophétique. Tant que cette communauté est reconnue par l’appellation de soufis pour une raison ou une autre ce n’est pas une innovation de l’appeler par ce nom
Alors pourquoi tout cette tempête ici et pas quand on nomma les salafites (Salafiya),  les azharites (azahriyah), les wahhabites (wahhabiyah), les chafi’ites (chafiiyah), les malikites (malikiyah), les hanbalites (hanbaliya) ?  Existait-il par le passé une « association » telle ou un « groupe » un tel ?
Ne vois-tu pas que la chose, n’étaient un endoctrinement destructeur et un intégrisme mortifère, est si simple que la question ne pose même pas ?!

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3° question

Quelle est votre position sur l’accusation contre le soufisme de prendre ses origines  du bouddhisme, du  zoroastrisme ou du monachisme ?…

Réponse

J’ai présenté le soufisme islamique comme étant « rabbaniyah ». Il est foi, pratique, adoration, appel, vertu, pitié absolue ; il consiste à vouloir la Face d ‘Allah en toute parole, acte, intention, pensée liée à la vie présente ou concernant l’Au-delà. C’est l’élévation de la condition humaine à un degré élevé de  l’humanité. Il est l’inspiration de la Révélation. C’est la religion tout entière car cette qualification de recherche de la perfection, qui une obligation individuelle (fard ‘ayn), consiste à traiter les maladies de l’âme. Or il n’est personne qui ne soit plus ou moins affecté par un défaut ; nous appelons cela les maladies de l’âme ou du caractère (khuluq). En réalité les messages célestes ont tous pour but de soigner les maladies de l’âme ou du comportement, le premier a avoir été soigné étant Adam.

Le Taçawwuf concernant particulièrement ce domaine, sa recherche est obligatoire sous un point de vue légal, raisonnable, humain et social jusqu’à la réalisation de l’homme équilibré par lequel la vie prend sa valeur élevée, et réalise le califat d’Allah sur terre, se propagent l’amour et la tolérance entre les gens et que la civilisation et le développement accèdent à leur spiritualité, réalisant ainsi la volonté d’Allah. L’ensemble de ces arguments n’échapperait pas à un simple étudiant et fait partie de la richesse des sciences du Livre et de la Sunnah.

Je n’ai pas connaissance que le Livre et la Sunnah aient été en quoi que soit rapportés du zoroastrisme, du bouddhisme et du monachisme, ce point de vue ne représentant que les accusations mensongères et l’égarement des créatures d’Allah qui sont des conséquences de la rancune.
Si ce que l’on entend par Taçawwuf dans la question est cette philosophie étrangère à la doctrine et à l’exotérisme alors qu’il s’agit d’une autre question qui n’est liée en aucune manière au Taçawwuf des Gens de la Qiblah.

Appuyer l’argumentation que ces gens ont contre nous revient à revêtir la vérité par la vanité, et punir l’innocent par le péché du coupable constitue une bassesse. Cependant même si ceux qui ont été rendus connus par cette tendance philosophique, parmi ceux que l’on a rattaché au Taçawwuf, en nombre limité de telle sorte qu’il ne dépasserait pas une dizaine, que leur philosophie permette l’interprétation ou l’orientation correcte, ne serait-ce que sous un faible rapport, l’affaire des gens en question serait totalement close et leur philosophie  n’est suivie ni étudié par personne.

Leur écrits avec les idées qu’ils comportaient sont devenus comparables aux vestiges des morts : elles sont exposées, si tant est qu’on les expose, pour la décoration, l’histoire ou pour en tirer une morale car personne parmi les soufis de notre temps n’adopte leur point de vue, ne suit leur système de pensée, textuellement ou en l’interprétant.

Qu’elle serait l’idée de l’ensemble des travailleurs, des paysans et les personnes de faible instruction ou même les plus cultivés, des livres, des réflexions et des énigmes de ces gens là. Ce serait préférable à acquérir ces livres et disposer du temps nécessaire, ce qui n’est pas le cas. Il ne fait aucun doute que s’arrêter à cet aspect des choses à l’époque actuelle constitue une sorte de rechercher archéologique, sur des fossiles inconnus, dans les tunnels enfouis des gravats et des tombes : fanatisme et intolérance !

Ceux qui sont fâchés sur le soufisme s’appuient sur ces gens-là alors qu’ils n’ont plus d’existence et leur système de pensée étaient individuels, ne trouvant pas d’écho public, à cause de la nécessité de des prédispositions, des aptitudes, des possibilités conceptuelles et d’une logique qui ne correspondait pas à la plupart. Condamner les successeurs à cause des prédécesseurs, si même on  acceptait de les considérer comme tels pour les besoins de la discussion, serait une pure ignorance et une injustice. Juger l’ensemble pour le péché de quelques uns si l’on reconnaissait cette particularité serait loin de la science et de la justice.

Si nos frères, adversaires du soufisme, regardaient la réalité de la situation actuelle ils lutteraient avec nous contre les aspects répréhensibles de l’époque et de ses innovations modernes telles que le tambour, les flûtes, la danse et le détournement (tahrîf) des Noms d’Allah et autres choses du même genre qui se passent durant les Mawled et dans les assemblées populaires, ils prendraient la voie de la coopération de la meilleure manière et l’appel par la sagesse aurait été plus proche de la justesse et plus correcte dans la guidée auprès d’Allah et chez les gens.

Quant à cette campagne contre ces morts de ceux qui ont fait dévier la philosophie est comparable à ce que fait le lion face à un dépouille décomposée, tel un Don Quichotte attaquant des moulins et combattant en duel dans le vide, car ces morts ne peuvent pas se défendre et non pas d’héritiers qui puissent le faire pour eux. S’ils devaient en avoir, ce ne serait que pour rectifier et pour avoir une bonne opinion des gens de la Qiblah ou tout simplement pour ce qui est d’ordre culturel et historique.

Je reconnais ici, avec pleine confiance et certitude, que tout ce qui est rattaché au Taçawwuf et qui contredit le Livre et la Sunnah, quelle que soit son origine, n’est pas, selon nous, un fruit de l’islam correspondant à la station de l’excellence (maqâm el-ihsân) (qui a été fixé par le hadith prophétique fameux évoqué précédemment) qui est, par son élévation, éloigné du divertissement de la philosophe et des futilités, quand bien même on y donnerait des interprétations.

12 aout 2017  – V4

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4° question

Il est établi que les musulmans ne connurent le soufisme qu’après trois siècles de propagation de l’Islam.

(a)    L’islam a-t-il besoin du soufisme ?

(b)   Le soufisme apporte-t-il quelque chose de nouveau à l’Islam ?

(c)    Quelle est la différence entre l’ascétisme islamique et le soufisme ?

 

Réponse :

 

[Réponse à l’affirmation préalable aux questions : ]

Qui a dit que les musulmans ne connurent le soufisme qu’après les trois premiers siècles de l’Islam ?

Ceci n’est qu’une spéculation gratuite sans base scientifique ou historique et sans fondement ; si son but est de prétendre que la mention du taçawwuf n’apparaît qu’après les trois premiers siècles, cela n’est pas exact non plus1. En effet, les linguistes et d’autres ont attesté que ce terme s’est répandu lorsque [les çûfî] ont été reconnus pour leur rudesse 2, leur virilité, leurs habits de laine et la préparation à la guerre sainte.

En vérité le taçawwuf des musulmans est un appel à la force, à la liberté, à l’équité, à la solidarité, à la fraternité, à l’unification et à l’élévation (ma’âlî al-umûr) afin de bâtir la personnalité du musulman accompli. Le temps de la consignation par écrit a commencé avec ceux qui avaient mis par écrit les hadiths à l’époque du Prophète – prière et paix de Dieu soient sur lui- et persista à croître jusqu’à son plein épanouissement à la fin du 1er siècle et au début du 2nd, avec la rédaction des hadiths, du fiqh, du tafsîr, de la langue arabe et ainsi de suite 3 .

Par ailleurs, si le dessein [de cette spéculation] est de prétendre que la matière du taçawwuf, sa vérité, ses fondements et son objet n’ont été connus qu’après cette période, l’erreur se transforme en péché car la matière du taçawwuf, en tant que pratique adorative (‘ibâda) et vertu (khuluq) – au sens le plus large de ces termes – est explicitement présente dans le Coran et la sunnah, tout comme l’ensemble des sciences religieuses.

Si le terme de taçawwuf n’existait pas à cette époque, les pratiques adoratives et les vertus (akhlâq), en revanche, existaient bel et bien, tout comme l’éducation de l’égo et les moyens de l’attachement à Dieu, l’élévation de l’humanité de l’homme, et tout cela est inscrit dans la Religion d’Allah : c’est le taçawwuf tel que l’appellent les gens. Le nom n’est qu’une appellation tardive alors que la matière est aussi ancienne que celle du Livre et de la Sunna, comme l’est exactement le reste des sciences de la Religion.

Ceci n’est pas une innovation, de même qu’il n’y avait pas à cette époque de science du nom de fiqh (jurisprudence), ni de uçûl (fondements), ni de terminologie des traditions prophétiques (mustalih el-hadith) ni aucune [désignation] des sciences de la Religion, bien que leur sujet fut pourtant contenu dans le Livre et la sunnah. Lorsque les sciences ont [ensuite] été codifiées, que les règles et les terminologies ont été établies, les dénominations ont ensuite été adoptées au fur et à mesure que les circonstances concrètes l’exigeaient.

Alors, pourquoi rejetterions-nous donc l’appellation de taçawwuf si nous ne rejetons-nous pas l’appellation des autres sciences, puisqu’il s’agit de la même chose ?

Et pourquoi rejetterions-nous donc l’appellation du taçawwuf, et ne rejetterions-nous pas celle de tasalluf (salafisme) ?

Preuve supplémentaire en faveur du mot taçawwuf : dans son encyclopédie La Langue des Arabes (Lisân el-‘arab), Ibn Mandhour dit : « aç-çûf provient des ovidés et aç-çûfah est un cas particulier […] » ; « aç-çûfah = tous ceux qui sont investis d’une fonction à la Maison sacrée, appelés çûfân […] ; les çûfah d’Abû Hayy Mudhar avait en charge le service de la ka’bah durant la période de l’ignorance antéislamique (jahiliyah) et c’était la charge la plus prestigieuse de l’époque ». Puis il dit : « et çûfah est un quartier de Tamîm [dont les habitant] s’occupait du passage des pèlerins par Minâ pendant la période préislamique, et ils ont été les premiers passeurs. Il était dit pendant le pèlerinage : « les gens autorisés par çûfah » (ujîzî çûfah).

Dans ce sens, Ibn Jawzi dit que « Muhammad ibn Nâçir nous a rapporté, d’Abu Is’hâq Ibrahîm ibn Sa’d el-Habbâl ibn Qâsim : Abû Mohammed ibn Sa’îd el Hâfidh a dit : « à quoi fait-on remonter le terme « çûfî » ? » et il répondit : « c’étaient des gens de la religion d’Abraham pendant la période préislamique qu’on appelait « çûfah », ils s’étaient coupés du monde pour d’Allah, Elevé et Magnifié soit-Il, et vivaient près de la ka’bah ; ceux qui leur ressemblent sont les soufis (çufiyah). »

Puis il dit : « ceux qui étaient connus sous le nom de çûfah sont les enfants d’el-Ghawth, fils de Murr, fils de Akhî Tamîm ».

Dans le dictionnaire el-Wasît, « çawwafa fulân » signifie le faire devenir [un des] « eç-çufiyyah », et « taçawwafa fulân » signifie devenir [un des] « eç-çufiyyah ». Le taçawwuf est une voie de cheminement dont le pilier est l’austérité ascétique (taqashshuf) et l’embellissement par les grâces divines afin de purifier l’égo et d’élever l’esprit. « La science du taçawwuf » est un ensemble de principes professés par les initiés et de convenances qu’ils s’attachent à respecter dans leurs assemblées ainsi que dans leurs retraites, et le çûfî est celui qui s’attache à suivre la voie du taçawwuf.

Ainsi, il est établi que le mot taçawwuf est un mot arabe ancien dans la langue arabe, et celui qui voudrait le rapprocher de la sophia grecque fait preuve d’ignorance et s’est mépris tel un aveugle. Ainsi quiconque prétend qu’il est une innovation moderne fait preuve d’une ignorance et d’une méprise plus grandes encore. Le taçawwuf est vertu, pratique adorative, appel au bien, effort constant et cheminement : il est l‘essence de la révélation et de la religion.

De plus, le mot çûfî est on ne peut plus éloigné – sous le rapport de la forme et du fond – des influences grecques, et il était connu et en usage avant la fin du deuxième siècle de l’hégire, quand cette appellation fut donnée à Abû Hâchim de Kûfâ (mort en l’an 150 de l’hégire). En réalité, ce genre de taçawwuf est engendré par l’islam lui-même. Les arabes n’ont puisé leur première connaissance de la philosophie aristotélicienne que chez les exégètes néo-platoniciens ; quant à « La Théologie d’Aristote », elle n’a été transmise en arabe qu’aux alentours de l’année 840 de l’hégire et ce livre n’est qu’un résumé de l’école néo-platonicienne.

Abbas Mahmûd el-‘Aqqâd soutient aussi cette thèse dans son livre La Philosophie Coranique lorsqu’il dit : « mais le taçawwuf en vérité n’est pas étranger à la croyance islamique car, comme il est dit dans notre livre L’influence des Arabes sur la civilisation européenne, il est répandu dans les versets du Noble Coran, présent dans ses fondements et dans ses [aspects] doctrinaux [les plus] explicites. Ainsi, quand le musulman lit dans Son Livre : « Nul ne lui est semblable et il est le Très-Audiant, le Clairvoyant » (s. 42 v. 11), il lit l’essentiel de la science qui [correspond à ce] qu’apprend l’étudiant en théologie. Et quand il lit dans Son Livre : « Et fuyez vers Allah, je suis certes à votre égard, de cela, un avertisseur explicite » (s. 51 v. 50), il sait ce que savent les initiés bouddhistes, lorsqu’ils croient fermement que les apparences trompeuses (mulâbasah) du monde troublent la paix de l’esprit tandis que fuir celui-ci [le monde], ou fuir vers Dieu, est la porte de la salvation … Ainsi, le musulman qui lit ces versets est pétrit de taçawwuf et il est à la recherche des secrets et des subtilités de la sagesse ».

 

L’islam a-t-il besoin du soufisme ?

Quant à la question de savoir si l’islam a besoin du taçawwuf, si l’on pouvait dire qu’une chose a besoin d’elle-même [pour exister] alors il serait possible de dire que l’islam a besoin du taçawwuf.

L’islam est une obéissance (inqiyyad) extérieure qui n’est pas complète sans une obéissance intérieure, sinon il s’agit d’une hypocrisie (nifâq).

L’obéissance intérieure est la Foi (îmân) conçue comme un acte du cœur qui porte le nom de « taçawwuf » et le taçawwuf n’est pas une chose autre que l’islam de telle manière qu’on puisse dire : « il a besoin de lui ou il peut s’en dispenser (yastaghni) ». En vérité, le taçawwuf est l’essence (dhurwah) du dîn tout entier, la station (maqâm) de l’Excellence (ihsan) : la crainte-pieuse (taqwâ), la purification (tazkiyyah), la seigneurie (rabbaniyyah) – comme nous l’avons déjà dit précédemment ; il est l’objectif et le résultat auquel n’accède que le cheminant (sâlik), l’aspirant (murîd) choisi par la providence (muwaffaq), celui qui goûte (dhawwâq) [aux choses spirituelles]

 

Le soufisme apporte-t-il quelque chose de nouveau à l’Islam ?

Ainsi, la question suivante : « le taçawwuf constitue t-il une adjonction nouvelle à l’islam ? » est sans fondement (ghayr wârid) et la réponse à cela est claire dans la réponse à la précédente question.

Cette question n’a aucune raison d’être en regard de Sa Parole – exalté soit-Il : « ce jour, j’ai parfait pour vous votre dîn, parachevé mon bienfait à votre égard et agréé pour vous l’islam comme dîn » (s. 5, v. 3).

En vérité, le taçawwuf véritable (elhaqq) est l’islam à son plus haut degré.

Ce qui est le plus étonnant chez certains, c’est qu’ils écrivent qu’ils agréent les descriptions données dans les livres des pseudo-salafi concernant la gratitude, la patience, le scrupule-pieux, l’ascèse, le dhikr, la méditation et qu’ils les refusent lorsque qu’elles proviennent des livres rédigés par les adhérents au soufisme, par extrémisme et par rancœur (ghillan) à l’égard de ceux qui croient.

 

Quelle est la différence entre l’ascétisme islamique et le soufisme ?

Quant à la différence entre [le taçawwuf] et l’ascèse islamique : en vérité le çufî est plus élevé que l’ascète, car son ascèse porte sur le bas-monde qui est une non-chose (lâ chay’). Ainsi l’ascèse à l’égard du bas-monde est une ascèse à l’égard d’une non-chose, et l’ascète à l’égard d’une non-chose est distrait ou ignorant, tandis que l’ascèse du çufî s’applique exclusivement à ce qui éloigne d’Allah, dans quelque état qu’il soit. Quant à tout ce qui lui rappelle Allah (et même l’argent), il ne pratique pas l’ascèse à son égard.

Un çûfî est rentré chez un des Califes, lui a parlé et le Calife l’a récompensé par ce qu’aucun d’autre avant lui [n’avait reçu]. Puis le çûfî s’est excusé d’avoir accepté le don du Calife, et celui-ci, extrêmement surpris et lui dit :

– « Quel ascète tu fais !! » ; le çûfî répondit :

– mais tu es davantage ascète que moi, ô prince des croyants !

– Comment cela ?

– En vérité, je pratique l’ascèse vis-à-vis de ce monde, et celui-ci est une non-chose. Quant à toi tu pratique l’ascèse vis à vis de l’Autre monde qui comprend toute chose !

L’ascèse selon le çûfî consiste à ce que ce monde soit dans sa main et non dans son cœur, car l’ascète (autre que le çûfî) est [tel] un commerçant : il s’interdit lui-même les biens de ce monde pour les obtenir de manière décuplée dans l’Autre alors que le çûfî ne s’interdit pas lui-même ce qu’Allah a rendu licite, sauf ci cela constitue un voile entre lui et Allah.

C’était le cas d’Abû-l-Hassan el-Châdhilî qui était commerçant et agriculteur, ainsi que Chams el-Dîn de Damiette, commerçant parmi les plus riches des savants soufis, qui a construit la tour de Damiette sur ses deniers personnels à l’époque du Sultan el-Ghawrî, de même que Layth Ibn Sa’d, juriste d’Egypte et imam de ses ascètes, qui était le plus riche de son temps. Ceux-là, leurs biens ne les empêchaient pas d’être les plus ascètes dans ce monde lorsqu’ils étaient [apparemment] distraits d’Allah, car ils ne l’étaient pas en réalité, puisque c’étaient pour eux leur voie vers Lui – Exalté soit-Il !

De cette manière, il apparait que l’anéantissement de la personnalité par l’ascèse matérielle et que la chasteté ne sont pas reconnues par les lois du taçawwuf islamique.

De ce fait, les plus éminents ascètes parmi les Compagnons étaient Bilâl, Salmân, Abû Dhârr et Tamîm el-Dârî, lequel fut le premier à siéger dans la mosquée de l’Envoyé d’Allah ﷺ à l’époque [du califat] d’Omar, exhortant les gens au souvenir d’Allah, le jour du vendredi.

Ainsi, les limites de l’ascèse sont établies sur la pratique de nombreux Compagnons, Suivants et de leurs successeurs comme nous l’avons indiqué précédemment.

A leur tête, après le Prophète ﷺ, était l’ascèse des deux ‘Omar : Ibn el-Khattâb et Ibn Abd el-‘Azîz. Ce monde était dans leurs mains et non dans leurs cœurs. Ils se passaient du bas-monde, de ce qui s’y trouve et de ceux qui s’y trouvent, par le Seigneur du bas-monde.

[Seul] celui qui possède pratique l’ascèse. Quant à celui qui ne possède rien, vis-à-vis de quoi pratiquerait-t-il l’ascèse ?

 

*

5° question

Comment expliquez-vous, votre Excellence, le fait que les Maîtres du Taçawwuf viennent de Perse et des descendants de Zoroastriens après l’avènement de l’islam ?

Comment expliquez-vous l’épanouissement du Taçawwuf pendant le 7ème siècle et les suivants, parmi les arabes et les membres de la communauté de l’Envoyé d’Allah ﷺ ?

 

Réponse :

 

Comment expliquez-vous, votre Excellence, le fait que les Maîtres du Taçawwuf viennent de Perse et des descendants de Zoroastriens après l’avènement de l’islam ?

Si seulement, ô mon fils, tu ne m’avais pas adressé cette question raciste qui ne satisfait pas Allah ni son Envoyé ! N’as-tu pas lu Sa Parole – qu’Il soit Exalté – : « Le plus noble d’entre vous auprès d’Allah est le plus pieux » (s.49 v.13) ni Sa Parole– qu’Il soit Exalté – : « En vérité les croyants sont frères » (s.49 v.10), ni sa parole ﷺ : « Il n’est de précellence du blanc sur le rouge, ou de l’arabe sur l’étranger que sous le rapport de la crainte-pieuse » 4 et sa parole ﷺ : « Allah a ôté de vous la bêtise de l’ignorance et l’orgueil du lignage : croyant pieux ou un misérable criminel, vous êtes tous d’Adam et Adam vient de la terre », et sa parole ﷺ, alors que son visage était altéré par la colère : « certes des peuples se moquent d’autres peuples par orgueil, ce sont ceux-là les combustibles d’entre les combustibles de l’enfer, ou ils sont devenus moins importants auprès d’Allah que les scarabées bousiers qui poussent péniblement la pourriture avec leur nez » 5 .

Ne t’est-t-il pas parvenu que notre maître l’Envoyé d’Allah ﷺ, a rattaché à lui notre maître Sâlman le Perse – quand il a dit : « Salmân fait partie de nous, les Gens de la Maison ». Est-ce qu’Allah n’a pas envoyé son Envoyé à l’ensemble des hommes comme annonciateur et avertisseur ? Ceci participe de la rancœur de la période de l’ignorance, qui est récurrente dans les penchants tyranniques des mortels dénués de discernement et de raison. L’Islam ne serait venu que pour les Arabes, et aurait-il été soustrait à tous les autres [de sorte qu’ils] auraient été laissés sans guidance ?! Pourquoi ce communautarisme (shou’oûbiya) ou ce racisme haineux que réprouve l’Islam et que réprouve aussi la dignité humaine ?! L’Imâm el- Bukhârî, l’[imâm] et-Tirmidhî et an-Nissâ’i, Ibn Majah, ainsi que et-Tabarânî, Bayhaqî et la majorité écrasante des savants du Hadîth n’étaient-ils pas tous des non-arabes ? De même qu’une partie des plus grands exégètes comme Zamakhchari et Nîsâbûri, et une partie des plus grands savants de la rhétorique comme el-Jurjânî et et-Taftâzânî ? Et qui étaient Târiq Ibn Ziyâd et Mûsâ ibn Nâçir, ces deux maîtres, chefs victorieux et conquérants, ayant établi pour l’islam une gloire historique que le temps n’altère pas ?

Qui était Abû Hânifah en-Nu’mân ? Ne faisait-il pas partie des Maîtres (mawâlî) ? S’il n’avait pas été, personne n’aurait jamais mentionné la « tribu » de Tayim-Illah, et ce sans orgueil (Abû Hanîfah était d’Afghanistan, on dit de Kabûl).

Ô mon fils, l’imâm de l’Egypte el-Laythu ibn Sa’d était originaire d’Ispahan, l’imam des Gens de la Sunnah, Ahmad Ibn Hanbal était originaire de Marw, l’imâm exégète et-Tabârî était originaire deTabarstân, ech-Cha’bî, le grand savant des Suivants et de leurs imâms, sa mère était du « Julûla’ », quant à el-Hassan el-Baçri, le « luminaire unique », son père était de « Mayssân ».

Et le grand savant de la langue Sibawayh était perse d’origine, l’imâm el-Kassâ’î, l’honneur de la langue arabe était originaire de Perse, et son disciple l’imâm el-Farrâ’ de « Dîlam », de même que Ibn Miskawayh, Ibn Sînâ, et el-Farâbî qui étaient persans et non-arabes.

Ecoute mon fils : le jurisconsulte (fâqih) de la Mecque, ‘Atâ’ ibn Rabbâh, le jurisconsulte du Yémen Tâwûs ibn Kissân, le jurisconsulte de el-Yamâmah Yahyâ ibn Abî Kathîr, le jurisconsulte du Châm Makhûl, le jurisconsulte de la péninsule arabique Maymûn ibn Mihrân, le jurisconsulte du Khorassân Dahhâk ibn Mizâhim, les deux jurisconsultes de Baçra et de Kouffah Ibrâhîm en-Nakh’î et Ibn Sirîn, tous ceux-là n’étaient pas arabes d’origine, et pourtant ils se sont distingués dans le domaine de la science, de la pensée, de la connaissance et de la Religion. Ils étaient imâms dans tous les sens du terme, cette réalité n’ayant de cesse de se renouveler.

Cependant, la prééminence des gens s’établit selon leur intelligence et non selon leurs origines (arhâm), et les gens auprès d’Allah sont égaux comme les dents du peigne. Allah dit : « et n’oubliez pas votre faveur mutuelle ». L’Envoyé d’Allah a mis Usâmah, fils de Zayd (son esclave) à la tête d’un bataillon dans lequel étaient Abû Bakr et Omar ; et quand Omar a voulu désigner son successeur, il a dit : « Si seulement Sâlim Mawlay Hudhayfah était vivant, je l’aurais désigné comme successeur. ».

Observe bien comme cette position est hautement périlleuse !

O mon fils, voilà comment étaient les hommes de Science : à peine mentionnaient-ils Ibn Omar qu’ils mentionnaient avec lui son serviteur Nâfi’ ; à peine Anas ibn Mâlik était-il mentionné que l’était aussi son maître Ibn Sîrîn ; à peine était mentionné Ibn ‘Abbas que l’était aussi avec lui son maître ‘Akramah et à peine était mentionné Abû Hurayrah qu’était également mentionné avec lui son maître Ibn Hurmuz… et que d’exemples comme ceux-là dans l’Islam.

Je me suis étendu à dessein dans ce domaine, ô mon fils – car ce populisme est ce qui a achevé d’enterrer l’unité de l’Islam, et qui s’est finie par ce qu’on a appelé à tort la renaissance arabe.

Elle est ce qui a porté un coup fatal au califat, qui a dispersé les Arabes en petits groupes éparpillés, en factions et en nations faibles qui s’entretuent au nom de l’arabisme et du nationalisme, que l’on utilise de nos jours sans discernement ni réflexion.

Et pour revenir à ta question sur l’analyse du fait que certains des premiers maîtres soufis [viennent] de Perse, [disons que] ces gens-là ont déployés des efforts en ce domaine, comme d’autres dont nous avons évoqué les noms. Ils ont le mérite, en tant que musulmans, d’avoir été les premiers et des guides. Et si l’on dit qu’ils ont agi ainsi en vue de détruire l’Islam de l’intérieur, alors c’est un procès [qu’on leur fait ; et même] si l’on suppose qu’un tel argument puisse être opposé à un seul, cela n’implique pas qu’il puisse l’être pour tous.

Dans toutes les communautés, il y a un bon et un mauvais ; le licite est clair, l’interdit est clair, et si on acceptait le principe d’avoir mauvaise opinion à l’égard des Perses et envers les non-arabes en général, nous annulerions les deux tiers des sciences islamiques. Le premier que l’on écarterait alors serait le livre de Bukhârî et ceux qui le soutiennent. Est-ce qu’une personne équilibré et juge équitable pourrait soutenir une telle logique ? « Ceux-là, ne croient-ils pas qu’ils seront ressuscités en un Jour Immense ? » (s. 83 v. 4-5) ; ou ne se rappellent-ils pas ce que dit le Très-Haut : « et ils dirent : « Pourquoi ne voyons-nous des gens que nous comptions parmi des malfaiteurs ? […] » (s. 38 v. 62).

Certes il existe bien des descendants des Zoroastriens qui ont œuvré pour l’Islam d’un travail sincère dans le domaine de la culture et des sciences, des conquêtes guerrières et des arts… et reporte-toi si tu veux à ceux que nous avons évoqués précédemment, ainsi qu’à ceux, après eux, qui sont d’une longue lignée, digne, honorable et bien connue que nous n’avons pas évoquée. Tel a été leur cas, plus exactement le cas des plus grands compagnons (qui, auparavant, faisaient partie des associateurs).

 

Comment expliquez-vous l’épanouissement du Taçawwuf pendant le 7ème siècle et les suivants, parmi les arabes et les membres de la communauté de l’Envoyé d’Allah ﷺ ?

Au sujet de la justification de l’épanouissement du Taçawwuf au 7ème siècle, de ce qui a suivi après cela chez les Arabes, et de ceux qui se réclamaient, à tort ou à raison, de l’Envoyé d’Allah ﷺ, c’est là une question nécessite quelques précisions complémentaires : l’épanouissement en ce siècle-là, et durant les siècles précédents, s’est produit chez les Arabes et les non-arabes. Cet aboutissement était dans l’ordre des choses.

En effet, le développement de l’appel du soufisme et son prolongement ont permis au plus grand nombre [de soufis] d’accéder au pouvoir, et l’effort intellectuel [effectué] à cette période est comme un fruit de la recherche (tafâ’ul) et du développement (tatwûr) durant l’époque qui l’a précédée.

Par exemple, nous trouvons dans le soufisme du 7ème siècle les exemples de Abu-l-Hassan ech-Châdhili, de Ahmad el-Badawî, de Ibn Daqîq el-Îd, Majdud-Dîn el-Quchayrî et Zakî ed-Dîn al-Mundhirî. Nous trouvions avant eux, au sixième siècle, les exemples de Ahmad er-Rifâ’î, de Abou Madyan ; nous trouvons au 5ème siècle les exemples de Al-Ghazâlî, et ‘Abd el-Qâdir el-Jilânî et aux 3ème et 4ème siècles les exemples de Junayd et Chiblî et avant eux Dhun-Nûn el-Miçrî et Abû Yazîd et avant eux encore el-Hassan el-Baçrî et Soufiân eth-Thawrî et Mâlik ibn Dînâr, et Ibrâhîm Ibn Adham, et el-Fudhayl ibn ‘Iyâdh, et Chaqîq el-Balkhî, et Hâtim el ‘Açam – et tout ce qui se trouve dans leur histoire de véridique et mensonger, d’authentique et d’inventé.

Ajoute à cela la question du développement et de l’expansion [du soufisme] par rapport à la réceptivité du milieu qui a résulté des guerres contre les Croisés, les Tatares et les Mongoles, du renversement de la capitale du califat de Bagdad et toute situation qui par nature poussent spontanément les gens vers Allah.

Il en est de même pour d’autres situations, qui par leur nature poussent les gens à revenir spontanément. Nous en avons fait dernièrement l’expérience durant les dix derniers jours de ramadan.

Ainsi, c’est à cause de cela et de ce qui en découle, ou de ce qui est en rapport, que s’est produit cet épanouissement auquel vous faites allusion.

*

22 septembre 2017  – V6

6° question

 

Parmi les accusions portées contre le soufisme, il y a le fait :

a) qu’il n’a pas de fondement (sanad) dans le Livre et la tradition prophétique.

b) qu’il est un intrus en l’Islam (dakhîl).

c) qu’il fait appel à des doctrines incompatibles avec l’unité d’Allah (tawhîd) comme l’incarnation (el-hulûl), l’union (el-ittihâd) et la [fausse] unicité (el-wihdah).

d) qu’il prône [l’excès] de sanctification (taqdîs) des Maîtres, du recours à eux contre les adversités, et la croyance qu’ils peuvent apporter un bien ou un mal (yamlikoun an-naf’a wa adh-dharra).

e) qu’il encourage l’oisiveté complaisance (at-tawâkul) et la passivité (es-salbiyyah).

 

Réponse :

a) Quant à l’affirmation que le soufisme n’aurait pas de fondement dans le Livre et la tradition prophétique, c’est une parole nulle et non avenue après tout ce que nous en avons dit auparavant. Car s’il n’y a pas de culte (ta’bud), ni de nobles comportements (makarim el-akhlâq), ni d’autoévaluation de l’âme (muhassibatu an-nafs), de prise de position la plus adéquate (ahwat) ou de combat des passions et du Diable, si tout cela n’a pas de fondement dans le Livre et la tradition prophétique, alors les gens ont méconnu le Livre et la tradition prophétique. Il y a dans ce que nous avons dit précédemment une preuve réitérée (mukarrarah) que le soufisme des musulmans est la « substantifique moelle » (litt. Le jus) (‘uçârah) de l’Islâm et sa quintessence (iksîrih). Seul celui qui suit ses passions ou qui délire peut douter de cela.

 

b) Avec cela et ce que nous avons dit précédemment, se confirme [l’idée] que le soufisme découle directement de la doctrine islamique (‘aqîdah) et du cadre islamique (bi’ah el-islamiyah) de manière générale et détaillée (jumlatan wa tafçîlan). Il n’a donc pas été [irrégulièrement] introduit dans la religion d’Allah. Par contre, ce qui y a été irrégulièrement introduit, ce sont la prétention crispée (el-açbiyyah) et impulsive (litt. convulsive : el-mutachannijah) qui dénote une mauvaise foi maladive (tafûh bi-l-‘gharad wa-l-maradh), quand cela ne provient pas du « fonds de commerce » orientaliste (badâ’atoun istichrâqiyyah) ou des colonialistes sionistes qui ne visent qu’à rabaisser l’Islam.

 

c) Quant à dire que le soufisme ferait appel à des doctrines de l’incarnation, de l’union et de l’unicité, ceci n’est pas le soufisme des musulmans mais un soufisme étranger (ajnabî a’jamî) et infiltré. Ses défenseurs sont en nombre limité : cette question est réglée (litt. « leur affaire a cessé »). Ils n’ont aujourd’hui ni successeurs ni héritiers, comme indiqué précédemment.

Ce qui leur est attribué, à tort ou à raison, ayant pu faire ou non l’objet d’interprétation, relève de l’archéologie historique que seuls suivent les amateurs et les spécialistes – si tant est que l’on trouve de nos jours des amateurs et des spécialistes de la recherche des vestiges des courants de pensée éteints – ou bien ceux qui suivent leurs passions, aveugles et sourds. Nous n’avons à considérer ni les uns ni les autres.

 

Le discours en ce domaine est devenu de nos jours une pure agitation et une déformation,

Une futilité et une perte de temps,

Une perturbation pour les meilleurs des gens,

Troquer le monde d’ici-bas pour l’Autre.

 

En réalité, les soufis parlent d’une sorte particulière d’extinction. Le Cheikh Ibn Taymiyyah l’a détaillé avec quelque justesse dans ses Epitres et le Cheikh ibn Qayyim y a fait allusion dans son commentaire du livre d’El-Harawî (manâzil es-sâ’irîn). Or il n’y a rien de commun entre cela et l’affirmation dévoyée de l’incarnation (hulûl), de l’union (ittihâd) et de [la doctrine] réprouvée de l’unicité (el wahdat-l-munkara).

 

d) Au sujet du fait que le soufisme ferait appel à la sanctification (taqdîs) des Maîtres et ferait appel à eux dans les moments difficiles, ou de croire qu’ils détiennent [les clefs] du bien et du mal : c’est une parole excessive (fihi tajâwuz) et erronée (moughâlatah). Car, en réalité, le soufisme appelle à la vénération (ihtirâm) du cheikh en tant que père spirituel : c’est une règle de convenance islamique établie (muqarrar) sur laquelle il n’y a pas de divergences. On trouve [par ailleurs] dans la tradition prophétique authentique 6 : « N’est pas des nôtres celui qui, parmi nous, ne respecte pas le vieux, n’est pas miséricordieux envers le petit et ne reconnaît pas sa valeur au savant ».

Et n’oubliez pas que la façon dont Allah a éduqué (ta’dîb) les Compagnons avec le Prophète est l’origine de la [règle de] convenance (adab) entre le suivant (et-tâbi’) et le suivi (el-matbu’) ».

En ce qui concerne la demande d’aide (isti’âna) par l’invocation du cheikh et son imploration fervente d’Allah lors des difficultés que subissent les siens (litt : « ses enfants », abnâ’ihi), c’est une convenance islamique justifiée, que connait quiconque a lu le chapitre « des invocations » dans les livres des musulmans.

 

Quant à ceux qui prétendent qu’ils possèdent [les clefs] du bien et du mal, c’est Allah Seul qui les possède ! Et quand le cheikh est en colère pour son Seigneur envers celui qui va à l’encontre d’Allah, il invoque [Allah], et alors Allah se met en colère car Son saint est en colère ; et quand Allah exauce l’invocation de ce cheikh, on ne doit pas dire alors que le cheikh possède [les clefs] du bien et du mal, mais que cela procède seulement [de Sa Parole] (innamâ huwa min bâbi qawli-hi) : « S’il Me demande Je lui donne, s’il cherche refuge auprès de Moi, Je le lui accorde » d’après le hadith de Bukharî.

Affirmer autre chose serait une falsification formelle outrancière, exagérée et repoussante.

 

Une telle idée – si elle existait un tant soit peu – trouverait son remède dans l’explication claire (bayân), la guidance (irchâd) et la bonne parole (el qawl et-tayyib), car nous sommes dans une nation où l’ignorance règne. Même si nous ne nions pas qu’il y ait là ignorance et égarement, nous avons grand besoin que les conseils et les recommandations soient dispensés avec profonde sagesse (bâlighah) et exhortation éloquente (balîghah).

 

e) Reste encore la parole selon laquelle le soufisme inciterait à la négativité (salbiyah) et au fatalisme (tawâkul). Le soufisme authentique c’est l’Islam, et il n’y a pas dans l’Islam de négativité ni de fatalisme. Ce sont des maladies sociales qui se sont immiscées dans le soufisme à tort (zouran) et par diffamation (bouhtanan).

Abdullah ibn Moubârak faisait le pèlerinage une année et le jihad une autre ; Chaqîq el-Balkhî était un grand chevalier d’assaut (fârisan maghwâran) et demandait la mort jusqu’à ce qu’il meure en martyr dans le sentier d’Allah ; ainsi était [également] Hâtim el-Açamm, combattant agile (muqâtilan bâri’an) connu pour ses positions et ses charismes (karamât) ;

J’ai déjà indiqué comment Abû el-Hassan esh-Shâdhilî était fermier et commerçant, et comme Chamsuddîn ed-Damyâti a construit la tour de Damiette avec ses biens personnels, fruits de son [propre] commerce.

 

Et si vous suiviez les convenances (âdâb) des aspirants (murîdîn) dans les livres des soufis, vous verriez qu’ils poussent tous leurs disciples au travail et à la productivité. Ils savent tout à fait ce qui est indiqué à ce sujet, ce qui a été rapporté à ce sujet du Prophète ﷺ ainsi que de leur Cheikhs en Allah, qui leur confirment tous qu’on ne peut  réaliser la lieutenance d’Allah sur terre en faisant preuve de négativité, en comptant sur les autres (tawâkul) et en se laissant aller (istislam). Et s’il en est un qui a exagéré dans le mauvais sens ou qui a dévié, tout le monde n’est pas ainsi.

Et il a été authentifié dans le hadith du Prophète ﷺ que certains compagnons ont commis des excès [et sont allés] plus loin que ne le font les moines chrétiens (ruhbân) alors que le Prophète était encore vivant : le Prophète les a alors réprimandés. Et si quelqu’un sort de la règle par sa démesure et par ses exagérations (bi-mughâlâti-hi), il n’est pas un modèle ni une base à suivre pour les autres mais une honte (‘âr) qu’on ne doit suivre.

 

Un des aspirants est descendu dans la zawiya du Cheikh comme invité et y est resté trois jour durant.

Puis il lui a dit : « écoute-moi fils, la durée de l’hospitalité a expiré. »

L’aspirant a dit : « je suis venu pour être initié au soufisme (mutaçawuf) ».

Le Cheikh lui a dit : « le soufisme n’est pas le fait que tu alignes tes pieds pendant qu’un autre est là pour t’entretenir. La priorité est que tu commences par garantir ton propre pain (raghîfaïka), après quoi tu pourras te permettre de devenir soufi ; fais de ta scie ton chapelet et invoque sur le coup de pioche (fas) et du makûk.

Les surnoms des soufis désignent le métier qu’ils exercaient, et parmi ceux-là : le meunier (daqqâq), le ferblantier (sammâk), le papetier (warrâk), le plongeur (ghawwâs). Cela nous enseigne qu’ils étaient véritablement l’exemple du musulman ayant atteint la complétude dans sa foi, ses actes, sa positivité (îjâbiyah) et sa relation avec son Seigneur.

Compter sur autrui est une maladie qui est intruse dans le véritable soufisme. Elle est traitée par les savants soufis, chacun selon sa méthode (bi uslûbihi).

 

Cheikh Mohammed Zakî ed-în Ibrâhîm

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Commentaires de Mohammed Abd es-Salâm

(à suivre, in châ Allah …)

  1. Voici ce qu’on a en dit : il est dans les écrits d’Ibn Taymiyyah -que Dieu Très-Haut lui fasse miséricorde- dans son livre eç-çufiyyah wa el-fuqarâ : « Louange à Allah, au sujet de la mention du soufisme (çufiyyah) : il n’était pas connu dans les trois [premiers] siècles, et sa mention apparut seulement après eux. ». Pourtant plus d’une mention de celui-ci a été rapportées par les imâm et les Maîtres, comme l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal et Abû Sulaymân Ed-Dârânî, et d’autres encore. On rapporte également que Sufiyân Eth-Thawrî a utilisé ce terme et d’autres disent qu’il en est de même pour El-Hassan El-Baçrî. Ils se disputent au sujet de la signification qui a été attribuée au mot çûfî, mais en réalité, c’est une dénomination généalogique, comme les quraichites et les médinois, et d’autres semblables. On a dit que c’est une dénomination relative aux ‘gens du banc’ (ahl eç-çuffah), ce qui est faux, car s’il en était ainsi, alors on aurait employé le « çuffî ». On a dit également que « c’est un surnom pour le rang le plus avancé (eç-çaf el-muqaddim) devant Allah, et cela aussi est faux, car alors on aurait dit « çaffîyoun». On a dit également que « c’était un surnom pour çûfah ben ouddi ben Tâbikhah, qui était une tribu arabe qui résidait à la Mecque dans les temps anciens, et dont se réclamaient les dévots », etc. en disant plus loin : « […] ce qui est exact, c’est qu’il s’agissait d’hommes qui s’efforçaient à l’obéissance d’Allah, tels le devancier (sâbiq), rapproché par son effort assidu, et le modéré (muqtaçid) qui fait partie des « gens de la droite ». []
  2. Ou leur rigueur. []
  3. Se reporter à notre article au sujet de la Tradition Prophétique dans la revue « le musulman » (numéro de Cha’ban-Ramadan 1398 H. et suivants). []
  4. Dans une autre narration rapportée par Ibn Kathîr dans son exégèse de Sa Parole – Exalté soit-Il : « Le plus noble d’entre vous auprès d’Allah est le plus pieux » (s. 49 v. 13), le prophète a dit : « ô vous les hommes, Allah, le Très haut vous a ôté la bêtise de la période de l’ignorance, dans laquelle les gens s’enorgueillissaient de leur parenté. Les hommes sont de deux catégories : un homme bienfaisant, pieux, noble auprès d’Allah, et un homme libertin, criminel, malheureux et sans valeur auprès d’Allah (…) », comme rapporté par Ibn Abu Hâtim. []
  5. Dans les textes originaux (d’Ibn Kathîr) : « si les gens ne s’arrêtent pas de s’enorgueillir par leurs parents déjà morts et qui sont les charbons de l’enfer, ils deviendront moins importants auprès d’Allah que le scarabée qui pousse les excréments par son nez. Certes, Allah vous a ôté la bêtise de la période de l’ignorance et l’orgueil de la parenté. Certes l’homme est soit croyant et pieux, soit libertin criminel. Tous les hommes sont fils d’Adam, et Adam a été créé de terre » – rapporté par Tirmidhy. []
  6. rapporté par Tirmidhi d’après Ibn Omar, et Abû yal’a d’après Anâs… []

par le 16 octobre 2011, mis à jour le 22 septembre 2017